Cyril Aellen: La droite a perdu. La droite peut gagner

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aellen cyril.jpgCyril Aellen: La droite a perdu. La droite peut gagner

Daniel Warner: Repentant Jihadists: What Does it Mean to Say, “I’m Sorry”?

Jacques-Simon Eggly: Un rêve libéral

Didier Bonny: « La Belle Epoque » : tendre, drôle et romanesque

Arnaud Cerutti: Roger Federer: ne pas s'interdire de rêver

Andreas Dekany: La chute du mur de Berlin et l’ironie de l’Histoire

Adrien Faure: L’égalitarisme marxiste

Marian Stepczynski: Les marks de la réunification

Charly Schwarz: L'étrange étrangeté

Cyril Aellen: La droite a perdu. La droite peut gagner (...) Pour être encore plus clair, le PLR a perdu 12,6% de son électorat, le PDC 36,4% et l’UDC 22,4%. Toute la droite genevoise a perdu et aucun parti n’est en mesure de donner des leçons aux deux autres. La droite genevoise a perdu les élections, mais elle a surtout perdu la confiance de beaucoup de ses électeurs. (...) L’actuel discours de la gauche semble simple : la prospérité économique serait acquise, mal utilisée et mal répartie. Dans ces conditions, l’intervention accrue de l’Etat serait la seule solution. Il conviendrait donc de capter une plus large part de la richesse produite, sous forme de taxes et d'impôts, pour renforcer un Etat acteur et redistributeur. La responsabilité individuelle n’existerait plus, seule la responsabilité collective aurait un sens. (...) La question d’une croissance qualitative doit être posée. Les citoyens, seuls ou organisés, ainsi que les entreprises, grandes ou petites, doivent rester les premiers acteurs de notre société. L’Etat doit être renforcé dans son rôle de régulateur mais il doit aussi cesser de se substituer à l’économie privée. (...)

 

Daniel Warner: Repentant Jihadists: What Does it Mean to Say, “I’m Sorry”? (...) “True love is what brings us to say 'I'm Sorry,'” suggests the website goodmenproject. John Denver’s song “I’m Sorry,” a lament about his lies to his former girlfriend, was a very successful country single. On a political level, saying “I’m sorry” gets complicated. (...) When Cornelia Sommaruga, then president of the International Committee of the Red Cross (ICRC), apologized for the inactivity of the Red Cross during the Second World War, it caused a major controversy. (...) To return to the jihadists: Can we really accept an apology from someone who left their country to join Daech? (…) The ISIS website clearly shows their disdain for the West, for us, and there can be no question about its use of violence. How could anyone be so naïve as to think that Daech was anything but what they discovered? (...) Kathy Boudin was a member of the radical Weather Underground, considered domestic terrorists in the 60’s and 70’s. She was not only making bombs when the Greenwich Village townhouse blew up, she was also convicted of murder during a robbery. Since her release from prison in 2003, she was named adjunct professor at Columbia University School of Social Work and has been a scholar-in residence at NYU Law School. Her story has been the subject of two plays. While her appointment at Columbia was controversial, it was noted that “she has atoned for her crime and successfully rehabilitated herself.” (...)

 

Jacques-Simon Eggly: Un rêve libéral (...) Comment être libéral aujourd’hui ? (...) On ne peut plus dire simplement que l’économie libérale doit laisser le champ libre à une concurrence cherchant la meilleure rentabilité financière, le meilleur profit en jouant sur les prix. S’il convient de rappeler tout ce que l’économie libérale a apporté comme richesses particulières et générales, l’équation réduite à cela est devenue trop simple. Prenons les nouvelles exigences en matière de protection de l’environnement et de transport. On voit bien le danger que ces préoccupations, sous l’impulsion d’une Gauche-Verte, ne conduise à des excès fiscaux, bureaucratiques et réglementaires de toutes sortes ; que la Liberté personnelle et économique n’en soit fâcheusement affectée. C’est aux Libéraux de privilégier des incitations, de faire appel à une nouvelle conscience afin que de nouveaux paramètres guident les stratégies d’entreprise et les comportements des particuliers. Après tout, cet élargissement de l’approche est un retour à une philosophie libérale qui défend la liberté mais demande aussi la responsabilité. (...) Il y a donc bien deux débats à ouvrir simultanément au sein de la Droite au sens large. D’une part une réflexion sur des alliances électorales surmontant les différences ; d’autre part une volonté de réunir les bonnes volontés au service d’une bonne politique conjuguant au mieux liberté et responsabilité. (...)

 

Didier Bonny: « La Belle Epoque » : tendre, drôle et romanesque (...) « La Belle Epoque » mélange avec bonheur réalité et fiction. C’est le plus souvent ludique et par moment carrément jouissif. On a en effet beaucoup de plaisir à suivre Victor dans son retour vers le passé et de partager avec lui des moments à la fois empreints d’une grande nostalgie, mais également source d’un nouveau départ. Si le film fonctionne très bien, malgré quelques scènes un peu répétitives, il le doit à son originalité, à son inventivité, à une réalisation fluide qui ne perd jamais le spectateur en route, à d’excellents dialogues et à la très grande qualité de ses interprètes. C’est ainsi que Daniel Auteuil est formidable (...) Toujours à l'affiche 5 étoiles. « Hors normes », « Joker», « Parasite »(...)

 

Arnaud Cerutti: Roger Federer: ne pas s'interdire de rêver au Masters de Londres, Roger Federer a tout simplement laminé Novak Djokovic, au fil d’un récital qui rappelle que Noureev avec une raquette en main est bel et bien Bâlois. Il y a eu de tout, et même un peu plus encore, dans la performance propre et sans bavure signée par le Maître, jeudi à l’O2 Arena. Preuve en est qu’alors qu’il jouait son trône mondial et chassait un autre record personnel, le Serbe n’y a vu que du jeu, étouffé et pris à la gorge par un adversaire en taille patron. (...) Dans le monde dans lequel on vit, qui donc oserait lui reprocher de laisser ses nuits être bercées par quelques songes, aux odeurs d'Open d'Australie, de Wimbledon ou de Jeux Olympiques? Après tout, cela vaut toujours mieux que de ressasser les cauchemars de la révolution serbe du 14 juillet dernier.

 

Andreas Dekany: La chute du mur de Berlin et l’ironie de l’Histoire (...) Tout à coup, tout le monde s’est réveillé, car Günter Schabowski a finalement abordé la question de la libre circulation. Comme il l’a révélé plus tard, il a presque omis de traiter ce sujet lors de cette conférence de presse. Il a ainsi déclaré que les citoyens est-allemands avaient le droit de quitter librement le pays et d’aller à l’Ouest. Un des journalistes présents a eu l’intelligence de demander quand cette mesure allait entrer en vigueur. C’est à ce moment-là, que Günter Schabowski a commencé à fouiller dans ses notes, il a commencé à lire un papier et a déclaré : « Das tritt nach meiner Kenntnis…ist das sofort» (d’après ce que je sais, ça entre immédiatement en vigueur). (...) On connaît la suite; la chute du mur de Berlin aura lieu le soir-même, la liesse populaire, la joie, les retrouvailles, le bonheur, l’ivresse, la liberté. Le mur de Berlin a donc chuté suite aux déclarations improvisées et hasardeuses d’un membre du Politbüro mal préparé et mal informé par ses collègues. Il est certain que sans les déclarations de Günter Schabowski, les choses se seraient déroulées autrement. Ce sont là les ironies de l’Histoire qui sont fascinantes (...)

 

Adrien Faure: L’égalitarisme marxiste L’égalitarisme marxiste se compose de deux prescriptions morales correspondant à deux stades différents de la réalisation de son projet idéal. Le premier stade prescrit par le marxisme est celui du socialisme. Le second stade prescrit par le marxisme est celui de la mise en application du principe de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins et correspond, dans le vocabulaire marxiste, au communisme. Il y a donc un égalitarisme socialiste et un égalitarisme communiste, correspondant à deux stades différents, mais successifs, du projet marxiste général. Les marxistes sont favorables à chacune de ces deux prescriptions morales, mais pensent que la première permet l’avènement de la seconde et lui est donc nécessaire. C’est donc l’égalitarisme communiste qui représente le but ultime, la valeur ultime, poursuivie et défendue par les marxistes, tandis que l’égalitarisme socialiste a un rôle instrumental et transitionnel vis-à-vis du premier. (...)

 

Marian Stepczynski: Les marks de la réunification (...) Outre l’urgence, la question-clé était celle de la détermination du rapport de change entre les deux monnaies. Comparer les pouvoirs d’achat respectifs n’avait aucun sens, puisque les prix en économie planifiée sont déterminés de façon purement arbitraire. On considéra néanmoins, ne serait-ce qu’en fonction de la valeur du DM au marché noir (qui cotait jusqu’à 4 ou 5 marks de l’Est), que le taux de conversion choisi devrait être très inférieur au taux de change officiel de 1:1. A l’Est, depuis janvier 1990, les banques convertissaient officiellement la monnaie de la RDA au taux de 3:1. De son côté, la Bundesbank avait préconisé un rapport de 1:2, tandis que les économistes du DIW, l'institut allemand pour la recherche économique, suggéraient plutôt de le fixer carrément à 1:5. Compte tenu cependant des exigences est-allemandes et des attentes d’une population qui ne cessait de manifester, on se rallia finalement au taux de 1:1 pour les salaires, les loyers et les rentes (...) Ce qui devait arriver arriva. (...)

 

Charly Schwarz: L'étrange étrangeté (...) Les uns parlent de leur vie, les autres répondent par des chiffres souvent abstraits. Les citoyens attendent des orientations d’ordre du symbolique alors que les politiques apportent des réponses d’ordre économique. On constate un écart entre ce que vivent les « gens» et ce que font les «politique». L’état devient incapable de tenir son rôle de régulation entre une économie qui lui échappe et une société dont la cohésion est menacée. Cet écart est révélateur de l’« étrange étrangeté» qui nous frappe ; un mélange d’incompréhension, d’incohérence, d’injustice d’impuissance et d’inégalité.

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