Jean-Noël Cuénod: Voile, croix et kippa pour les élus genevois

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bulle paix laicite.jpgJean-Noël Cuénod: Voile, croix et kippa pour les élus genevois

Olivier Perroux: Chiche Adrien Genecand!

Christina Meissner: Votations, du 24 novembre au 9 février

Edmée Cuttat: ”A couteaux tirés”, comédie policière à la Agatha Christie

Ronald Zacharias: Pré-du-Stand

Mireille Vallette: Radicalisation islamique: 85 cas sur 100, mais chut!

Pascal Holenweg: Les deux Genève

Pierre Kunz: Auprès de mon arbre ...

Didier Bonny: « Les Misérables » : une mise en scène brillante

David Frenkel: Une actualité passée sous silence…

Jean-Noël Cuénod: Voile, croix et kippa pour les élus genevois (...) Les juges viennent de rendre leur décision. La plus importante se rapporte à l’interdiction de porter des signes religieux pour les élus aux Grand et conseils municipaux du canton, interdiction signifiée par l’article 3 alinéa 4 de la Loi sur la Laïcité de l’Etat (LLE). Cette disposition est annulée. Ces élus pourront donc porter croix, kippa ou voile en séance plénière. (...) Le Groupe de travail sur la laïcité (GTL) que j’ai présidé n’avait expressément pas retenu cette interdiction étendue aux élus dans le rapport qu’il a rédigé au Conseil d’Etat. D’ailleurs, elle ne figurait pas dans le projet de loi gouvernemental inspiré par ce rapport. Ce n’est qu’en fin d’examen au Grand Conseil qu’elle avait été ajoutée par un amendement. (...) Les arguments évoqués lors des discussions du GTL étaient de même nature que ceux retenus par les juges constitutionnels. A savoir qu’un fonctionnaire et un magistrat représentent l’Etat dans ses actes d’autorité et qu’à ce titre ils doivent afficher leur neutralité politique et religieuse ; ils sont au service de l’Etat laïc et doivent conformer leurs attitudes et leurs propos à ce statut. Tel n’est pas le cas d’un député et d’un conseiller municipal (...)

 

Olivier Perroux: Chiche Adrien Genecand! (...) Le refrain éternel qui chantonne que la gauche étouffe le développement économique que la droite sauve par de beaux projets est une constante qui lasse. En l’entonnant telle une litanie, Adrien Genecand ne se rend pas compte qu’il raconte de grosses bêtises. Première idée fausse: D'après Genecand, les annuités ne font qu’alourdir indéfiniment le budget de l’état. C’est mathématiquement impossible, ce qu’un homme de chiffres tel qu’Adrien Genecand sait très bien. Les annuités viennent effectivement augmenter légèrement les salaires des fonctionnaires pendant une partie de leur carrière. Cela est appréciable et nul ne le conteste. Lorsqu’un fonctionnaire part à la retraite ou quitte son poste, celui ou celle qui le remplace repart avec un salaire bien inférieur, avec une annuité de zéro, ou presque. Ainsi le raisonnement ne tient pas. (...) Autre erreur de Genecand. Les statistiques montrent que si les carrières professionnelles partent à un niveau de rémunération plus élevé dans le secteur public, elles démontrent que l’évolution de ces rémunérations est bien différente. Un actif du secteur privé à de bien meilleures possibilités de progression dans sa carrière et sa rémunération qu’un employé du secteur public. (...) Pour bien des habitants de ce canton qui voient régulièrement leur qualité de vie diminuer, fonctionnaires ou simples salariés, le deal qui consisterait à abandonner une progression des revenus (quand elle existe), contre une stabilité des coûts de la vie quotidienne, et avec une stabilité de la qualité de vie, serait conclue dans l’heure. Chiche Adrien? on s’y met?

 

Christina Meissner: Votations, du 24 novembre au 9 février La leçon à retirer de ces votations, est que le peuple entend la souffrance de la rive droite, qu’il est encore prêt à construire du logement à Genève mais à condition de tenir compte des habitants, de l’environnement et de la qualité de vie. Au vu de ces résultats et au-delà des quelques voix pour ou contre, ce sont les projets et la manière de les concevoir qu’il faut revoir. Les prochaines votations du 9 février 2020, sur le déclassement de Cointrin Est et Cointrin Ouest, qui vise à remplacer les villas et leurs jardins aux arbres centenaires par du béton, des locaux commerciaux vides et l’entassement d’encore plus de monde dans des zones polluées par le bruit et les oxydes d’azote, feront définitivement pencher le scrutin vers le NON. Il est temps d’organiser des assises pour discuter de l’avenir de notre territoire. Le gouvernement serait bien inspiré d’entendre le cri sourd qui s’élève du canton qu’on enchaîne et d’opter pour un changement de paradigme.

 

Edmée Cuttat: ”A couteaux tirés”, comédie policière à la Agatha Christie (...) Cette malicieuse et jubilatoire comédie policière à suspense en forme de whodunit renouvelé, huis-clos burlesque très divertissant au rythme soutenu, à la mise en scène astucieuse, aux dialogues caustiques et à l’humour noir, donne un parfum très british à ce film américain. Entre deux productions Star Wars, son auteur Rian Johnson s’offre ainsi une petite balade récréative avec ce cluedo géant. Sophistiquée, l’intrigue oscille entre Agatha Christie et Hitchcock. avec un détective façon Hercule Poirot mâtiné de Columbo. Il est incarné par un irrésistible Daniel Craig à l’accent sudiste, qui révèle son talent comique. Chris Evans, Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Michael Shannon, Don Johnson ou encore Ana de Armas, qui sera du nouveau James Bond, complètent ce casting cinq étoiles. (...)

 

Ronald Zacharias: Pré-du-Stand Pour Genève, un pôle d'excellence pour la recherche de pointe? De la création d'emplois? Des installations sportives de qualité? Un aménagement intelligent et porteur d'avenir? Genève n'est plus vraiment fait pour cela. 'Vox populi, vox dei!' L'envie, la haine et la jalousie ont été les moteurs souterrains du scrutin portant sur le développement du périmètre du Pré-du-Stand. Par ailleurs, une culture intensive d'habitats sociaux de type 'banlieue à la française', doublée d'une imposition qui fait fuir (mauvaise santé des comptes publics oblige (trop de dépenses) et absence totale de courage politique), auront la peau de ce canton. Il n'y a plus aucune lumière possible au bout du tunnel genevois.

 

Mireille Vallette: Radicalisation islamique: 85 cas sur 100, mais chut! (...) 101 situations ont été suivies: - 85 concernaient «l’islam radical» - 2 un mouvement évangélique; - 4 l’extrême droite; - 3 l’extrême gauche; - 7 n’entraient pas dans les cases. [La Tribune ] approfondit la question.Veut-elle savoir pourquoi ces 85% qui vrillent les yeux des lecteur? Ne rêvons pas! Faisons le tour de la question en trois situations concrètes que l’association a gérées «récemment»: 1) Un exemple parmi les 85 radicalisations liées à l’islam: «Un père s’alarme de la conversion de son ex-femme à l’islam et de l’éducation religieuse qu’elle entend dispenser à leur enfant, car elle comprend notamment des châtiments corporels.» Dans ce milieu de bisounours de l’islam, ce n’est donc jamais l’idéologie religieuse qui cause une radicalisation. Nos fins limiers le prouvent: «Dans cette situation, ce n’est pas l’islam en tant que tel qui est la cause du problème comme l’insinuait le père, mais le fait que la mère aille puiser dans un registre religieux pour se donner une légitimité à maltraiter son enfant.» Franchement, c’est fort! Et ceux qui s’entourent d’une ceinture d’explosifs? Des frustrés qui veulent se faire mal? Ici comme ailleurs, l’islam n’est jamais ce que nous observons, l’origine quasi unique de l’extrémisme violent, soit du terrorisme. (...)

 

Pascal HOlenweg: Les deux Genève (...) Les Genevois ne seraient-ils favorables au développement de Genève que s'il se fait en France ? Le refus en votation, dimanche, du projet de déclassement du quartier des Crêts, au Petit-Saconnex, semble le suggérer. Pourtant, "construire la ville en ville", seul moyen pour ne pas étendre l'urbanisation à tout le canton : on défend bien mieux les arbres et la biodiversité en construisant là où on a déjà construit, y compris en zone villas, qu'en réduisant, bétonnant et imperméabilisant les espaces encore laissés "verts"... Ecologiquement, environnementalement, la densification est à la fois légitime et logique. Elle l'est aussi socialement. Mais elle fait peur -moins d'ailleurs à ceux qui, comme l'auteur de ces lignes, la vivent au quotidien et ne s'en plaignent pas -au contraire- qu'à ceux qui la perçoivent comme, forcément, un facteur de dégradation de leur environnement et de leur qualité de vie. (...)

 

Pierre Kunz: Auprès de mon arbre ... (...) Aujourd’hui, chaque fois qu’un arbre est abattu, soit parce qu’il est malade soit parce qu’il empêche la réalisation de travaux ou de constructions d’intérêt général, obligation légale est faite aux intéressés d’en replanter un autre ailleurs ou au même endroit en compensation. Comment dès lors ne pas s’étonner de la forme d’égoïsme et de l’enfantillage qui mobilisent ces « don quichotte » oublieux, semble-t-il, de l’éphémère qui caractérise toute forme de vie ? Comment ne pas s’agacer devant leur volonté farouche de garder « pour eux », à tous prix, même aux dépends de l’intérêt général, la jouissance de la vue et de l’ombre du chêne ou du peuplier qui agrémente leur vie depuis quelques décennies ? Est-il possible qu’ils ne se rendent pas compte qu’en prétendant s’en réserver l’usufruit jusqu’à la fin de leurs jours, ils n’expriment que leur volonté de laisser les générations suivantes s’en priver ? Car c’est bien à celles-ci que reviendra un jour ou l’autre d’abattre le vieux chêne pourrissant ou le peuplier devenu dangereux. Les arguments de ces pseudo-défenseurs de la nature, qui n’ont en l’occurrence aucune préoccupation environnementale, atteignent parfois un degré d’excès verbaux difficilement supportable. Par exemple… (...)

 

Didier Bonny: « Les Misérables » : une mise en scène brillante (...) Malgré une mise en scène brillante du début à la fin, « Les Misérables » est lent au démarrage, on est à la limite de l’ennui. C’était la volonté du réalisateur qui souhaitait que les 40 premières minutes du film constituent une immersion tranquille dans le quartier tout en évitant les clichés (drogue, armes, musique rap). Il ne les évite pas en revanche dans le langage qui se résume, je caricature à peine, à des « pédés » et à « des enculés » par dizaines. Cette entrée en matière un peu pénible est renforcée par le fait qu’il est difficile d’avoir de l’empathie pour l’un ou l’autre des personnages. L’objectif du réalisateur de renvoyer dos à dos la police et les habitants du quartier est donc atteint, mais avec comme conséquence un manque évident d’émotions. Mais heureusement, le film prend une toute autre dimension au moment où le drame se joue. (...)

 

David Frenkel: Une actualité passée sous silence… Pourquoi faut-il prendre connaissance par une source étrangère d'un incident grave ayant eu lieu sur sol genevois ? A l'heure où l'on ne peut que déplorer la montée de la judéophobie partout en Europe, il aurait été approprié qu'un journal local comme la Julie rapporte ce grave incident. Il faut que le public sache que la bête immonde crache son venin même en Suisse. Un cri nazi a rompu le silence devant une ancienne synagogue en Suisse (...)

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