Tempête sur les blogs de la Tribune (05/01/2012)

Blog 2012 tempete.jpgCe n'est pas Andrea, mais c'est tout de même une dépression. Elle balaye la blogosphère de la Tribune de Genève. Depuis le 1er janvier et le lancement du nouveau site internet www.tdg.ch, des blogueurs ronchonnent: De bleu de bleu, où sont passés les blogs!?

Indignation légitime, mais - avouons-le - un  peu excessive. Une réaction au demeurant banale à Genève, capitale mondiale de la rouspétance. "Conflit de génération, conflit d'intérêt" avance mon confrère PASCAL DECAILLET. Voilà que le liens permanents vers les blogs est relégué sous l'anonyme onglet SERVICES, dans les encarts publicitaires, Tribune immo, Tribune emploi. "Veut-on la mort des blogs", s'inquiètent les plus sensibles!

Non, la Tribune ne veut pas la mort des blogs. Elle les distingue différemment.

Elle leur réserve toujours une place de choix, une place plus sélective, plus exigeante. Un crime? Tout au contraire. N'est-ce pas le rôle des médias que de tirer l'essentiel, le significatif, le pertinent, l'original, le véritablement nouveau du magma informationnel ambiant, du bruit  toujours plus fort des conversations entre amis, de ce qu'Alvin Toffler appelait déjà dans son "Choc du futur" en 1970 la "surcharge d'information"? A l'heure où la toile croûle sous des milliards de messages (Plus de 350 milliards de courriels échangés en 2011), le public est redevable aux médias de faire des choix et de proposer des informations de qualité. Un public qui reste au demeurant toujours libre de chercher son information où bon lui semble et ne s'en prive pas.

Une autre argument pour une distinction accrue des blogs renvoie à la récente recommandation du Conseil suisse de la presse. Dans une décision que nous avons évoquée dans ce blog, le Conseil suisse de la presse pose le principe que les journaux devraient traiter les commentaires publiés sous les articles de leur site internet comme des lettres de lecteur. Un débat controversé qui reste ouvert.

S'agissant des blogs, le Conseil suisse de la presse les distingue clairement. Les blogs ne sont pas des lettres de lecteur. Le CES propose de les assimilés plutôt à des encarts à qui le média propose son lectorat. Le Conseil suisse de la presse a confirmé un fait: Les blogueurs sont entièrement responsables de leur blog y compris des commentaires qu'ils accueillent sous leurs notes. (JFM)

PS: Au fait, merci à tous les blogueurs de manifester leur attachement au forum des blogs de la Tribune.

 

PASCAL DECAILLET Messieurs les Onglets, tirez les premiers ! (…) Par sa diversité, sa réactivité, sa rapidité, son interactivité, cet univers (j'évite le mot plateforme, qui fait prospection pétrolière) est devenu un exceptionnel vecteur de la liberté d'opinion à Genève. Il relègue, bien sûr, les courriers de lecteurs des journaux papier, où il faut des jours avant d'être publié, au paléolithique. Il défriche, précède, invente : c'est ce qui, dès le début de mon expérience, il y a quatre ans, m'avait attiré. Journaliste, j'aime innover, créer de nouvelles émissions, m'adapter aux nouveaux vecteurs que nous offre le génie de la science…. Las ! L'onglet « blogs » a disparu… À la vérité, il y a conflit de générations et conflit d'intérêts.

CATHERINE ARMAND La mort, sa mort, la fascinera pendant des années. (…) "Tu veux essayer?" crie-t-il, hilare, en faisant mine de la pousser. Il voulait plaisanter, juste lui faire peur, la retenir, mais sa main glisse sur la doudoune, et ne retient rien. Les hautes herbes humides et boueuses glissent sous ses bottes en plastique, elle perd l'équilibre, et plonge dans le liquide glacé. (…) Elle est morte, la suite de l'histoire ne la concerne plus. Non, attendez, son coeur bat encore, très lentement. L'hypothermie a envoyé un message de survie à son cerveau affolé, le sang a afflué dans les organes vitaux, abandonnant les extrémités. Elle vit. Se réveille nue dans une baignoire, sous un flot brûlant cette fois. Des mains la frottent, la massent, la giflent. On crie son prénom, mais elle ne reconnaît pas les voix. "Ca suffit avec l'eau, maintenant" est sa première pensée à peine revenue des morts. Elle vit, mais pendant des mois, elle se sent comme un cadavre…

HELENE RICHARD-FAVRE Dallas? Je ne me lancerai, pour l'heure, dans aucune interprétation liée aux modifications apportées à la blogosphère que Pascal Décaillet préfère appeler univers plutôt que plateforme qui évoquerait trop, selon lui, la prospection pétrolière. Et pourtant, cet univers serait-il devenu si impitoyable, qu'on ait estimé bon d'en rendre l'accès plus laborieux?

ERIC BERTINAT Ville de Genève : le Conseil administratif bafoue le municipal Il a été question, durant tout le débat budgétaire, de l'allocation pour enfant qu'offre la Ville de Genève à ses employés. Elle vient coiffer l'allocation familiale en l'augmentant de 50%. Ainsi, pour un enfant jusqu'à 16 ans, le simple citoyen reçoit mensuellement 200F. L'employé de la Ville de Genève, lui, empochera 300F. Or, la nouvelle loi sur les allocations familiales, soutenue au Grand Conseil par l'UDC, est entrée en vigueur à la fin 2011 et, pour reprendre l'exemple ci-dessus, fait passer l'aide financière de 200F à 300F. Pour l'employé de la Ville de Genève, cette même allocation familiale cumulée à l'allocation pour enfant lui permet de recevoir 450F par mois. De nombreux partis représentés au Conseil municipal se sont émus de cet avantage financier, estimant qu'avec les difficultés budgétaires prévisibles, il est était possible de demander un effort (toute proportion gardée!) aux employés de la Ville, la somme de 1,3 million pouvant ainsi diminuer le déficit du budget 2012. Ce débat s'est poursuivi jusqu'au vote final du budget, au petit matin du 13 décembre. Une majorité du Parlement a décidé que cet effort était tout à fait acceptable. Mais quelques jours plus tard, le 21 décembre, une lettre adressée aux membres du personnel de l'administration communale, signée par le directeur ad interim, M. Jacques Moret, les informent que l'allocation pour enfant sera maintenue telle quelle !...

ADRIEN FAURE Les Indigné-e-s : une tentative de réenchanter le monde Alors dans la froideur de ce monde moderne en décomposition morale et idéologique, des groupes d'êtres humains s'élèvent contre l'ordre imposé de cette morne société capitaliste. Ces individus sont le fruit de la modernité, ils n'échappent pas à une certaine intériorisation des normes dominantes. Néanmoins, ils tentent de résister à la déliquescence sociale en cours et occupent l'espace public laissé jusqu'à présent aux derniers rassemblements rituels (et ritualisés) qui incarnent l'ultime lien entre les membres de notre modernité.

ROMAIN DE SAINTE MARIE L'immigration n'est pas un problème en soi. (...) Il apparaît que les maux dont souffre notre société ne sont pas dus à l'immigration mais davantage au libéralisme économique qui place les travailleurs les uns contre les autres au bénéfice des milieux économiques. Fermer nos frontières ne sert donc à rien !

ETIENNE DUMONT L'homme nu de La Redoute est-il si redoutable? Shocking ! La reine Victoria se sentirait chez elle dans notre monde actuel. Les gens se choquent pour un rien. Et en plus, ils adorent ça. Il suffit de « surfer » sur le Net. On n'arrête pas de vous demander si une image vous choque. En clair, on vous prie de vous scandaliser. Il ne faut pas heurter les sensibilités, devenues très chatouilleuses...

HERBERT EHRSAM Les TPG comme la Politique, quelle galère ! A méditer, un texte de, je ne sais pas qui : La pratique : C'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi ! La théorie : C'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne !

MAURICE-RUBEN HAYOUN Kurt Flash : D'Averroès à Maître Eckhart (...) Alors qu'était maître Eckhart ? Un commentateur biblique ? Et dans ce cas il nous faut rechercher les ressorts profonds de son exégèse biblique... Etait-il un théologien puisqu'il portait le titre de maître en théologie et dans ce cas aussi, il faut savoir comment lui-même entendait ce vocable et comment le pratiquait-il ? Ou était-il un philosophe, un peu comme Maimonide que l'auteur allemand du XIV avait étudié à partir d'une traduction latine ? On a laissé le titre de mystique pour la fin car Kurt Flash émet les plus sérieuses réserves quant à l'attribution d'une telle qualité aux œuvres (latines) du maître allemand du XIVe siècle...

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