Singapour Genève: même enjeu, même destin?

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Bonzon et une gréviste par Vogelsang.png"A Singapour comme à Genève, la croissance se fait au profit de l'Etat contrôlé par une élite influente, et au détriment de la majorité des habitants. Les symptômes de la croissance sont les mêmes à Singapour qu'à Genève. (...) Depuis 20 ans les gratte-ciels ont triplé de hauteur", note Antoine Vielliard qui en revient et nous livre une intéressante analyse croisée.

Philippe Souaille s'interroge aussi sur Genève en lisant le livre d'Attali: "Demain qui gouvernera le monde?" Et Tristan Zimmermann informe sur les huit risques qui menacent les « valeurs du Conseil de l'Europe »

L'occasion de braquer le projecteur sur le blog du photographe Olvier Vogelsang qui saisit des personnalités ou des Genevois croisés dans la rue ou lors d'une commande photo. Ils s'expriment sur la ville et en une phrase répondent à la question: "Genève c'est quoi pour vous ?"

A propos du pouvoir, je retiens la réflexion de Pascal Holenweg "Le pouvoir ne s'exerce jamais si bien, et si lourdement, que sur des gens tristes" et de Béatrice Fuchs sur "Le pouvoir au masculin". question pouvoir, Jean-Noël Cuénod écrit: "A Deauville, Carla assure le service après-ventre".

A noter que le débat Blocher Maudet publié dans Le Temps inspire deux blogueurs. Pascal Décaillet et... Pierre Maudet.

Les huit risques qui menacent les « valeurs du Conseil de l'Europe » par Tristan Zimmermann Un groupe mandaté par le Conseil de l'Europe (47 Etats membres dont l'organe juridictionnel est la Cour EDH) et dirigé par l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, « a identifié huit risques spécifiques menaçant les « valeurs du Conseil de l'Europe » : l'intolérance croissante ; le soutien de plus en plus affirmé que recueillent les partis xénophobes et populistes ; la discrimination ; la présence d'une population de migrants sans documents d'identité qui sont « virtuellement sans droits » ; les « sociétés parallèles » ; l'extrémisme islamiste ; la perte de libertés démocratiques ; et un conflit possible entre la « liberté de religion » et la liberté d'expression »...

Christoph Blocher ou l'impossible débat par Pierre Maudet Est-il possible de débattre face à Christoph Blocher ? Non. J'en ai eu la preuve hier dans le cadre de la journée organisée par le quotidien Le Temps, destinée à confronter nos deux visions de la Suisse. Christophe Blocher n'écoute pas les arguments de son adversaire. Il assène ses vérités. Lorsqu'il est mis en difficulté, il se défausse et n'hésite pas à nier l'évidence...

Des élections à Singapour qui auront des conséquences pour l'agglomération genevoise par Antoine Vielliard Sur la scène mondiale, Singapour et Genève sont d'étroites concurrentes : toutes deux se positionnent comme des villes internationales destinées à accueillir des sièges continentaux de multinationales. A Singapour comme à Genève, la croissance se fait au profit de l'Etat contrôlé par une élite influente, et au détriment de la majorité des habitants. Les symptômes de la croissance sont les mêmes à Singapour qu'à Genève. Les Singapouriens sont pris en ciseaux entre un coût de la vie qui augmente très fortement en raison de l'arrivée massive de cadres internationaux d'une part et des rémunérations qui elles stagnent en raison de l'afflux d'ouvriers et d'employés chinois. L'urbanisation y est galopante.  Depuis 20 ans les gratte-ciels ont triplé de hauteur. Il y a bientôt 20 ans j'y ai travaillé dans une banque. A l'époque, nous occupions des bureaux dans un immeuble de 17 étages du front de mer. La mer y a été transformée en un nouveau quartier dont les immeubles atteignent désormais 60 étages...

A Deauville, Carla assure le service après-ventre par Jean-Noël Cuénod (...) Quel talent dans la communication! Carla assure comme une reine son service après-ventre. Deauville encarlatée est devenu le nombril du monde. Jusqu'à maintenant la Première Dame cachait son abdomen par un savant jeu de châle. Il fallait attendre le moment propice pour le divulguer à la face du globe. Avec des milliers de journalistes et porteurs de caméras représentant tous les pays de la Terre, le G8 de Deauville tombait à pic.

Quel avenir pour Genève, en Suisse, dans le monde ? par Philippe Souaille Je suis en train de lire le dernier bouquin d'Attali: "Demain, qui gouvernera le monde ?". Dont le résumé de la quatrième de couverture ressemble étrangement à celui de mon "Utopie Urgente", publiée il y a quatre ans, notoriété de l'auteur en sus :-) (...) Là où Attali fait très fort, c'est qu'il nous offre une Histoire des grands empires, militaires ou commerciaux, qui ont tenté de dominer leur monde depuis l'antiquité.

Agissons et cessons de nous laisser be(e)rner ! par Michèle Roullet Jeudi 26 mai 2011, les députés ont accepté le projet de loi de M. Beer, d'introduire le mercredi matin à l'école primaire. Il s'agira donc pour les citoyens d'user de leur droit démocratique et de signer et faire signer le référendum que la Société pédagogique genevoise (SPG) avait décidé de lancer, lors de son assemblée du 12 avril dernier, si ce projet devait être approuvé. (...)Ne nous laissons donc pas BE(E)RNER et disons NON à l'augmentation de l'horaire de l'écolier genevois, qui aurait des répercussions négatives : modification de prise en charge des élèves (qui amènera stress et agitation), augmentation des coûts pour l'école et pour les communes (restaurant scolaire, parascolaire...), obligation pour des enfants d'être du lundi au vendredi pendant 10 heures à l'école (voire 11 heures pour les élèves accueillis dès 7h le matin), démantèlement des offres extrascolaires (cours de musique, théâtre, sport et autres) avec les conséquences que cela entraînera sur l'emploi. Que les rois fainéants prennent le temps de réfléchir !

« Guillaume Tell, bien sûr, n'a jamais existé... » par Jean-Michel Olivier On l'attendait, avec un peu d'angoisse et beaucoup d'impatience, ce volume consacré à la Suisse dans la prestigieuse collection Découvertes-Gallimard. Et il est arrivé. Pas tout de suite, d'ailleurs, puisqu'il est seulement le 573e de la collection ! Il est signé François Walter, un professeur d'histoire moderne et contemporaine à l'Université de Genève depuis 1986. Ne boudons pas notre plaisir : l'iconographie, comme d'habitude, y est très soignée ; la mise en page, magnifique ; le texte parfaitement mis en valeur. En bon disciple de la « nouvelle histoire suisse », François Walter déconstruit habilement tous les mythes fondateurs : le pacte de 1291, antidaté, ne serait qu'un document rédigé après coup pour édifier le mythe de la Confédération. Guillaume Tell, bien sûr, n'a jamais existé....

Tambourine : les propos dérangeants de plusieurs députés par Nicolas Walder [Le crédit pour la construction de la nouvelle HEG sur le périmètre de Batelle contre l'avis des habitants et de la Mairie de Carouge... ] Messieurs les députés, vous pouvez voter ce que bon vous semble, c'est votre droit. Toutefois vous devriez vous souvenir qu'une démocratie a besoin de participation et de proximité pour vivre. Ce n'est pas en décriant les autorités locales et les habitants qui s'engagent pour leur quartier que vous améliorerez la cohésion sociale. Et ce n'est pas non plus comme cela que vous accélérerez la réalisation des projets de construction à Genève.

Maudet, Blocher, et le peuple de la nuit par Pascal Décaillet La Suisse de Christoph Blocher est-elle à ce point incompatible avec celle de Pierre Maudet ? Le pays des valeurs traditionnelles, le sentiment tellurique qu'on éprouve pour un lieu, un paysage, doit-il à tout prix s'opposer à celui des échanges et de l'ouverture ? En mettant face à face les deux hommes, le Temps a réalisé une belle opération, en tout cas marketing. Mais cette dialectique-là, où tout concourt au contraste le plus vif, jeunesse contre vieillesse, gauche du parti radical contre droite de l'UDC, allumé urbain contre hobereau des fêtes de lutte à la culotte, relève, à bien des égards, de l'artifice. En réalité, en Suisse, les radicaux, sur 80% des sujets, sont proches de l'UDC....

Le pouvoir ne s'exerce jamais si bien, et si lourdement, que sur des gens tristes par Pascal Holenweg (...) La gauche a monnayé une illusion d'influence en la payant d'une évidence d'impuissance - sauf bien sûr à considérer comme une « puissance » la capacité de propulser quelques un-e-s des nôtres dans les sphères du pouvoir que l'on était supposer combattre - ou changer. A quelque chose cependant malheur peut être bon : la réduction du rôle des partis de gauche à celui de bureau de placement pour candidat-e-s à la haute fonction publique ou à la politique professionnelle, et du rôle des syndicats à la fonction de bureau de réclamation sociale du capitalisme, laisse à l'inventivité politique (révolutionnaire par conséquence, sinon par définition) un champ considérable. Et si ce champ en friche était celui de l'humour, de l'ironie, de la dérision ? Le pouvoir ne s'exerce jamais si bien, et si lourdement, que sur des gens tristes.

Genève c'est quoi pour vous ? par Olvier Vogelsang Jacques Bonzon, banquier : « Genève c'est la rue du Rhône et la rue est à vous, deux monde différent... voilà ! » Jeanne, gréviste à la maison de Vessy : « Genève c'est une belle ville. J'y suis depuis 17 ans. Aujourd'hui il y a plus de chômage, c'est plus dur ! » Habitants ou gens de passage, ils s'expriment sur la ville. Rencontre avec des personnalités ou des genevois croisés dans la rue ou lors d'une commande photo. Genève c'est quoi pour vous ? la bande son est à écouter en dessous de la photo...

Le pouvoir au masculin par Béatrice Fuchs Un grand publicitaire avait utilisé ce slogan un jour pour une célèbre marque de rasoirs : XXX le pouvoir au masculin. Oui, en fait, le pouvoir relève bien du masculin, car la plupart du temps ce sont les hommes qui le recherchent, à tout prix même parfois ne concédant rien à l'adversaire et d'autant plus lorsque ce dernier est une femme. Sans être une ardente militante du féminisme, il y a encore fort à faire pour que les femmes trouvent leur place dans des milieux politiques, alors qu'elles ont été parfois les premières à aller au devant de la population dans la rue au travers de campagnes électorales. Une certaine frange de la gente féminine a malheureusement peu de chance de siéger dans des parlements, des législatifs, voire même à l'intérieur de certains cénacles de formations politiques elles-mêmes. Tout dépend encore de la formation, du bagage de ces femmes.

 

 

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