Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné

Imprimer

indignéls abensur.jpg"Par l'occupation libre et ouverte d'une portion d'un espace public, le mouvement invite la population à la mobilisation et à la politisation, c'est à dire à une réappropriation symbolique de la politique et de la démocratie." Pour ceux qui n'auraient pas compris, Adrien Faure ajoute: "En soi donc, le mouvement des Indigné-e-s œuvre au bien commun en tentant d'amener la population à prendre son destin en mains..."Même Guy Mettan poaraît séduit.

"Il paraît que nous sommes sauvés", note Michel Veillet, notre chroniqueur boursier de parle pas des indignés mais à des raisons de l'être. Indignée Michèle Roullet l'était. Mais Le médiateur Daniel Cornu douche son courroux. Autres courroucés Ashwani Singh et Jacques-André Widmer. Et Pascal Décaillet à propos de l'émission d'Infrarouge de "Tous les Seins".

Les policiers ne sont pas sans reproche  par Jacques-Simon Eggly (...) Il y aurait des quartiers, d'après eux, glissant vers des zones de non droit, on est en droit de frémir et de s'indigner. Et l'on se met à réfléchir sur ce qu'il faudrait faire. Quel éventail de décisions et de mesures ? Les policiers, très syndicalisés, ne sont pas sans reproche. Pourquoi ne pourrait-on pas demander à des policiers plus âgés de prendre les dépositions au poste, par exemple, tandis que les plus jeunes seraient essentiellement en patrouilles sur le terrain ? Il paraitrait que l'argument serait que la cohérence voudrait que le policier intervenant dans la rue et le policier établissant le rapport au poste soit le même. Ce n'est pas un argument sérieux...

Francine Wohnlich, Baptiste et Angèle Par Alain Bagnoud Ce dialogue, Baptiste et Angèle, est sous-titré Rwanda 2008. On se trouve en effet dans ce pays, 14 ans après qu'un million de Tutsis ont été tués à la machette. 10'000 meurtres par jour en moyenne, on a fait le calcul. (...) Baptiste et Angèle étaient dans le camp des victimes, mais par hasard, ils le savent. Toute confrontée encore à la barbarie à laquelle Francine Wohnlich se réfère par allusions discrètes, Angèle ne peut plus se laisser aller, se méfie du désir, devient une coquille vide quand il s'agit d'intimité. L'entente, la tendresse sont impuissantes à les réunir charnellement. Ils ne peuvent s'unir, ils ne peuvent se quitter, sans qu'on devine finalement le chemin qu'ils prendront. Ce qui n'ôte rien à la force du texte, habité, puissant.

Des formés à l'inutile par Ashwani Singh (...) Le vœu pieu ou le slogan politiquement correct qui consiste à vouloir "former tout le monde" n'est pas réalisable, car "tout le monde" n'en a tout simplement pas les capacités. Actuellement, une partie des soi-disant "formés" est clairement formée à l'inutile: ceux ayant suivi certaines filières d'école post-obligatoire, ceux, en surnombre, licenciés dans des branches des sciences humaines ou sociales présentant peu d'intérêt pour les employeurs, ceux terminant (ou pas...) leurs études à l'âge de 25, 26 ou 27 ans (en redoublant une ou deux fois au collège, en prenant ici ou là une année "sabbatique", en ratant une année ou deux pendant les études...)...

Le minaret, une tour comme les autres par Tristan Zimmermann Selon l'ouvrage L'Islam du théologien Hans Küng, les premières mosquées ne disposaient pas de minaret. Ce n'est que depuis l'époque des Ommeyades (661-750), que le minaret devient une partie essentielle de la mosquée et ceci plus particulièrement dans les régions anciennement chrétiennes. L'origine du mot minaret se trouve dans le mot arabe mandra, qui signifie le phare. Il s'agit par conséquent d'un lieu où « brille la lumière ». Le modèle originel réside dans le fameux phare d'Alexandrie. Le minaret est une tour qui peut être ronde, carrée ou polygonale et de laquelle le muezzin lance l'appel à la prière. Il a, tout comme le clocher chrétien, davantage une valeur significative que pratique. Il marque la présence de l'islam, visible de loin. Ainsi, la présence d'un minaret n'est pas une obligation musulmane, pas davantage que la présence d'un clocher pour les édifices chrétiens...

Bonus-malus civique par Jacques-André Widmer Dans nos grandes entreprises, même les syndicats sont parvenus à légaliser la perception d'une modeste  "contribution de solidarité aux frais d'exécution des conventions collectives" auprès des non-syndiqués au motif que ces derniers bénéficient, eux aussi, des efforts des militants syndiqués qui obtiennent des avantages moraux et matériels applicables à tous. Il en va de même en politique: une infime proportion de citoyens s'engage dans les partis. (...) Les élites, engoncées dans leur confort, se gardent bien, en général, de négliger leur Étude, leur poste de prof à l'UNI, leur cabinet médical, leur fonction de PDG, pour se risquer sur le terrain aléatoire  des listes électorales et se hasarder sur le champ truffé de mines de la vie publique... Or ce sont les meilleurs qui devraient diriger le pays. Il nous semble que c'est loin d'être le cas.

Infrarouge: l'émission de Tous les Seins par Pascal Décaillet Infrarouge consacrera demain soir, 1er novembre, l'intégralité de son émission aux Ukrainiennes aux poitrines dénudées, dont le débarquement en Suisse nous est annoncé à l'égal de celui de Normandie. On se réjouit de payer sa concession. On se se réjouit aussi d'entendre les grandes théories de Roger de Weck sur le service public. En on note, au final, que le Mammouth ne sait plus à quel sein se vouer.

Budget culturel : la droitunie recule par Pascal Holenweg Vendredi 18 et samedi 19 novembre prochains, le Rassemblement des artistes et acteurs culturels genevois (le RAAC) tiendra son 4ème Forum public sur un thème que l'actualité politique locale a, à grands pas, rattrapé : « culture et politique » . Et précisément, ce mardi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel de Ville, un rassemblement est organisé pour protester contre les intentions de la droitunie municipale, du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC, de ratiboiser de 10 millions le budget culturel de la Ville. Les élagueurs culturels de droite font mine de faire marche arrière ? Peut-être. Mais seulement parce qu'ils n'ont pu perpétrer leur mauvais coup en douce (une pétition lancée contre leur tentative a déjà recueilli plus de 4000 signatures. La mobilisation s'impose donc toujours...

Les indignés, l'humour en plus par Guy Mettan Non, les indignés d'aujourd'hui, à ce qu'il m'a semblé, ne sont ni des soixante-huitards attardés, ni des rêveurs de lendemains qui chantent, ni des incendiaires d'usines, ni des coupeurs de têtes. Ils n'ont pas de solution toute faite, ils le reconnaissent. Ces solutions, ils les cherchent ensemble, ils ne veulent pas les imposer, et c'est tant mieux. Rien à voir avec l'image d'excités cagoulés qui veulent tout faire flamber. Faute de pouvoir montrer des images de casseurs du Black Block faciles à dénigrer, les caméras et les commentateurs sont restés penauds. Que veulent donc ces gens qui ne lancent même pas de pavés dans les vitrines ? Le mépris et l'arrogance ont fait place à l'attention ostentatoire. C'est donc maintenant, bien davantage que lorsqu'ils devaient affronter la police, que les indignés ont du souci à se faire pour l'avenir de leur mouvement.

Tempête médiatique sur l'école: le médiateur de la Tribune s'en mêle par JF Mabut J'ai signalé à Daniel Cornu un billet récent paru dans le blog de Michèle Roullet espérant lui donner en sa qualité de médiateur quelques bons grains à moudre. L'enseignante pestait contre un sondage que la Tribune avait lancé auprès de ses lecteurs à propos du mercredi matin à l'école. Notre blogueuse concluait sa note d'un définitif zéro pointé et de ce commentaire à propos de l'éditorial: "Belle rhétorique digne de l'ère Brejnev !" Le médiateur a moulu son grain soignesement et blanchit la Tribune. Bonne lecture à toutes et à tous.

Il paraît que nous sommes sauvés par Michel Veillet Alors oui, la Grèce a réussi à réduire sa dette de 50%, reste plus qu'à réussir à mettre en place les mesures d'austérités qui sont demandées par l'Europe, nul doute que cela sera facile de faire payer des impôts à tout ceux qui n'en payent pas depuis des années, il y a qu'à engager plus de contrôleurs pour le fisc, ah mais oui, il n'y a plus d'argent dans les caisses.. Mais nul doute que les gens qui ne payent pas assez d'impôts vont se dénoncer spontanément pour soutenir le gouvernement et l'Europe dans un esprit de patriotisme exacerbé...

Le suicide des enfants par John Goetelen Un garçon de huit ans, habitant le Doubs, a été retrouvé mort dans sa chambre, pendu à un crochet de lustre. Selon la police il s'agit vraisemblablement d'un suicide. L'enfant venait d'être réprimandé par son père pour des chamailleries. Une semaine avant un autre garçon de 10 ans s'était également pendu à Roubaix. Les derniers chiffres annuels disponibles datent de 2009 et font état de 37 suicides d'enfants de 5 à 14 ans. C'est à la fois peu en nombre et c'est énorme pour cette tranche d'âge. Le suicide est douloureux même quand on n'est pas très proche de la victime. Se donner volontairement la mort est un acte difficile à accepter pour les vivants. Peu importe les interprétations que l'ion en fait: il y a forcément une souffrance morale. Une souffrance qui n'est plus gérable, sur laquelle il n'y a plus de prise. Une souffrance que les proches ont vue ou non. Mais comment évaluer le degré de souffrance qu'un être peut supporter?..

Le Parlement européen demande le 30 km/h généralisé dans les quartiers par Alain Rouiller Fin septembre, le Parlement européen a accepté à une large majorité  - sous forme de résolution -  le rapport d'initiative "Vers un espace européen de la sécurité routière: orientations politiques pour la sécurité routière de 2011 à 2020" du député européen Dieter Lebrecht Koch (démocrate chrétien allemand ). Décoiffant! Cette importante décision n'a pas été relayée en Suisse. Dommage. Le rapport recommande notamment (mesure 54) d'introduire le 30 km/h dans les quartiers, dans toute l'Europe.

Budget genevois : l'heure de vérité fiscale, sonne ! par Alfonso Gomez Le Canton annonce une perte budgétaire en 2012 d'environ 500 millions de francs. La moitié de cette perte peut dore et déjà être imputé a la baisse fiscale du 17 mai 2009. A l'époque nous étions quelque uns à nous être opposés à cette mesure qui supposait des diminutions fiscales de 700 millions de francs sur 2 ans, soit environs 350 millions de francs chaque année. Nous nous étions opposés à cette baisse fiscale car cela ne nous semblait pas « être une mesure anti cyclique ». (...) Mais il y a plus grave ; la législation genevoise stipule qu'il n'est pas possible d'avoir plus de deux exercices déficitaires. Si cela ce produit, le Canton doit proposer soit une coupure dans les dépenses et les prestations soit une augmentation de ses revenus.

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné par Adrien Faure La décision de fonctionner par consensus empêche le mouvement d'avoir une ligne idéologique clairement définie. (...) Par l'occupation libre et ouverte d'une portion d'un espace public, le mouvement invite la population à la mobilisation et à la politisation, c'est à dire à une réappropriation symbolique de la politique et de la démocratie. Cette réappropriation est un apport bienvenu à un système démocratique qui peine à rassembler et à intéresser.
En soi donc, le mouvement des Indigné-e-s œuvre au bien commun en tentant d'amener la population à prendre son destin en mains...

 

 

Les commentaires sont fermés.