Etre ce qu'on est

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richard III Annemie Augustijns.jpg«Je suis comme je suis!» clame Richard III dans l'opéra joué actuellement au Grand Théâtre de Genève. Michèle ROULLET a adoré. Nos conseillers d'Etat qu'il est de bon ton de brocarder sont-ils comme ils sont? Au début sans doute. Puis la fonction forge l'homme et la femme. Ils sont plus résistants qu'on le pense nos hommes et femmes d'Etat. Et l'homme fort de Servette est-il ce qu'il est? Arnaud CERUTTI analyse "Servette FC: quand Pishyar fait peur". Jusqu'où tout cela nous conduira-t-il. Catherine ARMAND s'interroge Comment ne pas rater sa mort.

Mort, Sarkozy ne l'est nullement. Il a séduit dimanche les gens que l'aventure effraie. C'est son atout. Il convainc Maurice-Ruben HAYOUN, Philippe SOUAILLE, un peu moins sans doute Olivier PERROUX.

Arnaud CERUTTI Servette FC: quand Pishyar fait peur Mais, derrière le discours direct de «MP», il s'agit peut-être de lire autre chose entre les lignes. A savoir l'aveu de la situation délicate dans laquelle sont plongés les Grenat. Faut-il rappeler que certains salaires demeureraient impayés? Faut-il rappeler l'absence totale de recrutement et la perte d'un leader tel Matias Vitkieviez? Ainsi, lorsque Pishyar écrit: «Comme vous le savez, depuis 4 ans, je soutiens seul ce club, une situation de moins en moins tenable», il laisse clairement apparaître ses failles actuelles. Et s'il n'avait pas (plus) les reins assez solides financièrement pour poursuivre sur la voie qui est la sienne depuis 2008? La question méritait d'être posée; elle l'est depuis ce soir...

Pierre KUNZ Au revoir M. Kappeler Les lecteurs du quotidien Le Temps ont appris vendredi que Beat Kappeler entendait désormais se consacrer à d'autres activités que celles du spectateur engagé qu'il n'a cessé d'incarner depuis deux décennies. Heureusement, il très improbable que le jeune retraité ait totalement renoncé à s'exprimer lorsqu'à l'avenir il le jugera utile, en toute liberté et avec la fine intelligence qui l'a toujours caractérisé. Il n'empêche, ses fidèles lecteurs regretteront grandement ses éditoriaux hebdomadaires. Sa compréhension de nos sociétés industrialisées est en effet d'une étendue et d'une profondeur qu'on ne retrouve guère parmi ses pairs, même au sein du gotha des professeurs d'économie, nobelisés ou pas encore, avides d'éclairage médiatique et académique, qui viennent de se réunir à Davos...

Pascal HOELNWEG De quoi le mercredi matin d'école est-il le nom ? Il faut bien l'admettre : le  mercredi matin scolaire est assez tendance. Une tendance profondément réactionnaire  : après le retour des notes et le retour des sections, et avant le retour de l'uniforme (espérons qu'on s'arrêtera avant le retour des coups de règle sur les doigts), elle s'inscrit dans une demande forte, de la société en général, et donc des parents, de ré-encadrement des enfants. En soi, cette demande est un constat d'absence, ou de dilution, de tout ce qui, hors l'école, pouvait assumer cette fonction d'encadrement : les églises ne sont plus ce qu'elles étaient, le sport a la gueule de Bulat Chagaev, les parents sont presque tous au travail et ce qui, hors du temps scolaire, requiert désormais l'attention des mioches (la télé, internet, les consoles de jeux) n'encadre rien ni personne, sinon les colonnes des bilans des vendeurs de prothèses ludo-électroniques et des fournisseurs de réseaux sociaux...

Catherine ARMAND Comment ne pas rater sa mort Aujourd'hui, on ne doit pas seulement réussir sa vie. Il faut aussi s'assurer de réussir sa mort. Question de bon goût, car mourir est vulgaire, en soi. On laisse derrière soi une enveloppe charnelle encombrante, de la paperasserie ennuyeuse, et des proches qui doivent passer à la caisse entre deux sanglots. Mourir est malheureusement également tristement banal. Tout le monde y passe. Alors, comment se démarquer, immortaliser le souvenir de son identité, laisser une trace de sa singularité? En flattant son égo pré-mortem... http://catherinearmand.blog.tdg.ch/archive/2012/01/30/comment-ne-pas-rater-sa-mort.html

Demir SÖNMEZ 105 journalistes en prison, RSF et CPJ sévèrement critiqués Alors que le nombre des journalistes emprisonnés par le régime turc s'élève à 105, les organisations internationales de défense de la liberté de la presse évitent toujours de placer ce pays au premier rang de leur liste noire. La Plateforme a sévèrement critiqué les Reporters sans frontières (RSF), basé à Paris, et  le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis, qui refusent de considérer la Turquie comme la plus grande prison du monde pour les journalistes. La Turquie a été classée à la 148e place sur les 179 pays, devant le Cuba (167), Chine (174), Iran (175) et la Syrie (176), dans le classement de la liberté de la presse 2011/2012 du RSF, publié le 25 janvier.
(RSF: Classement mondial de la liberté de la presse 2011-2012) .

Olivier PERROUX Sarko, l'Allemagne et le rendez-vous manqué (...) A force de nombreuses comparaisons, il apparaît clairement que le président français voudrait bien « faire comme l'Allemagne ». Il voudrait bien que la France « dope » son économie comme l'a fait l'Allemagne. En oubliant deux choses. La première est que le coût social du miracle allemand est très lourd. En 15 ans, le nombre de travailleurs pauvres a en effet explosé en Allemagne, quand il n'a que peu progressé en France. La seconde est une partie de la nature profonde de ce miracle. Un pays qui a mis une croix sur le nucléaire et qui a misé sur le secteur clean tech (« technologie propre ») en plein boom...

K RAPPARD L'hyperspécialisation engendrée par une réalité complexe (...) Ce constat, appelons-le « l'interdépendance des spécialités », est valable dans tous les domaines. A titre d'exemple, citons encore la fiscalité qui s'imbrique dans tous les domaines de la vie économique, ou encore le droit, dont la fonction est - ni plus ni moins - de régir la quasi-intégralité des rapports humains dans une société donnée. Ce constat est confirmé sur le marché du travail qui valorise à outrance l'hyperspécialisation au détriment de connaissances générales et variés. On pourrait y voir l'expression d'une volonté « occulte » tendant à cloisonner les connaissances, à les enfermer dans des mini-sphères de compétences indépendantes les unes des autres, aux fins d'obscurcir une hypothétique vision d'ensemble du monde. J'y vois davantage une contingence malheureuse découlant du développement de notre espèce...

Robin MAJEUR L'obsession du porte-monnaie En bon genevois, je lis le GHI. Enfin les quelques articles rédigés qui y sont contenus. J'apprécie particulièrement la première page du deuxième cahier, sans aucun doute la meilleure. Tout cela offre un bon condensé de la vie politique genevoise, à lire en vitesse à la table de la cuisine ou ailleurs (je ne préciserai pas). Mais quelle mouche a donc piqué le GHI pour vouloir partir de la sorte à la traque du moindre centime dépensé? Car, depuis quelques temps, la ligne éditoriale ne cesse d'insister sur les chiffres, encore et encore. On savait le journal prompt à sauter sur le scoop, à dénoncer le scandale. Fort bien, c'est cela aussi, le journalisme. La gestion des deniers publics nécessite un oeil attentif et sourcilleux. De là à partir en croisade contre le sou de trop, armé de chiffres à déverser à la pelle...

Maurice-Ruben HAYOUN Nicolas Sarkozy a bien parlé Il a changé ou a voulu donner cette impression, mais pourquoi ne pas le croire ? Il a maintes fois cité le Premier Ministre, et aussi le gouvernement, éveillant ainsi l'impression que les facteurs politiques sont plusieurs et qu'on a quitté la monarchie depuis quelque temps ; il a détaillé les mesures à prendre, peut-être même un peu trop, puisque les précisions, utilement recherchées, pourraient passer nettement au-dessus de la tête des Français dont il espère qu'ils vont lui apporter leurs suffrages en découvrant qu'il s'occupe d'eux concrètement. J'ai relevé la référence à l'authenticité et à la sincérité, voire même cette petite réflexion un tantinet philosophique sur la vérité et ses figures...

Philippe SOUAILLE   Sarkozy a gagné ma voix... Les mesures annoncées hier soir par Nicolas Sarkozy pour tenter de redresser la France vont dans le bon sens. Vu de Suisse, c'est évident. L'analyse comparée du succès helvétique et du recul français est sans appel: la surprotection du travailleur et sa déresponsabilisation sociale telles qu'elles se pratiquent en France ont des effets extrêmement pervers sur l'emploi et le chômage et même au final, sur la qualité de vie du travailleur lui-même. Lorsque l'on ne peut pas licencier, on engage moins facilement. Et lorsque 60% de ce que coûte un salarié à son patron part en taxes et charges sociales, contre 30 % en Suisse, on paie le salarié moins cher...

François VELEN "ANONYMOUS", quelle outrecuidance incontrôlable ! (...) Personnellement, je félicite les « Anonymous » non pas pour leurs lettres informatiques anonymes, elles sont odieuses et condamnables, mais pour leur montée en puissance sur internet justement grâce à leur anonymat. Pour l'instant, il n'y a pas de sang sur internet ni sur des personnes. Oui, c'est vrai, c'est contraire à la loi et l'étique informatique, toutefois les victimes sont blindées, prêtes à les recevoir en personne et les assigner en Justice...

Thomas VEILLET L'or à 2000 dollars ? (...) L'or va bien, tout d'abord avec l'Euro qui retrouve quelques couleurs et qui parvient à repasser au-dessus des 1.31, c'est tout bénéf pour le métal jaune qui profite de la faiblesse du dieu dollar. Sur la semaine l'or aura bien remonté la pente et il est surtout sorti de la zone critique et de la tendance descendante dans laquelle il était depuis quelques semaines. Maintenant on va pouvoir ouvrir les paris pour savoir quand est-ce qu'il va toucher le 2'000$ tant attendus. L'or est à 1734$...

Michèle ROULLET «Je suis comme je suis!» Je suis comme je suis ! » clame Richard III dans l'opéra joué actuellement au Grand Théâtre de Genève. Dans ce magnifique opéra contemporain de Giorgio Battistelli, qui marie les genres musicaux avec bonheur (mélodies, percussion, procédés électroniques) dont la mise en scène, les décors, les costumes sont au service de l'œuvre et soulignent l'aspect noir et sordide de ce drame, le spectateur en sort nourri musicalement, séduit visuellement et affectivement plus intelligent. (...) Un opéra superbe, à voir absolument pour le plaisir, parce qu'il est rare d'assister à un opéra contemporain et, à notre époque où l'on prône tant la transparence, pour nous sortir de "notre sommeil dogmatique".

 

 

 

Commentaires

  • "Les gens que l'aventure effraie..." Celle-là, Jean-François, on me l'avait encore jamais faite. Et en ce qui me concerne, c'est absolument à côté de la plaque. Ce que j'ai apprécié dans le discours de Sarkozy, c'est précisément la prise de risques. Concrètement, il annonce la vérité aux gens, à savoir qu'il va leur falloir se serrer la ceinture. Et il creuse le prochain trou pour y placer l'aiguillon, là où tous les autres s'évertuent à leur promettre monts et merveilles. S'il en est là, Sarkozy, c'est probablement parce qu'il n'a plus rien à perdre et qu'il le sait. Mais ce n'est certainement pas par amour de la tranquilité.

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