Didier Bonny: « 1917 » : époustouflant

Imprimer

1917.jpgDidier Bonny: « 1917 » : époustouflant

John Goetelen: Océan Atlantique : plus 30 cm en trois siècles

Claude Bonard: Némésis mène le bal

Jean-Philippe Accart: Jeunes auteurs romands, à vos plumes !

Bruno Hubacher: Pouvoir médiatique

Pascal Holenweg: Un chèque en blanc de six milliards

Pascal Décaillet: J'aurais voulu être cantatrice

JF Mabut: l'air des Genevois

Maurice-Ruben Hayoun: Autour des origines de Moïse

Didier Bonny: « 1917 » : époustouflant Pour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. » Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. (...)

 

John Goetelen: Océan Atlantique : plus 30 cm en trois siècles On le sait grâce aux mesures réalisées à Brest depuis 1679, sur des échelles de marées. Ces mesures ont été consignées dans des registres jusqu’à l’apparition du marégraphe en 1846. (...) Le XIXe siècle est assez stable avec toutefois des périodes de baisse de niveau. De 1906 à 1913, en 7 ans, l’océan monte de 15 cm, soit 2 centimètres par an. Sur un siècle à ce rythme cela ferait 1 mètre. Mais les variations reprennent. Avec un étrange pic entre 1963 et 1966, en plein refroidissement: une élévation de 13 cm en trois ans, soit 45 mm par an. Ces variations brusques et amples font partie d’une variabilité non encore entièrement expliquée. On voit aussi une tendance à l’élévation entre 1980 et 2000, qui correspond aux deux décennies de poussée chaude. La courbe fléchit ensuite pendant la période de la pause du réchauffement, jusqu’au très intense El Niño de 2015-2016. (...) Plusieurs études montrent que le niveau des océans s’est élevé beaucoup plus rapidement par le passé. L’élévation des océans à la fin de l’ère glaciaire (image 3) avait de quoi impressionner: pendant des siècles il s’est élevé à une vitesse variant entre 1,20 et 4,60 mètres par siècle! Les villages côtiers devaient être engloutis plusieurs fois par siècle. (...)

 

Claude Bonard: Némésis mène le bal Dans la mythologie grecque, la déesse Némésis était la déesse de la vengeance. Elle était redoutée car elle débusquait ce qu'elle considérait comme des excès et renvoyait alors les contrevenants à la justice des dieux. Nous avons tous en tête un exemple de ce type de réaction qui nous conduit à nous débarrasser d'un problème en agissant abruptement, sans avoir mesuré toute la conséquence de nos actes. Pour ne pas être perturbés par l'angoisse ou le doute, on fonce et l'on va dans le mur. On pense avoir chassé le problème qui nous irritait. Erreur, il est toujours là, mais hors de notre champ de vision. Et les suites de cette fuite en avant se révèlent presque toujours catastrophiques. L'Histoire nous en donne de multiples exemples. S'agissant de certains pays – par exemple en Europe centrale (...)

 

Jean-Philippe Accart: Jeunes auteurs romands, à vos plumes ! La Fondation pour l’Ecrit du Salon du Livre de Genève propose un programme en vue d'encourager les jeunes auteurs romands et leur apporter un soutien dans l'écriture. Il s'agit du programme "De l'écriture à la promotion", comportant une formation pratique - gratuite - avec des ateliers au nombre de 5, des rencontres, la présence à différents salons du livre (Sion, Genève). Dans ces ateliers, sont traités la communication orale et numérique, les techniques de narration (non fictionnelle), l'écrit en rapport avec d'autres formes artistiques. Assurer la relève de la littérature suisse romande apparaît comme un enjeu important à l'heure actuelle, et cette initiative est à relever. (...)

 

Bruno Hubacher: Pouvoir médiatique (...) Voilà comment Mathias Döpfner, président d’Axel Springer, définit la liberté. • Nous nous engageons pour la liberté, la démocratie, l’état de droit dans une Europe unie. • Nous soutenons le peuple juif et le droit d’existence de l’état d’Israël. • Nous manifestons notre solidarité avec les Etats-Unis d’Amérique en tant que communauté de valeurs libérales. • Nous nous engageons pour une économie sociale de marché. • Nous réfutons tout extrémisme religieux et politique. Il serait intéressant de savoir si les collaborateurs du groupe de presse suisse « Ringier » sont également appelés à signer la « charte Springer » , puisque les deux groupes de presse sont étroitement liée à travers une joint-venture à parts égales, établie dans le but de créer des synergies entre les titres suisses, tels que « Le Temps », « L’illustré », « PME Magazine », « Edelweiss », « TV8 », et « Schweizer Illustrierte », à l’exception du pendant suisse de l’allemand « Bild Zeitung » le groupe zurichois « Blick », d’un côté, et leurs frères allemands de l’autre. (...)

 

Pascal Holenweg: Un chèque en blanc de six milliards (...) De toute façon, les menaces réelles ne sont pas de celles auxquelles peuvent parer une aviation militaire : que peut un avion de combat contre un hacker, un réseau terroriste ou une catastrophe naturelle ? Et a-t-on besoin d'un Rafale, d'un Eurofighter ou d'un F-35 pour intercepter un drone ? Sans doute la Suisse a-t-elle besoin d'une "police aérienne" surveillant son espace en temps de paix (pour protéger la population, pas le Forum de Davos) -mais sa flotte actuelle y suffit pour encore vingt ans, avec une défense anti-aérienne sol-air qui sera certainement toujours bien plus efficace pour "protéger la population" qu'une vingtaine d'avions de combat, même du dernier cri. Après tout, peut-être bien que ce sont moins les avions de combat que le Conseil fédéral veut acheter que les "compensations" que l'avionneur choisi devra accorder à l'industrie suisse (alémanique surtout, notent les socialistes et les gouvernements romands), ou qui résulteront de l'entretien des appareils achetés. Avec tout ce que cela peut comporter... disons de petits arrangements (...)

 

Pascal Décaillet: J'aurais voulu être cantatrice (...) Je ne suis pas philosophe. Je m'intéresse au langage, à la musique, à l'Histoire. Ma passion pour le verbe est physique, elle est corporelle, elle passe par la voix, comme il sied à un homme de radio. Lorsque j'écris, je dis tout haut ce que je couche sur le texte, donc en vérité je n'écris jamais : je parle, je me dicte à moi-même les mots. Dès lors, le verbe reprend le sens qui en français lui est le plus courant : le principe actif de la phrase, celui qui donne le sens, définit l'action. (...) La question centrale est celle du verbe. J'y pensais hier soir en écoutant Renata Tebaldi, l'autre géante. Lorsque, transfigurée par le chant, la parole est à ce point physique, littéralement incorporée, lorsque toute notre carcasse périssable sert de caisse de résonance à une partition, alors il n'y a plus ni verbe, ni notes, ni sons, ni soupirs. Il y a juste l'un des plus saisissants accomplissements humains : s'oublier soi-même, se fondre dans la musique. Devenir soi-même l'instrument, l'outil, l'organon. J'aurais voulu être cantatrice.

 

JF Mabut: l'air des Genevois (...) Mais voyons maintenant ce qu'il en est de cette pollution de l'air. Là aussi, l'autorité et les médias qui suivent sans trop d'esprit critique nous mènent en bateau. Il suffit de questionner le service officiel pour se rendre compte que ce matin 24 janvier, aucune limite fixée par l'Opair n'a été dépassée. Même topo ces dix derniers jours (cliquer l'image ouvrant ce billet pour l'agrandir). Le "pic", inférieur à la cote d'alerte, était le 22 janvier. Faut-il en déduire que l'alerte a tout de même contribué à sauver des vies humaines le 23 janvier? La pollution de l'air n'a cessé de diminuer à Genève comme l'atteste encore le service de la qualité de l'air du Canton. Certes, la pollution est parfois encore trop élevée et il faut agir. Mais il ne faut pas crier au loup quand le loup n'y est pas. Sans quoi on perd sa crédibilité. Or en ce temps de dégagisme l'autorité est une denrée rare. (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: Autour des origines de Moïse (...) Tout un chacun a entendu parler ou même lu le livre de Sigmund Freud, L’homme Moïse et le monothéisme, qui apporte une touche finale à l’œuvre du fondateur de la psychanalyse Dans cet ouvrage, censé couronné l’œuvre de toute une vie, Freud, ainsi qu’il l’avouera dans l’introduction de la version hébraïque de Totem et tabou, eut des scrupules à priver tout un peuple (le sien propre) de son héros-fondateur, Moïse, en en faisant un fils illégitime d’une princesse égyptienne. Cette dernière se serait commise avec un homme roturier, qui n’était pas de son rang, et, devenue enceinte de ses œuvres, aurait échafaudé toute cette histoire pour aux sanctions et au déshonneur… Cela change tout. (...)

Les commentaires sont fermés.