Edouard Cuendet: Une formidable opportunité pour la Suisse ! (12/02/2021)

Edouard Cuendet: Une formidable opportunité pour la Suisse !  Le 7 mars 2021, les citoyennes et les citoyens suisses seront appelés à se prononcer sur l’Accord conclu en 2018 par notre pays avec l’Indonésie. (...) A l’heure actuelle, les exportations vers l’Indonésie sont composées à 36% de machines et d’appareils électroniques ainsi qu’à 8% d’instruments de précision, de montres et de bijoux. Pour ces secteurs durement touchés par la crise due à la pandémie de Covid-19, les perspectives ouvertes par l’accord avec l’Indonésie sont vitales. Les opposants se focalisent exclusivement sur la question de l’huile de palme. Il convient de replacer cet argument fallacieux dans son contexte. En 2019, la Suisse n’a importé d’Indonésie que 35 tonnes d’huile de palme, qui pourraient être stockées dans moins de deux conteneurs de fret. Cela ne représente que 0,0001% de toute l’huile de palme exportée par l’Indonésie. A cela s’ajoute que les importations d’huile de palme en Suisse ont diminué de près de 25% depuis 2015. (...) 

 

Leila el-Wakil: Une mise à plat de l'histoire de l'architecture et de son enseignement  En faisant remarquer que l'histoire de l'architecture reste le plus souvent inconfortablement détachée du défi central de notre époque qu'est le changement climatique, les organisateurs du colloque Architectural history and Climate emergency pointent un sujet crucial. (...) En étudiant la relation entre les bâtiments et l'énergie, mais aussi la contribution de l'industrie du bâtiment à la déforestation, la destruction des écosystèmes et la pollution généralisée liée à l'approvisionnement en matières premières (bois, sable, exploitation minière de composants métalliques, ...) qui participent au changement climatique catastrophique, l'histoire de l'architecture peut retrouver une place centrale crédible dans le débat et la pratique architecturale. Ainsi repensée elle pourrait contribuer de manière significative à la résolution de la dépendance aux combustibles fossiles et à la crise de la biodiversité qui menace la poursuite de la vie sur Terre. (...) 


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Patrick Dimier: Lettre ouverte au Conseil fédéral  (...) Il est devenu patent que votre illustre collège, construit et équipé pour les temps calmes et les mers paisibles, a totalement oublié que la première des armes en situation sanitaire délicate, est de promouvoir une prévention intensive et à large échelle. Non pas pilotée par la chimie, mais par le principe de précaution. A commencer par des règles alimentaires qui permettent au système immunitaire d’être au mieux pour pouvoir, en cas de besoin, affronter la maladie en étant au meilleur de sa forme. Cette promotion préventive est, depuis bientôt un an, totalement absente du message gouvernemental. Or adopter cette stratégie éviterait certainement des fermetures dont la majeure partie est superflue. Il est évidemment plus simple de s’abriter sous le parapluie confortable de ce que d’aucuns appellent la science. Du point de vue démocratique, le principal problème est que cette cohorte de « spécialistes » n’est pas élue. Or dans une démocratie telle que la nôtre, la légitimité de l’action passe inévitablement par les urnes. A défaut, nous entrons dans un système de gouvernement qui n’est pas démocratique, mais autocratique. En conclusion (...) 

 

Valentin Dujoux: Le parking Clé-de-Rive, ”cadeau gigantesque”  “Un cadeau ça ne se refuse pas”, c’est aussi le message des promoteurs. En général, en marketing, on entend plutôt que ‘quand c’est gratuit, c’est que le client est le produit’. Il y a donc plus valorisant pour les habitantes et habitants de la deuxième ville de Suisse. Pire, cette gratuité n’existe pas! Ce projet de parking est le fruit d’un partenariat public-privé. Il n’y a donc aucun altruisme ou action philanthrope derrière cette opération qui reste, et demeure, un projet lucratif financièrement. Aucun investisseur sensé ne s’y aventurerait autrement. Et cet engagement est contraignant puisqu’il durera 65 années … soit jusqu’en 2086 ! Cette année-là, j’irai sur mes 93 printemps.  Je pense - et espère - qu’à cette époque, nous aurons (enfin!) toutes et tous pris conscience de l’urgence de repenser et pacifier notre centre-ville. (...)  A l’heure de l’urgence climatique et des (r)évolutions en termes de mobilité, ce parking privé ne répond pas à un besoin. Plus encore, les habitant.e.s de la Ville soutiennent largement une nouvelle mobilité, plus ambitieuse : ils l’ont prouvé avec 67,7% de OUI à la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (donnant la priorité à la mobilité douce en centre-ville) en 2016, et 61% de OUI à la suppression de 4’000 places de stationnement en 2020. (...) 

 

Maurice-Ruben Hayoun:  Gilles Kepel, Sortir du chaos  (...) L’arrivée d’un leader démocrate à la Maison Blanche laisse planer quelques inquiétudes sur la place qu’occupera l’Arabie dans le groupe des alliés US au Moyen Orient. Et il semblerait, à moins que tout ne trompe, que les USA ne veuillent plus couvrir des pratiques heurtant leurs convictions profondes. Le jeune MBS devrait faire attention, le nouvel hôte de la Maison Blanche ne lui passera pas tous ses caprices. Le danger iranien n’excuse pas tout. Quant à Israël, sa position est autrement plus forte, surtout après le ralliement de tant de pays arabo-musulmans. Une ère nouvelle commence. Et ce livre de Gilles Kepel nous aide grandement à la mieux comprendre.

 

Pascal Holenweg: Transition écologique et transition sociale, indissociables  (...) En proportion de leurs revenus, les ménages les plus pauvres sont plus émetteurs de carbone que les ménages les plus aisés. Et sont plus nombreux. Une taxe carbone à taux fixe serait donc en réalité régressive (comme l'est la TVA) : plus les revenus sont bas, plus la part qui y est consacrée a la consommation nécessaire d'énergie (pour le chauffage, la réfrigération, les déplacements) est élevée, et donc plus une taxe sur cette consommation sera lourde pour le consommateur. Un millionnaire ne le verra même pas passer, un travailleur pauvre la verra réduire encore un revenu déjà insuffisant. De plus, des taxes indistinctes sur les carburants frappent celles et ceux qui n'ont ni les moyens d'échanger leur vieille bagnole à essence ou diesel contre une électrique, et ceux (qui sont souvent les mêmes) qui habitent des "territoires" où les transports publics ont été démantelés. Il vaut dès lors mieux taxer les véhicules automobiles au poids ou à la valeur : ainsi la taxe reposerait-elle sur ceux qui ont les moyens de se payer des SUV ou des modèles haut-de-gamme. C'est à un choix de société que nous sommes conviés (reste à savoir si nous y sommes prêts...) : abandonner le dogme de la croissance, partager le travail et en réduire le temps, créer des emplois liés aux transitions écologique et sociale. (...)

 

Anne Cendre: Images de neige  (...) Pour beaucoup,  la blancheur symbolise la pureté.  « Des rangées de blancs chérubins / Remplacent l’hiver les sapins / Et balancent leurs ailes », aux yeux de Guillaume Apollinaire dans  Les Sapins, extrait d’Alcools (1913). Il faut un écrivain suisse, Henri Warnery (Lausanne 1859-1902), pour écrire Neige, essaim blanc… dans Sur l’Alpe (1895) : « Neige, essaim blanc, essaim d’ailes papillonnantes, / Je te salue ô fleur céleste des hivers. » (...) Mais devant ce qu’ils ont souvent comparé à un suaire, les poètes ressentent une sorte de malaise. (...)  L’écrivain turc Orhan Pamuk (Prix Nobel de littérature 2006), dans son roman intitulé Neige (paru en 2002 et publié en français en 2005), demande à la neige d’apporter une teinte poétique à un livre politique. Des peintres en ont fait le théâtre de leurs paysages. (...)  Et attendons Arthur Rimbaud, dans Le Bateau ivre (1871) pour mélanger les couleurs : « J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies. » Pour la promeneuse que je suis, rien ne vaut le plaisir du son des pas qui crissent sur la neige. 

 

David Frenkel: Les raisons de l'information alternative (...) Le public, lassé de prendre connaissance quotidiennement des mêmes appréciations sur un sujet d'actualité national ou international, est de plus en plus attiré par les sites privilégiant l'information plurielle et non partisane. Pour la presse sous nos contrées, qui est essentiellement de gauche, tous ces sites sont en mains de groupes d'extrême-droite qui enfreignent les règles du politiquement correct. Pourtant, l'essence de la démocratie, c'est l'information libre qui est la seule garante d'une société ouverte et tolérante. Les médias traditionnels n'ont pas à être les défenseurs des gouvernements, des entreprises et d'autres organisations. Les gens le comprennent de plus en plus. En France, ils sont 30 millions à se tourner vers les sites taxés de fachosphère par une presse qui voit son audience diminuer. (...) 

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