Claude Bonard: Terrorisme à Genève - pour ne pas oublier - un souvenir personnel

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asala attentat bonard.jpgClaude Bonard: Terrorisme à Genève - pour ne pas oublier - un souvenir personnel

Pierre Kunz: La Suisse ou le capitalisme heureux

Pascal Décaillet: Entre rêve et néant, la nation !

David Frenkel: Une terre, mais quelle paix ?

Cédric Sepulveda: Arpad Ssoltesz

Bernard Comoli: Assassinat d’un gardien de la forêt au Brésil

Pascal Holenweg: Algérie, Liban, Irak : L'alternative est dans la rue

 

Claude Bonard: Terrorisme à Genève - pour ne pas oublier - un souvenir personnel Les attentats n'arrivent pas que chez les autres ! L'interview du 3 novembre sur la RTS de Madame la commandante de la Police genevoise Mme Monica Bonfanti me remet en mémoire un souvenir personnel en lien avec le terrorisme à Genève. Il y a exactement 39 ans, le 4 novembre 1980, J'habitais à côté du Palais de Justice, au 10, rue des Chaudronniers. En sortant de chez nous aux alentours de 19h30 avec ma compagne, nous nous sommes trouvés sur la place du Bourg-de-Four à l'instant même de l'explosion d'une bombe sur les escaliers du Palais. Une énorme déflagration et du verre qui volait en éclats partout ! Des cris .... un peu de panique ... Plus de peur que de mal heureusement et pas de blessés sur ce coup là. C'était l'époque où les activistes arméniens de l'ASALA commirent plusieurs attentats à Genève et Lausanne, avec des victimes (...)

 

Pierre Kunz: La Suisse ou le capitalisme heureux Comme d’habitude, la campagne électorale qui s’achève a été rythmée par une avalanche critique stigmatisant « tout ce qui va mal » dans notre pays, passant des inégalités sociales à la fiscalité injuste, du système de santé inique à la ploutocratie financière, etc. Dans ce contexte il est réconfortant de constater que, vue de l’extérieure, la Suisse ressemble davantage au paradis qu’à l’enfer. C’est par exemple dans le New York Times de vendredi dernier qu’on pouvait lire, sous la plume de Ruchir Sharma, l’article dont les principaux éléments sont traduits ci-dessous. (...) Enfin, le pragmatisme régnant en maître dans le pays l’a amené à élaborer des institutions qui marient mieux qu’ailleurs les exigences de la libre entreprise et celles de la justice sociale. S’il avait jugé les résultats des récentes élections fédérales, il se serait probablement étonné de la progression impressionnante des Verts. Il n’aurait en effet pas manqué de relever que, au-delà de la qualité de son économie, dans les classements internationaux, la Suisse est depuis longtemps un des pays les moins pollueurs de la planète et l’un de ceux qui ont su le mieux protéger leur environnement.

 

Pascal Décaillet: Entre rêve et néant, la nation ! (...) N'accordons aucune foi à la pieuvre internationale. Souvenons-nous de la SDN. Souvenons-nous d'Adrien Deume, qui taillait ses crayons, dans la Genève internationâââle. Souvenons-nous du Traité de Versailles, signé par les mêmes hommes qui, la même année, lançaient à Genève la Société des Nations. Le Traité de Versailles, totalement ignoble à l'endroit du peuple allemand, cause première de l'essor du nazisme dans les années vingt, puis de sa prise de pouvoir le 30 janvier 1933. Et on ose commémorer le Traité de Versailles ! Et on ose commémorer la fondation de la SDN ! Ne rien attendre de la toile internationaliste, menteuse et furtive. Tout attendre de soi-même. De son caractère propre. De ses fureurs internes, de ses révoltes. Et aussi de la puissance, fondatrice, poétique, libératrice, de nos rêves.

 

David Frenkel: Une terre, mais quelle paix ? Le déferlement de bons sentiments sur l’assassinat de Ytzhak Rabin inondent d’oubli des faits avérés, à savoir : 1) Suite aux accords d’Oslo pour lesquels le sus-nommé avait reçu le prix Nobel de la paix, des attentats sanglants ont frappé Israël, et sont devenus de plus en plus atroces et meurtriers jusqu’à l’édification d’une barrière de sécurité. 2) Dans son discours à Johannesburg en mai 1994, Yasser Arafat compare les accords d’Oslo à l’accord de Khodeïbeh, que Mahomet signa avec la tribu de Koreïsh, lorsqu’il était en position de faiblesse. Je le cite « Les accords avec les mécréants et les infidèles ne sont toujours que des accords temporaires et sans valeur selon l’Islam, nous avons le droit de nous soustraire à nos obligations à tout moment, cela s’applique de même aux accords d’Oslo. » Sans excuser le moins du monde un assassinat odieux, il aurait quand même dû être rappelé ce qui aurai pu alors nourrir les pensées de l’odieux meurtrier. En outre, raviver la mémoire de Ytzhak Rabin, c’est aussi avoir à l’esprit que : (...)

 

Cédric Sepulveda: Arpad Ssoltesz « Une partie de cette histoire s’est vraiment produite, mais d’une autre manière. Les personnages sont fictifs. Si vous vous êtes tout de même reconnu dans l’un d’eux, soyez raisonnable et ne l’avouez pas. Les gens n’ont pas à savoir quel salopard vous êtes. » Avec un tel avant-propos, on comprend d’entrée de jeu que Il Etait Une Fois Dans L’Est, premier roman noir slovaque traduit en français par l’audacieuse maison d’éditions Agullo, ne va pas s’aventurer sur le terrain du polar ethno pour nous décliner une série de clichés folkloriques d’un pays méconnu, perdu dans les confins de l’Europe centrale. Journaliste d’investigation, son auteur, Árpád Soltész, dirige une agence journalistique portant le nom d’un de ses confrères, abattu dans la périphérie de Bratislava après avoir enquêté sur des affaires de corruption et de fraude fiscale. Ainsi, dans le contexte d’un pays miné par les affaires, où l’effondrement du communisme a fait place à une espèce de pseudo démocratie au libéralisme sans foi ni loi avec une corruption institutionnalisée et des détournements de fonds endémiques alimentant les rouages d’un état dévoyé, Árpád Soltész signe une fiction débridée autour d'un terrible fait divers qui nous permet d’entrevoir toutes les arcanes des institutions étatiques noyautées par les mafias et autres organisations occultes. (...)

 

Bernard Comoli: Assassinat d’un gardien de la forêt au Brésil Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara (26 ans), l’un des « Gardiens de la Forêt » de la Terre Indigène Araribóia TI (État du Maranhão) été tué lors d’une embuscade organisée - selon les témoignages recueillis par l’agence « Amazônia real » - par cinq « madeireiros » (forestiers illégaux) sur le territoire même de la TI. Paulo était accompagné par Laércio Guajajara qui a seulement été blessé et a pu s’enfuir. Ils étaient partis en forêt pour chasser le pecari. Le Ministre de la Justice, Sergio Moro, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cette TI, démarquée en 1990, est également occupée par des Awá Guajá en situation d’isolement volontaire. Dans une note du 2 novembre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB exprime sa tristesse et sa révolte : (...)

 

Pascal Holenweg: Algérie, Liban, Irak : L'alternative est dans la rue (...) Après plus de huit mois de contestation dans la rue, l'Algérie, résume le correspondant du "Monde", est "comme une mèche qui se consume et raccourcit inexorablement à mesure que s'approche l'échéance du 12 décembre". Mais qui l'a allumée, cette mèche ? le "hirak" ? Non, le système lui même. Il s'y est obstiné, persuadé que le souvenir de la "décennie noire" et ses 200'000 morts et disparus allait étouffer la contestation. Mais c'est un autre souvenir, venu d'il y a 65 ans, qui a lancé dans les rues le chant des partisans et les cris de "pouvoir assassin !", d'"indépendance, indépendance !" et de "Tahia Djazaïr !", des centaines de milliers de personnes rien qu'à Alger, et des centaines de milliers d'autres dans le reste du pays : le souvenir du 1er novembre 1954, du déclenchement de l'insurrection armée qui allait aboutir à l'indépendance de l'Algérie. L'indépendance ? la création d'un Etat algérien -mais pas encore d'une démocratie algérienne. A Alger, les manifestants, dont l'héroïne de la Bataille d'Alger Djamila Bouhired, 84 ans, brandissaient le portrait d'un ancien combattant, le vieux moudjahid Lakhdar Bouregas, 86 ans, arrêté pour "atteinte au moral de l'armée" après avoir lancé ce message : "chaque génération choisit son parcours. (la nôtre) a choisi de libérer la terre et les jeunes du Hirak ont choisi de libérer la patrie". (...)

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