Anne Cendre: Le musée forteresse de Lausanne

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mcba muséee lausanne.jpgAnne Cendre: Le musée forteresse de Lausanne

Jacques-Simon Eggly: Accepter la mort pour maîtriser la vie

Bernard Comoli: Prévention de la mortalité maternelle et infantile chez les Yanomami

Nathalie Hardyn: Macaron anti-pollution, une usine à gaz genevoise

Charly Schwarz: Habitat et vieillissement de la population

Rémi Mogenet: Histoires d'hommes-démons

Christina Meissner: Zone villas, enfer des uns paradis des autres

André Thomann Les degrés de l’intelligence

 

Anne Cendre: Le musée forteresse de Lausanne Lausanne a réussi en dix ans ce que Genève, avec tous ses atermoiements, n’a pas accompli en plusieurs décennies : un nouveau musée, qui s’est donné des airs de forteresse. (...) e Musée cantonal des beaux-arts a eu l’audace d’abandonner son palais centenaire de Rumine. Et Rumine, en perdant son M (pour musée), va-t-il devenir Ruine ? On ne le lui souhaite pas, tant il a de cordes à son arc. En s’installant à proximité de la gare, le MCBA facilite l’accès aux visiteurs venant d’ailleurs. On lui a donné le nom de Plateforme 10, faisant suite aux 9 quais ferroviaires. Pourquoi Plateforme 10 et pas Quai 10 ? Est-ce l’influence insidieuse de l’anglais ? Sous des dehors faussement français, le quai de gare anglais est effectivement a platform. Cependant, si je consulte mon Petit Robert, j’apprends que la plateforme est « la partie de la voie préparée pour recevoir le ballast et les rails ». Elle peut aussi être une terrasse et bien d’autres choses encore, donc pourquoi pas un musée ? CQFD. (...) L’exposition inaugurale remplit tout le musée : 349 œuvres sur trois étages, dans 14 salles. Elle rend hommage aux mécènes en puisant parmi les dons et dépôts actuels et anciens. Le choix est magnifique, passionnant. (...)

 

Jacques-Simon Eggly: Accepter la mort pour maîtriser la vie La statistique nous apprend que quatre-vingt pour cents des coûts médicaux sont le fait de personnes qui n’ont en moyenne plus qu’un an à vivre. On entend tout de suite la protestation. <Êtes vous en train de dire que les personnes âgées ne devraient plus avoir droit aux soins ?> Bien sûr que non. Il ne saurait s’agir jamais d’un refus. La question doit être posée autrement. Quels soins, quelles décisions à prendre en commun à partir d’un certain stade de l’état de santé et de l’âge du patient ? En fait, c’est une interrogation qui a une dimension humaine, philosophique et spirituelle. En voulant tourner le dos, jusqu’à l’extrême des possibilités, à l’approche de la mort, en rêvant de gagner toujours plus de longévité, en nous accrochant à toutes les technologie de survie imaginables ne déraillons-nous pas, individuellement et collectivement ? Soyons honnête. Il est presque gênant d’écrire cela lorsque l’on est en bonne santé et que l’on ignore comment on réagira, même éventuellement très âgé, face à une maladie grave. Mais c’est une raison de plus pour souhaiter qu’un vrai débat se développe sur ces sujets, sans peur ni reproche. (...)

 

Bernard Comoli: Prévention de la mortalité maternelle et infantile chez les Yanomami À plusieurs reprises, les femmes et les leaders Yanomami ont exprimé leur mécontentement et leurs doutes relatifs à certaines actions mises en place par le service officiel de santé indigène : frottis gynécologiques, planning familial, effets secondaires suite à l’application d’injections anticonceptionnelles… Des programmes appliqués sans accompagnement approprié, les Yanomami ont assimilé ces traitements à des empoisonnement. Les hommes, leaders des communautés, ont demandé l’arrêt de ces programmes sans consulter les femmes. Pour changer cet état de fait, celles-ci se sont adressées au Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA* de Manaus. En juin 2018 déjà, en partenariat avec l’Union des Femmes Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – UMIAB, la SECOYA a organisé une rencontre sur le thème du « Droit au consentement éclairé et santé de la femme ». Les participantes, dont certaines ont un rôle similaire aux sages-femmes traditionnelles, demandèrent une formation particulière. Il s’agit d’améliorer leur pratique pour réduire les taux de mortalité maternelle et infantile trop élevés dans les communautés, objectif final d’un tel projet. (...)

 

Nathalie Hardyn: Macaron anti-pollution, une usine à gaz genevoise Avec fierté, le Conseil d’Etat a annoncé début novembre que Genève sera le premier canton suisse à copier le macaron français Crit’air, rebaptisé « Stick’AIR ». La CCIG dénonce une mesure démagogique et inefficace. Depuis que l’on mesure la pollution de l’air, la qualité de notre air n’a cessé de s’améliorer. Ces 30 dernières années, en Suisse, les émissions de NOX ont diminué de 60%, celles de particules fines de 50% et celles de SO2 de 90%. Le macaron anti-pollution est une mesure prévue par le protocole d’accord sur la qualité de l'air franco-valdo-genevoise PACT'AIR signé en janvier 2018. Le canton de Vaud, également signataire, a déclaré à l’époque qu’il n’instaurerait pas ce macaron. (...) Quel sens cela –t-il en termes d’effet sur la pollution de vouloir interdire la circulation d’une minorité de véhicules au centre de l’agglomération, un périmètre très restreint par rapport à la surface du canton ? aucun. Surtout que dans ce périmètre, les chauffages des immeubles sont bien davantage responsables des émissions de particules fines que les automobiles. (...)

 

Charly Schwarz: Habitat et vieillissement de la population La proportion des personnes âgées dans la population ayant toujours été, jusqu’à une période récente, minoritaire, l’urbanisme et la conception des logements n’ont jamais été pensés en fonction des besoins particuliers du grand âge. La Suisse se prépare depuis quelques décennies au vieillissement, mais elle s’y est d’abord intéressée sous l’angle des retraites, puis sous l’angle médicosocial. (...) Le défi est d’autant plus important aujourd'hui, que l’effort à fournir ne peut se limiter au seul logement. Pour que la personne âgée demeure autonome, c’est tout son environnement qui doit être adapté; parties communes, accès à l’immeuble, voirie, transports, présence de services à proximité, etc. (...)

 

Rémi Mogenet: Histoires d'hommes-démons On pourrait croire, si on repensait à ce que j'ai dit du Joker, le super-vilain ennemi de Batman, que le miracle chrétien n'autorise que les anges, et donc les martyrs transformés par Dieu en êtres célestes – ou les hommes ordinaires rendus sur Terre thaumaturges par leur sainteté –, mais il n'en est pas ainsi: il y a aussi les hommes qui passent un pacte avec le diable. C'est connu. Le récit de Faust en atteste, et la Légende dorée de Jacques de Voragine en parle abondamment, fréquemment. Les écrivains chrétiens plaçaient des sorciers et donc des démons dans l'entourage des mauvais empereurs, et Grégoire de Tours, l'historien des Francs, en usa de cette manière avec Néron. Cela justifiait qu'il apparût, aux païens mêmes – à Tacite, à Suétone –, comme un surhomme du mal. Il serait donc absurde de considérer que le super-vilain peut être d'origine naturelle quand le super-héros doit avoir un lien avec le surnaturel. Les récits d'occultistes montrant Adolf Hitler possédé par le diable sont judicieux. Et c'est ce qui manquait au film du Joker pour être pleinement réussi. (...)

 

Christina Meissner: Zone villas, enfer des uns paradis des autres J'ai une pensée émue pour ce bébé né il y a quelques jours pour la plus grande joie de notre président du conseil d'Etat, Antonio Hodgers qui s'apprête à dire tout le mal qu'il pense des maisons individuelles. Lorsque son enfant aura grandi et demandera de lui raconter une histoire, je propose de lui conter celle du Jardin de Dino Buzzati : (...) Extrait d’une nouvelle de Dino Buzzati parue dans le journal Pic Vert de septembre 2016, cahier spécial pour ces zones villas (dont le quartier de Cointrin) menacées de disparaître à coups de plumes de promoteurs emportées par les promesses urbanistiques non tenues.

 

André Thomann Les degrés de l’intelligence Je ne parle pas de l’intelligence créatrice, celle d’un Pasteur, d’un Salk, d’un Newton mais de l’intelligence réceptive, celle qui reçoit un message et essaye de le comprendre. J’y vois là trois degrés. Le degré zéro, de celui qui le reçoit et le répète sans y connaître grand-chose. Exemple Sainte Greta du Buisson ardent qui ânonne ce qu’on lui a mis dans la tête sans trop savoir de quoi ça parle. Ensuite le degré un. Là, le sujet comprend, mais de travers. Il voit les choses directement, sans se poser de questions. Si on lui dit a, il comprend a, ce qui peut être vrai dans nombre de cas. Si on lui dit que ? égale 3 virgule quatorze, il aura raison de s’y soumettre. Mais vient maintenant le second degré, celui qui se cache et n’est détectable que par les finauds. (...)

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