Mathias Buschbeck: Le pire des projets de budget

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budget 2020 ge.jpgMathias Buschbeck: Le pire des projets de budget

Pascal Rulfi: Le défi de l’éducation du numérique

Rémi Mogenet: Les écrits pornographiques de Boris Vian

Sylvain Thévoz: Quand la police se trompe de cible...

Rolin Wavre: Extension de Cornavin : l'équation mal posée

Edmée Cuttat: Edward Norton revient. Noir c'est noir...

Philippe Souaille: 1992 : le premier jour d'un si long siège

Pascal Holenweg: L'Opéra en débat

Mathias Buschbeck: Le pire des projets de budget Après l’euphorie ayant suivi les votations du joli mois de mai 2019 sur la recapitalisation de la CPEG (Caisse de prévoyance de l'État de Genève) et la RFFA (Réforme fiscale et financement de l'AVS) et le contre-projet à l’initiative sur les subside d’assurance maladie, l’inévitable gueule de bois était prévisible lorsque viendrait le dépôt du projet de budget 2020 de l’Etat de Genève. (...) Dans ce contexte on peut donc constater que si le Conseil d’Etat a pris ses responsabilités en demandant la dotation des services et des domaines au bord de la rupture en personnel supplémentaire, il n’a pas engagé de réforme structurelle. Nous sommes toujours devant un travail en silo, une absence béante en matière de transversalité. Cet attentisme n’est plus tenable. La commission des finances a donc entamé ses travaux dans ce climat lourd d’incertitudes. Voyons plutôt (...) Pour quel résultat final ? Un déficit de 584 millions de francs, soit à peine 6 millions de mieux que le projet de budget du Conseil d’Etat. Un échec sur toute la ligne : un déficit toujours abyssal, et une casse sociale et aveugle. Ou comme l’écrit Cyril Aellen (!) sur Facebook (non, ce n’est pas sa voisine) « 600 millions de déficit. 600 millions d’augmentation de charges. Une dette en croissance et aucun engagement supplémentaire, même là où cela aurait été nécessaire. » (...) C’est donc bien le pire des budgets possible qui ne laisse augurer rien de bon pour la suite.

 

Pascal Rulfi: Le défi de l’éducation du numérique (...) L'établissement d'un programme scolaire mobilise généralement des groupes de travail dont l’approche souvent universitaire de la problématique tend vers des résultats peu pragmatiques. L’organisation actuelle va tenter de formaliser un programme universel et figé. Cette approche traditionnelle a peu de chance d’aboutir car les lenteurs d’arbitrage et les lourdeurs de la structure ne s’accordent pas avec une matière qui connait des révolutions très rapides. Le constat est simple, l'évolution galopante du monde numérique n'est pas compatible avec les contraintes de temporalités d’un processus traditionnel. (...) En matière d’organisation, la création et l’animation des contenus sera prise en charge par une communauté de volontaires éclairés organisés en réseau à l’image du fonctionnement de l’encyclopédie Wikipédia. (...) Je suis prêt à parier que l’on trouve dans le corps enseignant nombre de technophiles compétents voire passionnés de numérique. C’est bien entendu auprès de ces personnes que l’on fédérera une communauté dynamique qui élaborerait les sujets et dispenserait en classe les humanités numériques. (...) Cela demande de la créativité, du courage et de la vista. Saurons-nous en faire preuve ?

 

Rémi Mogenet: Les écrits pornographiques de Boris Vian Puivert, en Occitanie, contient un magasin gratuit où on trouve de tout, qui est ouvert à tous – et propose à l'humanité d'échapper au commerce. J'y ai trouvé un volume de Boris Vian attirant, appelé Écrits pornographiques! J'aimais bien Vian quand j'étais jeune, et j'étais invité à l'aimer, car mon entourage en disait un bien infini, mon frère notamment l'adorait. J'ai surtout aimé L'Écume des jours, avec son univers fabuleux et métaphorique – mais dans sa fantaisie qui devait beaucoup aux écrivains anglophones, il me plaisait en général, et j'ai goûté ses poèmes fantastiques avec des monstres. Cependant, il avait une fantaisie excessive, qui le rendait léger. Le volume que j'ai eu gratuitement commence avec une conférence plutôt absurde, qui défend la littérature érotique parce que l'amour vaut mieux que la guerre, alors qu'on sait depuis Troie que le désir sexuel peut aussi entraîner des guerres, et que l'amour n'est pas forcément la relation sexuelle, que la pratique mécanique de la chose n'a pas forcément d'amour en elle – et qu'elle n'en crée pas, elle crée au contraire de l'amertume et de la rancœur, si elle est sans amour! Le secret de l'amour n'est donc pas l'érotisme, et le raisonnement de Vian est naïf. Si encore comme Vâtsyâyâna il enseignait à pratiquer le sexe avec de l'amour, pour que l'étreinte physique mène à la rencontre des âmes! Car c'est une chose possible, la sagesse orientale le dit (...)

 

Sylvain Thévoz: Quand la police se trompe de cible... Les fêtes de fin d'année approchent et c'est probablement une période sensible en terme d'achats de biens. La police municipale de la Ville de Genève a décidé de faire un tout ménage sensibilisant aux bons réflexes pour lutter contre les cambriolages. Ce qui est étonnant, c'est qu'elle fasse une campagne de publicité massive pour un délit qui est en diminution : pour les cambriolages, c'est moins 10% depuis 2017. Il est par contre un autre type de délit qui est en croissance constante ce sont les violences domestiques et là : silence radio. Cherchez l'erreur. (...)

 

Rolin Wavre: Extension de Cornavin : l'équation mal posée A l'heure où se prépare le lancement du Léman Express, le Conseiller d'Etat Dal Busco et son équipe d'ingénieurs se félicitent à juste titre de ce remarquable ouvrage et du rabattage prometteur des lignes TPG vers ses gares. Sous cette légitime satisfaction, se cache la préparation d'un spectaculaire gâchis, on s'en rendra compte d'ici 2024. L'Etat, sous la pression des CFF et de la Confédération essaie de nous faire croire que l'extension de la gare Cornavin, qui paralysera la rive droite pendant deux fois six longues années dès 2024, répond à l'augmentation du trafic causé par le Léman Express. C'est totalement faux. La surcharge à Cornavin est presque exclusivement à une raison : le cul-de-sac de la gare de l'aéroport qui nous renvoie tous les trains pour un deuxième passage à Cornavin avant de repartir vers Lausanne. (...)

 

Edmée Cuttat: Edward Norton revient. Noir c'est noir... (...) Réflexion sur le pouvoir, Motherless Brooklyn, adapté du roman à succès de Jonathan Lethem paru en1999, est signé Edward Norton. Opérant son retour à la réalisation quelque 20 ans après Au nom d’Anna, il joue également le personnage principal et n’a pas lésiné sur le casting en convoquant à ses côtés Alec Baldwin, Willem Dafoe, ou encore Bruce Willis. Si, contrairement au livre, l’histoire est située dans les fifties, Edward Norton n’en dresse pas moins un parallèle avec le phénomène actuel de gentrification qui ne cesse de s’amplifier dans les métropoles, entraînant le déplacement de résidents à faible revenu. (...)

 

Philippe Souaille: 1992 : le premier jour d'un si long siège Où et qui étaient les snippers qui ont tiré sur les manifestants du Pont Vrbanja, début 92 à Sarajevo ? La question n'est pas que théorique. C'est un parfait exemple de ces actions précises, dues souvent à l'intervention des services secrets, qui peuvent faire basculer une situation dans un sens ou dans l'autre.

 

Pascal Holenweg: L'Opéra en débat (...) Genève doit-elle continuer à avoir un opéra ? cet opéra doit-il être public ou privé ? municipal ou cantonal ? gouverné par une fondation ou en gestion directe par la Ville ? Et à ces quatre questions, il convient encore d'en ajouter une cinquième : quels rapports, quel équilibre dans les moyens accordés peut-on établir entre une institution "centrale", lourde, coûteuse (il n'y a pas d'opéra "bon marché") comme le Grand Théâtre et les acteurs culturels genevois les plus nouveaux, les plus fragiles -et les plus innovants ? Tant qu'on n'aura pas répondu clairement à ces questions et qu'on n'aura pas pris les décisions qui découlent de nos réponses, nous aurons, année après année, au Conseil municipal et sur la place publique, les discussions, les polémiques, les doutes, que nous avons depuis vingt ans. Nous finirons toujours par voter l'octroi au Grand Théâtre des ressources dont il a besoin. Mais par conviction, par adhésion au projet culturel et artistique de sa direction, ou seulement parce qu'il est, comme les grandes banques suisses auz temps de la crise des subrimes, "too big to fail (and fall)", trop important pour qu'on le laisse choir ? Le pire service qu'on puisse rendre à l'opéra serait de le soutenir par résignation (...)

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