Pierre Béguin: L'ogre Matzneff

Imprimer

springora matzeff.jpgPierre Béguin: L'ogre Matzneff

Eric Bertinat: Renforcer l'article 261 bis est inutile et dangereux

Jean.- S. Gowrié: Waooo, l'Iran a ”riposté”

Pascal Holenweg: Réveil de la gauche française ?

Jean-Noël Cuénod: La social-écologie contre le risque écofasciste

Pascal Décaillet: Les manifestants professionnels

Marian Stepczynski: La face cachée de la Lune

JF Mabut: C'est quoi le bio?

Pierre Béguin: L'ogre Matzneff (...) Oui, il faut savoir pourquoi, en ce temps-là, certains, comme Matzneff, ont pu prendre leurs propres pulsions pour celles des enfants et les faire passer pour des histoires d’amour, pourquoi, avant les années 90, homosexualité et pédophilie se tenaient fièrement côte à côte, pourquoi des idéologies dites «progressistes» ont pu imposer une telle accoutumance à l’intolérable, au point que des propos maintenant aussi évidents que ceux tenus alors à Apostrophe par Denise Bombardier passent pour des outrances conservatrices inadmissibles. C’est la grande lessive de la culpabilité. En ce sens, le cas Matzneff pourrait être le prologue d’une longue série. Personnellement, je parierai sur le contraire: devant l’énormité de la boîte de Pandore qu’on s’apprête à ouvrir, des noms célèbres qu’on devrait salir, de la culpabilité face au consentement de ses acteurs et des dangers inhérents à une chasse aux sorcières, je gage qu’on se contentera d’en faire un exemple suffisant pour se donner bonne conscience mais dont on ne reparlera plus guère dans quelques mois. Tout le monde n’a pas le courage de Denise Bombardier… Ce qui m’interpelle davantage encore, c’est ce constat: chaque époque juge la précédente avec la condescendance ou le mépris que l’on accorde à des temps révolus, et l’on s’étonne que les outrances d’alors, les délires, voire les crimes, tout ce qu’on cataloguait avantageusement sous l’étiquette «progressiste», n’aient rencontré, de la part de contemporains, que soutien ou consentement. Les idéologies des années 70 – 80 ont enfanté des libertés extraordinaires en même temps que des monstres intolérables. (...)

 

Eric Bertinat: Renforcer l'article 261 bis est inutile et dangereux (...) Cette modification de loi pénale est inutile parce que l’arsenal répressif déjà existant suffit à punir des actes répréhensibles à l’égard de toute personne ou groupes quels qu’ils soient. Nous vivons au sein d’une société très tolérante envers ce genre de comportement qui n’a jamais été autant accepté. Pourquoi inventer une norme comme si ce n’était pas le cas ? Nous la jugeons inutile et dangereuse. Elle est dangereuse parce qu’attentatoire à la liberté d’expression d’une personne ou d’une institution, y compris religieuse. Les lobbies LGBT sont d’une extrême violence contre tous ceux qui ne partagent par leurs comportements. Le 26 novembre 2019, la résolution de propagande intitulée «Discrimination publique et discours de haine à l’égard des personnes LGBTI» a été acceptée par le Parlement européen. Bien que ce texte n’ait pas force de loi, il s’agit de recommandations, il est clair que ce texte exige des sanctions financières contre les récalcitrants, y compris ceux qui n’acceptent pas la propagande LGBT à l’école. Dans les faits, cette résolution va même plus loin encore : ne pas participer à la propagande LGBT est en soi discriminatoire et attaque les «droits» LGBT. (...)

 

Jean.- S. Gowrié: Waooo, l'Iran a ”riposté” (...) Ce qui est drôle dans tout cela et que nous découvrirons comme par magie dans quelques jours, lorsque les spécialistes des falafels reviendront nous l'expliquer, c'est la "facilité" extraordinaire avec laquelle tout cela s'est passé. L'Iran tire des dizaines de missiles, comme cela, sans autre, sur des bases militaires américaines en Irak et Trump qui se contente de Twitter : "jusqu'à maintenant, tout est OK". Alors voilà, trêve de suspens (je n'ai pas crû un instant qu'il y en avait). Cela fait quatre jours que les négociations triparties (USA, Iran et Russie, peut-être avec la Chine, un peu) ont lieu pour mettre en place les modalités de cette "riposte". "Nous avons tué votre général, vous tirerez quelques missiles sur nos bases sans qu'aucun de nos soldats ne soit tué ou blessé et nous ferons des déclarations d'apaisement mutuelles. Restent les spécialistes des falafels qui n'ont même pas remarqué que l'armée la plus puissante du monde, dotée de la technologie la plus sophistiquée et la plus effrayante de l'Histoire, capable de traquer depuis ses satellites un général iranien en train de pisser et le zigouiller d'un tir de missile, n'ait pas été capable ni de voir ces missiles iraniens ni d'en intercepter et descendre aucun. A combien s'élève la redevance télé...déjà ?

 

Pascal Holenweg: Réveil de la gauche française ? Dans un entretien au "Matin Dimanche", Thomas Piketty résume le soubassement social du pouvoir en place en France : il "regroupe les plus diplômés issus de l'ancienne gauche et les plus riches en patrimoine issue de la droite classique, c'est une façon de dire : on s'arrange entre nous et ces classes populaires qui votent Le Pen depuis vingt ans... elles nous emmerdent !". L'historien Gérard Noiriel note de son côté que dans son livre-programme "Revolution", Emmanuel Macron n'utilise jamais, ou presque, le mot "ouvrier" : "pour lui, le peuple se confond avec la classe moyenne". Autrement dit, le peuple n'existe pas. (...) La première vertu de la grève "pour les retraites" est de remettre le conflit politique fondateur sur ses pieds -ce que le mouvement des "gilets jaunes" avait été incapable de faire, pas plus que n'en est capable la gauche politique, du PS aux "Insoumis" en passant par les Verts et les organisations de la gauche révolutionnaire : le mouvement d'opposition à la réforme du système de retraite est porté par les syndicats -et aucun syndicat français n'a plus de courroie de transmission politique "naturelle" : le PS est trop affaibli pour être efficace, le PC n'est plus qu'une force marginale et les "Insoumis" sont sans cohérence. Le mouvement social dont la France est actuellement le théâtre est donc porté par les syndicats (...) Toute lutte, même éphémère, parcellaire, ponctuelle, même égoïste, est une victoire sur l’apathie collective. Encore faut-il désigner, sans se tromper, l’adversaire (...) Les syndicats français devraient relire Bourdieu.

 

Jean-Noël Cuénod: La social-écologie contre le risque écofasciste (...) Que la surface équivalente à celle de l’Irlande soit réduite en cendres, que 25 personnes aient péri dans les flammes, de même qu’un milliard d’animaux, cela n’entame pas la politique énergétique incarnée par le gouvernement libéral australien, à savoir le soutien inconditionnel à l’industrie la plus polluante de toutes : le charbon. Fin décembre dernier, Morrison le martelait devant les caméras de Channel 9 : « Nous n'allons pas nous engager dans des objectifs irresponsables, destructeurs d'emplois et nuisibles à l'économie. » Il faut croire que cette catastrophe – qui est encore loin d’être achevée – ne nuit en rien à l’économie ! Des Scott Morrison, il y en a plein parmi les dirigeants de cette planète. Certains encore plus caricaturaux, d’autres plus malins. Mais frappés de cratopathie[1], englués dans les intérêts particuliers dont ils sont porteurs, tous démontrent leur incapacité foncière à comprendre les enjeux de ce bouleversement climatique qui affectera tous les secteurs de la vie collective. Un jour ou l’autre, leur incurie deviendra vraiment insupportable pour des peuples qui verront leur vie même mise en danger à brève échéance. (...)

 

Pascal Décaillet: Les manifestants professionnels (...) A Genève aussi, nous avons nos manifestants professionnels. Ils ne sont pas les défenseurs d’une seule cause, mais de toutes, pourvu qu’ils puissent descendre dans la rue, provoquer bruit et fureur, se donner l’illusion des barricades de 1830 ou 1848, voire – suprême frisson genevois - du 9 novembre 1932. Ils ne manifestent pas pour un objet précis, non, ils assument leur destin de manifestants éternels, comme si cette fonction relevait de la naissance, d’une nature, de prédispositions génétiques : je manifeste, donc je suis. Le manifestant professionnel se trouve être, dans 99 % des cas, une personne de gauche. C’est ainsi : la droite, à Genève comme en France, a un peu perdu le contact avec la rue, depuis 1945. (...)

 

Marian Stepczynski: La face cachée de la Lune (...) Outre le déficit de main-d’œuvre, il va se produire, moins remarqué pour l’heure mais cela va venir, un écart béant entre qualifications nouvelles et anciennes. Car la transition démographique coïncide avec un bouleversement complet des outils et des procédures (l’automation, l’intelligence artificielle, etc.) (...). Il n’est pas compliqué d’en tirer les conséquences pour le marché du travail : des salaires en forte hausse récompensant les heureux, mais trop rares, détenteurs des nouveaux savoirs, un chômage accru et durable pour les malchanceux titulaires, hélas nombreux, de formations totalement déclassées. L’urgence est donc du côté des filières de formation (...) Pour remédier à ce déficit de compétences et corriger cet autre travers typiquement helvétique qu’est l’insuffisance de concurrence sur le marché domestique, à défaut de quoi une trop faible productivité continuera de peser sur la croissance, il faudra aussi, conclut l’Organisation, faciliter l’immigration de travailleurs hautement qualifiés y compris en provenance de pays extra-européens. Perspective taboue ! Mais sans croissance, comment voulez-vous financer les retraites ?

 

JF Mabut: C'est quoi le bio? Je suis tombé ce matin sur le site Un jour une actu, un chouette site destiné aux jeunes, édité par Milan qui appartient au Groupe Bayard, un groupe catho bien sous tout rapport. Et j'ai regardé cette vidéo: C'est quoi le bio? Une minute quarante-deux top chrono. C'est simplement expliqué, Mais c'est une fake news. J'ai donc pris ma plus belle plume pour écrire mon point de vue. Tout en me demandant, si la diffusion d'une fake news faisait partie de la liberté d'expression? Bonjour, A regarder votre vidéo du jour, on s'interroge: pourquoi tous les paysans du monde et tous les industriels ne produisent-ils pas bio? (...) Certes l'abus de pesticide peut nuire à la santé comme l'abus d'alcool, de gras ou de sucre. Cependant tant que la technique ne nous a pas donné de nouveaux moyens de lutte contre les nuisibles, comme des robots sarcleurs ou des antagonistes ogm ou encore des cultures ogm capables de se protéger des ravageurs, l'emploi raisonné et contrôlé des moyens chimiques est acceptable. (...)

Les commentaires sont fermés.