27 mars: J’ai rencontré Lucides à Carouge

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Lucides café du marché.pngLa blogosphère de la Tribune? Quelques centaines de blogs, des milliers de notes et des dizaines de milliers de commentaires. Les commentaires de Lucides sont longs, documentés, intéressants. Je l’ai rencontré au Café du marché à Carouge. On lira ci-dessous son interview quelque peu augmentée par rapport à la version parue ce jour dans la Tribune de Genève*.

L'occasion de revenir sur les commentaires et les commentateurs souvent anonymes qui font régulièrement couler beacoup de salives et d'encre ici et ailleurs. j'ai même à ce sujet récemment écrit la complainte du balayeur de blogs.

Une plaie ces commentaires de la Tribune! C'est l'avis de quelques censeurs qui estiment que le monde peut s'arrêter à leur porte, à la haie de thuyas de leur jardin, aux portes à péage de la ville, ou à la frontière, que quelques vilains distraits voudraient ringardiser... Loin de moi l'idée d'une liberté d'expression absolue. C'est une fiction qu'exigent quelques internautes pour aussitôt en abuser et l'interdire aux autres.

L'occasion aussi de rappeler aux blogueurs qu'ils sont en tant qu'éditeur de leur blog responsables de tous ce que leur blog contient y compris les commentaires. Ils trouveront ici quelques bons conseils pour mieux gérer cette question.

* [En raison de l'opération "Suisse d'exception", la page Tribune des blogs paraîtra à une date ultérieure. Merci de votre compréhension.]

Pourquoi ce pseudo?

– Lucides en dit plus sur le sens de mon propos que mon patronyme. Je ne suis membre d’aucun parti politique. Qu’apporterait en crédibilité un nom connu de personne?

Lucides a 47 ans, plutôt rond, jovial, volubile - le tout sans excès. Il a des enfants, donne dans l’informatique. Il commente depuis deux ans.

Vous êtes Genevois?
– Stauffer dit que les Genevois sont ceux qui habitent le canton. Je suis né dans l’Hexagone, j’habite Genève depuis mon enfance. Un Valaisan qui n’a pas trouvé à se loger à Genève et s’est installé en France voisine, qui est-il?

Lucides s’est pris de passion pour la région, connaît son histoire et les relations franco-genevoises par cœur ou presque. Il est souvent et longuement intervenus récemment à propos de la fiscalité des frontaliers. Il caresse un projet citoyen: un parlement régional? Il reste silencieux.

Vous êtes ferré à glace sur la fiscalité des frontaliers…

– Avant de traiter d’un sujet, je me renseigne. Tout le monde peut le faire. Le sujet des impôts des frontaliers est un point de clivage important dans la perception des frontaliers par les Genevois. c’est pourquoi le sujet est important et me tiens à coeur. Certains considèrent que les impôts payés à Genève par les frontaliers sont la juste récompense que reçoit Genève en échange du travail fournis aux chômeurs français. D’autres considèrent que la juste récompense de leur travail est le salaire qu’ils perçoivent et que les impôts sont juste la mise en commun de moyen pour fournir des prestations utiles à la collectivité. Dans ce sens, je pense qu’ils doivent être utilisés là où les personnes qui les payent consomment les prestations publiques que ces impôts finances.

Vous êtes pour le changement du système fiscal actuel?

– Les communes françaises profitent du système actuel. Leur dotation normale versée par Paris est-elle amputée du fait qu’elles reçoivent une part des impôts des frontaliers? Pourraient-elles financer des parkings d’échange avec cet argent?

Lucides a consacré de long commentaires à ce sujet dont les curieux pourront lire quelques citations notamment sous le billet intitulé . A la question pourquoi de si long commentaires, il répond «Etre bref, c'est prendre le risque d'être populiste».

Vous n'avez jamais été tenté de faire de la politique?

– J'ai eu dans les blogs, une proposition pour adhérer au MCG. La personne qui me faisait la proposition expliquait que le MCG avait changé et cherchait des talents pour renforcer le parti. J'ai répondu que je n'avais pas l'âme d'un stadier, (la personne qui assure la sécurité dans les tribunes d'un stade, payé par le club). Les clubs sportifs sont responsables des débordements de leurs supporteurs, les partis politiques devraient également être responsables des débordements de leurs supporters qui trouvent parfois les motifs à débordements dans les slogans diffusés par les partis. Dans ce sens, le job de stadier ne m'intéresse pas. Par contre je me rend volontiers dans les stades et je ne dirais jamais que le public d'un stade est populiste.

J.-F. Mabut

On peut lire dans les commentaires du billet Bientôt des "zones industrielles suisses" en France voisine quelques commentaires de Lucides

A propos des commentaires

Lucides, un cas particulier sur www.tdg.ch? «Les commentaires de la Tribune sont pleins de propagandes, d’insultes, d’impertinence, de fausses informations.» Pas une semaine sans que des internautes, des lecteurs, des autorités n’interpellent la Tribune. Quelques précisions donc:
Lucides n’est pas un cas particulier. C’est le contraire qui est vrai.

Les commentaires publiés sont souvent pertinents. Mais comme les tags sur les murs et les crottes sur les trottoirs les commentaires discourtois polluent l’espace citoyen. Sous les articles, la rédaction joue les gardes-frontière à qui l’on a jamais demandé de filtrer 100% des trafics. La «police» des blogs relève de la responsabilité de chaque blogueur et non de la Tribune qui les héberge. Demande-t-on au facteur de trier les bonnes nouvelles des mauvaises qu’ils glissent dans les boîtes aux lettres?

Faut-il être plus sévère, engager plus de moyens? Le débat est toujours vif dans la rédaction. Le Web est un monde nouveau, où l’Etat est largement absent. Du moins sous nos latitudes. Il n’est pas sûr que les libertés publiques gagneraient à instaurer une police des médias. (JFM)

Quelques billets écrits par votre serviteur à propos des commentaires:

Quant aux commentaires de Lucides, on en retrouve la trace grâce aux fonctions avancées du moteur de recherche Google. Tapez simplement lucides site:www.tdg.ch.

 

A lire aussi le billet publié par Pascal Carlier intitulé : Et si le plus grand problème de Genève était l'imposition à la source des frontaliers ?

Suite au jugement du Tribunal fédéral accordant les mêmes déductions aux personnes imposées à la source qu'aux autres contribuables, Eric Stauffer parle de déposer une motion pour que Genève renégocie les conditions d'imposition des frontaliers avec la France. Et bien il a peut-être raison. Mais pas pour les raisons qu'il pense !
Il faut bien se rendre compte que la situation de Genève, où les frontaliers sont imposés dans leur pays de travail et non dans leur pays de résidence, est vraiment unique. La norme en Europe et même en Suisse, c'est l'imposition dans le pays de résidence. Genève profite donc largement de ce système d'imposition. Et il est évident que par les temps qui courent, il vaut mieux que la France ne se penche pas sur ce cas particulier. Car actuellement, le gros des impôts des frontaliers reste en Suisse et seule une petite partie est reversée aux municipalités de domicile. L'Etat français quant à lui ne touche rien du tout... La suite sur leblogdekad.blog.tdg.ch.

 

 

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