Jean-Philippe Accart: Genève, la Ville-Monde

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burrin.jpgJean-Philippe Accart: Genève, la Ville-Monde

Pierre Kunz: Comment les Etats éteindront leurs dettes colossales

Adrien Faure: L’égalitarisme des opportunités

Pascal Décaillet: Macron n'a de jeune que son âge

Didier Bonny: La haine n’est pas une opinion

Jean-Philippe Accart: Genève, la Ville-Monde Philippe Burrin, personnalité de la Genève internationale, laisse sa place de directeur de l'IHEID et livre, dans son discours de départ, sa vision de Genève comme ville-monde. On peut trouver son discours in extenso sur le site d'Heidi News et c'est passionnant ! Il débute son propos en citant Dostoïevski, un temps résidant genevois et qui en dresse un portrait pour le moins contrasté où l'on reconnait assez peu la Genève actuelle. L'arrivée de la Société des Nations (SDN) change bien évidemment ce portrait et insère Genève - et la Suisse ! - dans le concert des nations après la 1ere Guerre mondiale, ce qui ne s'est pas démenti depuis. P. Burrin cite à bon escient l'influence de Paul Otlet, père de la documentation et universaliste de renom, voyant dans Genève, la future capitale du monde (la Cité mondiale). Ce projet n'aboutit pas, mais après 1950, l'ONU installe son agence européenne, et 184 organisations internationales voient le jour, occupant quelque 25 000 fonctionnaires internationaux… (...)

 

Pierre Kunz: Comment les Etats éteindront leurs dettes colossales Jusqu’au milieu du 20ème siècle, nous dit Piketty dans son dernier ouvrage (*), les Etats s’endettaient pour faire la guerre. Depuis, ils accumulent les dettes pour faire face aux dépenses de l’Etat-providence (éducation, santé, social). Un jour, dans les deux cas, se posa, se posera, la question du remboursement de ces dettes. (...) Il est rare qu’un pays se déclare en faillite. Le dernier cas recensé est celui de la France révolutionnaire qui a décrété, en 1797, qu’elle ne reconnaissait plus qu’un tiers des dettes qu’avait accumulées l’Ancien régime. (...) Pour « solder le passé et construire la justice" », comme l’écrit Piketty, rien ne vaut le prélèvement fiscal « exceptionnel ». (...) Les 19 pays de la zone euro ont aujourd’hui accumulé une dette de près de 10'000 milliards d’euros, soit l’équivalent de 85 % de leur PIB cumulé, avec quelques « champions » tels l’Italie (132 % du PIB national), le Portugal (121 %), la France (100 %), la Belgique (102 %). Sachant qu’aucun de ces pays ne pourra, à cause de la monnaie unique, utiliser la dévaluation monétaire ou la banqueroute pour améliorer sa situation, sachant aussi que tous les efforts de la BCE visant à créer de l’inflation sont restés vains, et probablement le demeureront, on se rend compte que, leurs gouvernements ne disposent plus que de deux solutions pour régler leur problème avant l’effondrement : (...)

 

Adrien Faure: L’égalitarisme des opportunités L’égalitarisme des opportunités prône une égalisation, plus ou moins complète, des opportunités (des chances) entre les individus. Une telle position implique des transferts de ressources de ceux dotés de davantage d’opportunités (ou considérés comme tels) vers ceux en ayant moins (ou considérés comme tels). Ces transferts peuvent être directs, par transferts de sommes pécuniaires entre individus, ou indirects, à travers le financement de services étatiques en faveur de ceux ayant moins d’opportunités. De prime abord, on pourrait être tenté de se demander quel est le lien exact entre pauvreté et égalisation des opportunités. Ce lien réside probablement dans l’hypothèse qu’une plus grande égalité des opportunités pourrait permettre de prévenir l’apparition de la pauvreté. En effet, si tout le monde commence sa vie avec les mêmes opportunités, avec des opportunités égales, cela semble impliquer que tout le monde aura une sorte de socle minimum d’opportunités. Toutefois, ceci ne nous dit rien sur la composition de ce socle minimum d’opportunités garanti à tous également. De plus, un tel socle minimum égal ne signifie pas la réalisation de l’égalité des opportunités en tant que telle : du fait des différences naturelles entre les individus, il est impossible de l’atteindre (du moins dans le cadre des moyens de la technologie actuelle, mais le transhumanisme pourrait peut-être changer la donne sur ce point). (...)

 

Pascal Décaillet: Macron n'a de jeune que son âge "Cinq ans de répit pour l'Ancien Monde", titrais-je, ici même, à la minute de l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017. Je qualifiais d'archaïque un homme jeune, dynamique, intelligent, qui venait de mener une campagne d'enfer, bousculant toute la classe politique française. Paradoxe ? Non, pas du tout. Macron n'a de jeune que son âge. En réalité, il était, en ce printemps 2017, le candidat d'un ordre libéral, qui, partout en Europe, s'effondre. (...) Alors, quoi ? Alors, Macron a rendez-vous avec 2022. Là, il aura face à lui la grande coalition des colères. Classes moyennes, étouffées. Citoyens, citoyennes, jamais écoutés. Paysans, moribonds. Petits artisans, méprisés. Travailleurs pauvres, sans avenir. Patriotes, attachés à la nation, ennemis de toute délégation à un empire. Souverainistes, pour qui la fierté nationale a encore un sens. Cette France-là, face à lui, il faudra la juger sur son résultat chiffré, en valeur absolue. (...)

 

Didier Bonny: La haine n’est pas une opinion La Suisse a été reléguée cette année de la 22ème à la 27ème place (sur 49) dans le classement annuel des pays européens en matière de droits LGBT. Ce classement peu flatteur est dû, notamment, au fait que le mariage civil pour toutes et tous n’existe toujours pas en Suisse et que les personnes LGBT ne sont pas protégées par la loi contre les discriminations et les crimes de haine. Concernant ce dernier point, la Suisse pourra rattraper en partie son retard si la norme pénale antiraciste est étendue aux actes homophobes lors de la votation du 9 février prochain. Depuis 1995, l’article 261bis du Code pénal protège certains groupes de la population contre les appels publics à la haine et à la discrimination, mais uniquement sur la base de leur religion, de leur race ou de leur ethnie. Il protège des populations qui sont régulièrement la cible de diffamation et de dévalorisation de leur dignité humaine. Cela concerne de toute évidence également les personnes gays, lesbiennes et bisexuelles. (...)

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