19/04/2012
La mémoire brûlée d'Yvette Z'Graggen
"Toute l'œuvre d'Yvette Z'Graggen, écrit Jean-Michel Olivier dans Blogres.blog.tdg.ch, qui trouve un grand écho en Suisse romande, est un questionnement minutieux du passé." Une histoire (avec ou sans un grand h) que notre mémoire a tendance à oublier et même à refouler. Justement cette mémoire sélective est ravivée par les écrivains et ceux qui font métier d'historien et content (et/ou comptent) l'histoire avec un grand H. Olivier Perroux analyse la question à l'exemple du Titanic.
Mais il n'y a pas que le passé qui fuit et se recompose à notre guise dans le miroir de nos acquis (qui fige autant les idées que les droits), le présent échappe aux faits. Ashwani Singh le rappelle à propos de l'énergie électrique. Reste que les faits ne sont pas insensibles à la volonté politique. Du côté des mendiants, Sylvain Thévoz se bat pour les infléchir.
Ornella Grillet Remplacer les cours de répétition par un congé-paternité La motion "Remplacer les cours de répétition par un congé-paternité", déposée le 17 juin 2011 par le conseiller national PDC Luc Barthassat, sera probablement discutée lors de la prochaine session parlementaire. Soutenue par 18 autres cosignataires, de tous bords politiques, cette innovante proposition est un premier pas vers un futur congé-paternité et peut-être vers une réforme profonde de l'armée. (...) Personnellement, en tant que jeune femme engagée prônant l'égalité entre la femme et l'homme, je soutiens cette motion à 100%. En plus d'octroyer un arrêt de travail pour les jeunes pères, ce qui permet à celui-ci d'être présent durant les premiers jours de vie du nouveau-né, cette motion n'engendre aucun cout supplémentaire.
Dominique Jordan : Günter Grass avait tout un autre choix Il aurait pu choisir la Corée du Nord où l'arsenal nucléaire tenu par un tyran du nom de Kim Jong Hu qui martyrise sa population et qui menace son voisin du sud. Il aurait pu choisir la Chine est son budget de la défense qui explose d'année en année et qui du même coup vise l'annexion de Taïwan la démocrate avec le risque d'un conflit armé contre les Etats-Unis. Il aurait pu choisir le Pakistan despotique et sa puissance nucléaire. Il aurait pu choisir l'Iran qui cherche à obtenir l'arme atomique... Non; Günter Grass au lieu de choisir des états despotiques totalitaires ou autoritaires comme danger pour la paix dans le monde; il a choisi comme par hasard la démocratie Israélienne. Israël serait-il dangereux parce qu'il détient la bombe atomique? ...
Gabriel Doublet Non à la bétonisation de la Haute-Savoie (...) Dire "non à la bétonisation" excessive en Haute Savoie comme le clament les agriculteurs est une question fondamentale dans notre région, et à laquelle nous devons répondre en tant qu'élus. Car ce sont les municipalités qui effectivement décident, et trop souvent, cédant aux pressions de propriétaires terriens qui n'ont que faire des problèmes d'aménagement du territoire continuent de construire toujours plus. La décision prise à Saint-Cergues de remettre en zone agricole quatre hectares constructibles ne se fait pas sans mal. Si pour deux hectares, la chose s'est faite par la négociation, pour deux autres, en revanche, nous subissons plusieurs recours devant les tribunaux. Il faut se battre pour mener à bien ces politiques de protection de notre cadre de vie. Il est plus simple de dire oui à tout, aux propriétaires, aux promoteurs... Il est difficile de faire comprendre qu'à présent nous ne nous développerons plus qu'en densifiant les zones déjà construites, en centralité, épargnant d'autant les espaces naturels et agricoles...
Jean-Noël Cuénod Le rêve français, illusions et espoir (...) Le rêve français n'est pas tissé que de calembredaines pour banquets républicains. Il a sa noblesse populaire. Et si Jean-Luc Mélenchon parvient à déplacer les foules, c'est sans doute moins à son programme plutôt fumeux qu'il le doit qu'à cet appel au rêve fraternel qu'il a su faire vibrer dans les cœurs d'une partie des Français. Ce monde s'épuise à suivre les délires du capitalisme financier et à subir l'hystérie de la société de consommation - avec de moins en moins de consommateurs et de plus en plus de frustrés -, ce monde disais-je, a soif. Soif de partage et de solidarité; soif d'échanges gratuits et non plus de relations marchandes; soif de rencontres réelles et non plus de rendez-vous virtuels. Un jour peut-être, les Français débarrasseront leur rêve de sa gangue d'illusions. Alors, leur pays ne fera plus ricaner. Et redonnera au monde ce qu'il lui avait jadis offert, un espoir de fraternité.
Marie-Jeanne Nerfin Retour de la cathédrale St-Pierre Plus de 30 personnes qui grimpent courageusement les 160 marches jusqu'au sommet de la Tour sud. Une vue à couper le souffle, et un enseignant qui souffle une idée à ses collègues : quel meilleur endroit que cette salle du guet pour une leçon de géographie ? Une présentation de la Croix de Pentecôte réalisée par Gilbert Albert à l'occasion du 450e anniversaire de la Réforme, et un extrait de son discours plein d'espoir. Un arrêt devant les vitraux : celui de Jacques avec sa coquille sur son chapeau voit passer ces temps 30 pèlerins par jour, sur le chemin de Compostelle. On prend le temps de comprendre les stalles : tiens, de nouveau la coquille St-Jacques !
Ashwani Singh Energie électrique: que veut-on? En réalité, on ne sait pas. A lire le dernier sondage en ligne auprès des lecteurs de Tdg.ch concernant l'opportunité de construire cinq ou six "nouvelles" centrales à gaz en Suisse (comme s'il y en avait des existantes...), il y a nettement plus de "non" que de "oui". Or même si d'importantes économies sont encore probablement possibles pour les combustibles et si la consommation de carburants restera tempérée par le prix de l'essence, le besoin en énergie électrique continuera longtemps d'augmenter en Suisse et, à défaut de pouvoir la produire par manque de vision, d'ambition et de courage politique, il faudra bien l'importer: bref polluons, mais ailleurs que chez nous. Prétendre autre chose, c'est du blabla, du pipeau, des billevesées, de la naïveté, de l'ignorance, de la myopie ou enfin pire, des mensonges.
Arnaud Cerutti Chelsea, c'est la Squadra azzurra ! Ainsi donc, Chelsea a terrassé le grand Barcelone. 1-0, but de Drogba. Au-delà de l'incertitude qu'elle laisse planer avant le match retour de mardi, cette victoire a (re)mis en lumière la mue dont se sont fait auteurs les «Blues» depuis le limogeage d'Andre Villas-Boas. A la fin du mois de février, l'entraîneur portugais, ancien disciple de José Mourinho, a laissé sa place à Roberto Di Matteo et, depuis, le jeu des Londoniens n'est plus tout à fait le même. Désormais, Chelsea, c'est la Squadra azzurra d'antan! Et pour cause, son manager est Italien... Procédant par contres meurtries, usant et abusant des simulations, Didier Drogba et sa clique ne présentent pas le football le plus chatoyant du XXIe siècle. Mais ils ont levé les bras, mercredi soir.
Olivier Perroux Le second naufrage du Titanic (...) A voir la notoriété soudaine pour cette histoire de naufrage, on est en droit de se demander si au final, ce grand raout émotionnel qui dure depuis 100 ans est un bien ou un mal pour l'Histoire. Certes on parle de l'histoire de ce bateau encore 100 ans après, mais on a créé également dans les esprits une distorsion étonnante de la réalité du monde dans lequel nous vivons. Voyant l'Histoire disparaître sous l'émotionnelle histoire romancée, on peut sereinement se faire du soucis pour d'autres épisodes de notre passé, dont la machine à rêves d'Hollywood s'est saisie. On peut enfin douter que ceux qui ont enfin compris que Titanic avait réellement fait naufrage, ont en même temps compris que les personnages du film sont, eux, pures fictions.
Michel Ducommun Constituante 2 : Parlons finances J'ai affirmé que le projet de constitution était de nature très néo-libérale, cela se remarque particulièrement avec tout ce qui concerne les finances. (...) On diminue l'impôt des riches, donc ils ont plus d'argent, et l'Etat moins. Donc l'Etat doit en partie compenser cette diminution par l'emprunt, donc créer puis augmenter la dette. Comme les riches ont plus d'argent, ils peuvent, contre intérêt, prêter à l'Etat. C'est pour eux tout bénéfice, ce qu'ils ne payent plus en impôt, ils le reçoivent sous forme d'intérêts ! (...) Pour revenir à Genève, il faut tordre le coup à la fable préférée de la droite : l'impôt genevois étant supérieur à la moyenne suisse, il ferait fuir les riches. Le problème, c'est que cette fuite est contredite par une donnée toute simple...
Jean-Michel Olivier La mémoire brûlée d'Yvette Z'Graggen Toute l'œuvre d'Yvette Z'Graggen, qui trouve un grand écho en Suisse romande, est un questionnement minutieux du passé. Passé commun dans Un Temps de colère et d'amour (1980) ou Changer l'oubli (1989), quand l'écrivaine genevoise se penche sur le silence des sombres années de guerre. Mémoire individuelle quand elle cherche à revisiter, pour mieux en comprendre les secrets, le passé de sa propre famille. C'est bien de cela qu'il s'agit dans Mémoire d'elles*, son dernier livre. Tout commence ici par deux lettres exhumées du silence, et datées de 1915 et 1916, dans lesquelles Jeanne, la grand-mère maternelle, écrit à sa fille Lisi (la propre mère d'Yvette Z'Graggen). Lettres exaltées, bouleversantes, pathétiques, qui disent à la fois le malaise de vivre et la souffrance d'aimer.
Jacques-Simon Eggly Banques : des directeurs qui lâchent leurs fidèles (...) Afin de permettre un Accord les sortant d'embarras, moyennant une grosse somme à verser bien sûr, des directions de banques, telle celle du Crédit suisse, ont obtenu du Conseil fédéral que les noms de leurs collaborateurs-gérants soient officiellement communiqués. Certes, ces derniers doivent être informés préalablement et ils auront un droit de recours au Tribunal fédéral administratif. Mais ne jouons pas sur les mots : pour ces collaborateurs, le principe du lâchage est acquis, sur l'autel d'un intérêt dit général. De cet intérêt général, parlons-en...
Sylvain Thévoz Pour ne pas en finir avec la mendicité Le 10 décembre 2011, un collectif composé d'une vingtaine d'associations et de partis politiques lançait une pétition visant à abroger la loi interdisant la mendicité à Genève. Durant 4 mois, divers événements militants, festifs, politiques, ont jalonné cette campagne de récolte des signatures. Au décompte final, ce sont près de 3500 personnes qui ont apposé leur signature à cette pétition. Au-delà de l'aspect purement comptable, ce qu'il nous paraît important de souligner -dans un contexte social marqué par un climat de plus en plus délétère, anti-rom et pénalisant ses minorités- c'est le fait que cette pétition a favorisé un débat de fond sur la place de ces derniers dans notre société tout en exigeant la fin d'une loi raciste, inutile et coûteuse pour le contribuable...
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