Pascal Holenweg blogue "tôt" le matin

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holenweg portrait TG 14 juin 10.jpgCause toujours: 388 notes, plus de 2000 commentaires depuis août 2008, près de 9000 visites par mois, le blog de Pascal Holenweg figure dans les vingt premiers blogs de la Tribune en terme d'audience. C'est politiquement sans doute un des plus (im)pertinents. Samedi il a fait donc l'objet d'un papier dans la Julie. On trouvera ci-dessous l'interview intégrale qu'il a accordée à Blandine Guignier.

A propos de la gestion des commentaires, sujet récurrents dans la rédaction du site internet de la Tribune, Pascal Holenweg répond: "Au début, je ne modérais pas du tout. Et puis je me suis vite rendu compte qu'un blog avait une fonction «d'attrape-mouche» et surtout pour certains sujets, ceux cités précédemment par exemple. Parfois vous avez une avalanche de réactions racistes, le plus souvent anonymes, vous devez réagir."

« Un agitateur », Pascal Holenweg se définit ainsi. Vice-président du PS genevois, il occupe la place la plus à gauche de sa formation et est devenu mardi conseiller municipal genevois. Une heure avant qu'il prête serment à l'hôtel de ville, nous avons rencontré l'activiste et blogueur quasi quotidien.

Pourquoi avoir commencé à bloguer ?

Pour la facilité et la rapidité du moyen par rapport à la publication papier. C'est gratuit, c'est beaucoup moins long et on peut toucher rapidement un grand nombre de personnes. Enfin même si on ne sait pas exactement combien.

Et pourquoi avez-vous un blog sur Tdg.ch?

La Pravda n'en héberge pas (rires). Non, j'habite Genève et j'aurais pu avoir un blog politique sur je ne sais quel site anarchiste. Mais avec Tdg, je pouvais toucher plus de gens.

À quelle cadence postez-vous des commentaires ?

Le matin avant de me coucher (rires). J'écris quand j'ai le temps, presque tous les jours. Je m'accorde la plupart du temps un repos le weekend. C'est devenu un automatisme plutôt qu'une contrainte.

Est-ce que c'est le moyen de communication que vous privilégiez ?


En fait c'est un moyen, qui s'ajoute aux autres. Le blog n'a pas pris la place des autres moyens.

Est-ce le moyen de communication le plus efficace? La discussion de bistrot est le moyen le plus ancien, donc surement le plus efficace s'il a survécu. Et puis c'est gratuit, mis à part le café. Il faut juste une langue et un peu de cervelle ! L'intérêt du blog par contre, c'est qu'avec un post, on tient notre conversation de café à deux cents personnes au lieu d'une seule.

Sur quels sujets pensez-vous avoir le plus écrit ces trois dernières années ?


Je dirais l'immigration, les politiques sécuritaires et policières. J'écris sur ce qui fait du bruit, dans les conversations et les discours politiques. Je vois mon blog comme un droit de réponse, pour écrire autre chose que ce qui se dit habituellement. C'est un peu comme un tract pour mobiliser, faire réagir les gens, avec la limite que ça a par rapport au tract, c'est seulement les personnes qui se rendent sur le blog qui le liront, pas n'importe qui dans la rue.

Tout est toujours politique dans vos billets ?

La plupart du temps. En fait, cela dépend de ce qu'on a fait la veille. Quand on fait beaucoup de politique, forcément c'est ce dont on parle. Mais j'ai déjà posté des commentaires littéraires. Et qui sait peut-être un jour je me risquerais aux commentaires sentimentales...

Quelle est votre politique quant aux commentaires : liberté totale ?


Au début, je ne modérais pas du tout. Et puis je me suis vite rendu compte qu'un blog avait une fonction «d'attrape-mouche» et surtout pour certains sujets, ceux cités précédemment par exemple. Parfois vous avez une avalanche de réactions racistes, le plus souvent anonymes, vous devez réagir.

Est-ce que vous êtes un fan des nouvelles technologies ?


Pas un « fanna », parce que ça voudrait dire que j'aime tout ce qui est nouveau, le gadget dernier cri etc.  J'utilise les nouvelles technologies quand elles facilitent les choses. Au fur et à mesure, c'est vrai que ça devient difficile de s'en passer. Mais on n'est pas condamné à utiliser un blog non plus. Ce n'est pas une obligation, comme facebook d'ailleurs. C'est des lieux de déconnade aussi, ça peut défouler. Ce sont des nouveaux moyens pour dire des choses anciennes en fait. Critiquer, faire courir une rumeur, le droit de réponse etc., rien de nouveau !

Que pensez-vous de l'utilisation croissante d'internet par les politiques en temps de campagne électorale notamment ?

Ils utilisent mal les blogs et le reste. C'est la même langue de bois. Ils n'ont pas compris que les blogs, c'était de l'expression spontanée. C'est leur seule visée. Les hommes politiques offrent un contenu calibré, calculé, parce qu'ils craignent un retour de manivelle. Les blogs de politiques sont assez inintéressants en fait.

Vous devenez cet après-midi conseiller municipal, vous allez peut-être tomber dans les même travers. Qu'est-ce que cela va changer dans l'écriture de votre blog ?

Rien du tout ! Le blog reste un endroit pour se défouler, pour dire du mal de ses adversaires et de ses camarades aussi. C'est toujours plus drôle de critiquer ceux dont est supposé dire du bien. Ceux qui seront fâchés, ce seront les mêmes que d'habitude de toute façon.

Blandine Guignier

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