Catherine Armand: La passion de la Commune

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catherine armand fb.jpgCatherine Armand: La passion de la Commune

Jean-Noël Cuénod: Le Sapeur Jupiter au pied du mur du 5-Décembre

Vincent Schmid: Génération fragile

Didier Bonny: « Frantz », « Carol » et « Les Innocentes »

Maurice-Ruben Hayoun: (Humble) plaidoyer en faveur d’un Premier ministre (accablé)

David Frenkel: Le plaisir, l'éternel éphémère

Jean-Daniel Delley: Crise démographique et crise de la croissance

JF Mabut: Tonton Bernard

Catherine Armand: La passion de la Commune En 2015, nous étions 1723 à briguer les 924 sièges de conseillers municipaux et 222 pour les 137 sièges des exécutifs des 45 communes genevoises. (...) Une fois partie prenante de cet échelon modeste, on ne peut qu'apprendre l'humilité. C'est l'école primaire de la politique, on y étudie les bases, en naviguant à vue entre le jargon, la loi sur l'administration des communes, et les relations parfois difficiles avec l'Etat. A peine les fesses calées dans son siège en cuir acquis de haute lutte à coup de stands dans le froid et de porte-à-porte, on comprend assez vite qu'à Genève, les communes n'ont que très peu de compétences et de marge de manoeuvre. La phrase qu'on entend le plus reste "c'est de toute façon l'Etat qui décide au final", tout particulièrement dans les domaine de l'aménagement du territoire ou de la mobilité, qui sont ceux qui présentent les plus gros enjeux. (...) J'ai rencontré et découvert au sein du Conseil municipal de ma commune des personnes engagées et sincères, que j'apprécie quelle que soit leur appartenance politique. (...)

 

Jean-Noël Cuénod: Le Sapeur Jupiter au pied du mur du 5-Décembre Le calendrier n’affiche pas encore «5 décembre» que ce jour devient déjà date historique. Il se transforme même en «Mur» au pied duquel Macron se voit contraint une fois de plus de jouer les Sapeurs Jupiter. L’image du mur choisie par les médias pour qualifier la future grève des transports et des enseignants illustre bien l’impasse dans laquelle se trouve la France. (...) Le Sapeur Jupiter continue à payer des décennies de mauvaise gestion et d’absence de réformes, à commencer par le trop long règne de Jacques Chirac… (...) Le problème ne se situe évidemment pas à ce niveau fantasmatique. Il paraît désormais impossible de ne pas se poser la question des institutions de la Ve République qui offrent tellement de pouvoirs à un seul homme qu’il en est paralysé. (...) Une nouvelle Constitution ne s’improvise pas. Elle devrait être le fruit d’une longue réflexion de tout un peuple rendu enfin à son état d’adulte. Avec son «grand débat» avorté, le président Macron a démontré qu’il n’avait ni l’envie ni la capacité de lancer ce processus. Les « Gilets Jaunes » avaient eu quelques lueurs à ce propos mais leur mouvement a sombré dans l’incohérence et la violence de ceux qui préfèrent les montées d’adrénaline à la descente dans les besognes du militantisme. Désormais, c’est au peuple de trouver en lui les forces nécessaire pour exiger cette vaste remise en question républicaine.

 

Vincent Schmid: Génération fragile Que se passe-t-il donc dans la tête de la génération qui accède maintenant aux études supérieures en Europe ? Elle manifeste un refus radical du débat d’idées et vit la confrontation intellectuelle comme une agression insupportable voire une douleur intenable. Nous assistons à une montée tyrannique de l’intolérance dont témoignent de nombreux exemples. Déprogrammation de conférences (Sylviane Agacinsky sur la PMA), autodafés (dont l’infortuné Président Hollande a fait les frais), boycott de professeurs jugés politiquement incorrects, pétitions pour appeler à la censure, ateliers racisés, genrés, décoloniaux, interdits aux hommes et/ou aux blancs, soumission à l’islamisme le plus dur, sacralisation des différences, remise en question du principe de la présomption d’innocence, inflation de la rhétorique victimaire, délation idéologique et ainsi de suite. (...) Il est difficile de dire s’il s’agit-là d’un effet du culte de l’enfant-roi au cœur du pédagogisme des baby- boomers; d’une conséquence des réseaux sociaux (...) ; ou encore d’une contamination des campus américains (...) Nous risquons désormais d’entrer dans un nouvel âge, beaucoup plus obscur. J’ai écrit ailleurs ma préoccupation d’un déclin de la raison. (...)

 

Didier Bonny: « Frantz », « Carol » et « Les Innocentes » (...) Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est un très bon film à qui il manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent. 4 étoiles, « Frantz ». FRANCE 2, dimanche 24 novembre, 21h05. (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: (Humble) plaidoyer en faveur d’un Premier ministre (accablé) Je trouve pour ma part que tant qu’on ne prouvera pas les deux chefs d’accusation mentionnés supra (enrichissement personnel, détournement de fonds publics), le Premier ministre n’est pas vraiment menacé, contrairement à ce des adversaires politiques très pressés semblent penser. Il peut tranquillement continuer de gouverner comme sil le fait depuis tant d’années. Et d’élever le pays à des niveaux encore jamais arreints à ce jour. (...) Mais pourquoi tant de haine contre un dirigeant politique qui a fait du pays d’Israël un état proche des plus grandes puissances du moment ? (...) Est ce que le peuple d’Israël, ou une simple fraction de celui-ci est atteint de ce mal sournois, la haine de soi ? (...) Parfois, je me demande s’il s’agit bien d’un Etat juif, habité par des juifs et fondé par des juifs exclusivement. Or, qu’est ce qu’un Etat juif ? (...)

 

David Frenkel: Le plaisir, l'éternel éphémère (...) Le plaisir d’une agréable fréquentation est renforcé par le jeu de la séduction. Au hasard des carrefours, il se transforme en amour. Certaines passions consommées peuvent être un jour gommées lorsque de vraies amitiés ne vont pas les fortifier. Le plaisir esseulé va vite s’envoler. A la recherche de nouvelles sensations, des jeunes, et moins jeunes, sont en perdition. En contrôlant sa dégustation, en modérant sa consommation, en préparant sa venue, une âme entretenue, fera durer le plaisir en buvant son élixir.

 

Jean-Daniel Delley: Crise démographique et crise de la croissance En s’appuyant sur quatre études qu’il a commandées, le Seco prévoit un ralentissement de la croissance économique au cours des prochaines décennies. Une croissance qui pourrait fondre de moitié et un PIB par habitant qui diminuerait de 11% à l’horizon 2065. Seuls les secteurs de la santé, de l’hébergement médico-social, de l’action sociale et des pharmas créeraient encore de la valeur ajoutée. (...)

 

JF Mabut: Tonton Bernard Il y a quelques jour, on a enterré tonton Bernard. J'ai fini par me plier à la tradition et dit l'hommage qui convenait en l'église de Plan-les-Ouates. A près de 93 ans, Bernard Genecand aura eu une vie bien pleine. L'homme n'a pas défrayé la chronique mais s'est mis volontiers au service de sa communauté. Voilà qui contraste, me dis-je, avec nombre de nos contemporains, dont nous sommes sans doute un peu, emportés par le flot incessant et énorme des distractions et des divertissements, branchés ou non, sensibles aux selfies, aux likes, aux buzz, aux fakes, aux pub, aux fées. Et puis je me suis dit: quoi de neuf depuis l'et moi et moi et moi de Dutronc? (...)

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