André Naef: Menaces sur l'universalité du football

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football fc compesieres enfants.jpgAndré Naef: Menaces sur l'universalité du football

Charly Schwarz: Sommes-nous victime de la concordance ?

Jean-Noël Cuénod: Retraites en France et colères planétaires

Edmée Cuttat: ”Docteur?” met laborieusement face à face Michel Blanc et Hakim Jemili

Pascal Décaillet: Ah, le magnifique préavis !

Maurice-Ruben Hayoun: Ali Benmakhlouf, La conversation comme manière de vivre

Philippe Souaille: La main de l'Iran derrière le chaos ayant suivi le 11/09 ?

André Naef: Menaces sur l'universalité du football Le football est un jeu universel parce que ses règles sont simples, tout profane pouvant les assimiler en cinq minutes. Mais cette universalité est aujourd'hui sous une double menace: le recours abusif à la VAR (vidéo) et l'égoïsme des prétendus super-clubs qui veulent créer une ligue fermée, sur l'exemple nord-américain, excluant les pays moins favorisés de toute compétition européenne. "Le recours à la VAR, c'est de la m..." affirme Michel Piatini. En termes plus polis, je partage entièrement l'opinion de l'ancien Ballon d'or et président de l'UEFA. A la différence d'autres sports d'équipes comme le basket ou le hockey, le football propose une action continue sans interruption chronométrique, l'arbitre étant seul juge du temps supplémentaire à l'issue des 90 minutes réglementaires. Mais c'est cette continuité que la VAR brise par des pauses intempestives pendant lesquelles le trio arbitral, le préposé au tableau d'affichage, les joueurs et les spectateurs attendent la décision d'un lointain prétoire assis devant un écran de télévision. (...) L'autre menace est la proposition d'une Ligue européenne fermée, relancée par Florentino Pérez, le mégalomane président du Real Madrid, avec le soutien de son homologue de la FIFA, le non moins mégalomane Gianni Infantino. (...)

 

Charly Schwarz: Sommes-nous victime de la concordance ? La démocratie de concordance est tout à la fois la cause et la conséquence de la faiblesse idéologique des partis et de leur capacité réduite de mobilisation. Elle favorise des institutions et des pratiques et des ententes néo-corporatistes; elle est responsable de l'abstentionnisme et d'un certain immobilisme politique. Dans un système nécessitant un large soutien, la seule opposition durable est celle de partis non associés au pouvoir. Aujourd’hui, quand les partis négligent un problème urgent, celui-ci tend à provoquer la création de mouvements civiques d'opposition, de partis spécialement formés pour l'occasion, voire de courants dissidents au sein des partis gouvernementaux. Sommes-nous victime de la partitocrasie .

 

Jean-Noël Cuénod: Retraites en France et colères planétaires (...) De la foisonnante diversité des situations, il est possible de dégager un humus commun composté par le capitalisme financier qui a utilisé comme engrais principal l’ultralibéralisme destructeur des services sociaux. But évident : faire entrer dans la sphère du profit des activités qui jusqu’alors en étaient préservées, comme la santé, la retraite, les transports en commun, les énergies. Si les syndicats français se montrent si opposés à la réforme de Macron, c’est qu’ils suspectent le président français d’offrir une large part du secteur des retraites aux assureurs privés. (...) Il est vrai que l’on n’a encore rien trouvé de mieux que les Etats-nations pour faire croître la démocratie. Hélas, ils doivent faire face aujourd’hui à des Empires de toutes sortes, dont le plus efficace a pour nom GAFAM. Il déstabilise les fondements des Etats-nations, notamment par son optimisation fiscale sauvage et par sa gestion des «résociaux» dont les algorithmes imposent insidieusement la pensée unique pour mieux vendre l’idéologie ultralibérale. Adversaire sans visage et sans armée. Redoutable parce que sans visage et sans armée car ce ne sont pas les corps qu’il soumet mais les consciences. L’Histoire ne manque pas d’humour. C’est pour lutter contre cet Empire que les Etats-nations devraient se coordonner et s’organiser en une forme d’Empire. S’ils veulent rester eux-mêmes, les Etats-nations ne peuvent plus jouer en solo.

 

Edmée Cuttat: ”Docteur?” met laborieusement face à face Michel Blanc et Hakim Jemili (...) Tristan Séguéla met ainsi en scène Michel Blanc en praticien grincheux, dépressif, plus ou moins misanthrope, au bout du rouleau et le jeune youtubeur Hakim Jemili, qui fait ses premiers pas sur grand écran dans le rôle d’un garçon aussi maladroit qu'emmerdeur. Si le réalisateur avait vaguement dans l’idée de reproduire le tandem Lino Ventura-Jacques Brel, c’est raté. Entre confrontation de générations et plate tentative de critique d’ubérisation tous azimuts, le réalisateur propose une grosse farce convenue qui se veut cynique mais se traîne. (...)

 

Pascal Décaillet: Ah, le magnifique préavis ! Déposé par les principaux syndicats français, le préavis de grève pour le jour même de l'entrée en fonction du CEVA est extraordinairement révélateur. Il est plus éloquent que tous les discours. Ce qu'il démontre avec éclat, c'est la pertinence de la frontière entre la Suisse et la France. Nos deux pays sont amis, certes, mais tellement différents dans leurs cultures politiques et sociales ! Jamais, en Suisse, tout au moins depuis novembre 1918, un syndicat ne se serait permis une telle déclaration de guerre : faire la grève le jour même où un projet annoncé comme majeur, historique, par les deux nations concernées, voit le jour. (...) La frontière est profonde, historiquement ancrée. Les apôtres du Grand Genève, et du transfrontalier, subissent avec ce préavis une défaite cinglante. On fonde une politique sur des réalités, la frontière en est une. Et non sur des chimères.

 

Maurice-Ruben Hayoun: Ali Benmakhlouf, La conversation comme manière de vivre Avec la permission de l’auteur, mon collègue philosophe, j’aurais remplacé le terme manière par le terme art. En fait, la conversation est conçue comme un art de vivre, d’apprendre, de se former et d’aimer autrui puisque ses promoteurs l’ont vécue ainsi, à savoir comme une façon de se rapprocher des autres même en leur absence, même après leur décès, de partager leur sentiment grâce à leurs publications lesquelles sont toujours bien mieux ressenties de l’intérieur quand on sent (ou croit entendre) la voix de l’auteur qui devient orateur. Le texte qui illustre tous les chapitres de ce beau petit livre, les irrigue et les nourrit littéralement n’est autre que les Essais de Montaigne qui semble très cher au cœur de l’auteur de cet ouvrage. Certes, d’autres textes sont assez récurrents comme Les aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll ; cependant, la palme revient incontestablement à Montaigne , présent d’un bout à l’autre de cet ouvrage. Et dans les derniers chapitres Ludwig Wittgenstein. (...)

 

Philippe Souaille: La main de l'Iran derrière le chaos ayant suivi le 11/09 ? Du rôle essentiel de l'agent iranien Chalabi dans la décision d'attaquer Saddam Hussein à celui potentiel de l'émir blanc (et syrien) dans l'explosion d'AZF à Toulouse, en passant par le ralliement implicite de Ben Laden à la Syrie et à l'Iran, c'est une toute autre carte du conflit au Moyen orient (et des attentats en occident qui lui sont liés) qui se dessine quand on soulève les coins du tapis.

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