Sami Aldeeb ne tient pas un blog citoyen (05/01/2011)

Aldeeb sami.jpgLe trafic des blogs reprend, écrivais-je dans mon dernier billet. J'aurais pu ajouter: les commentaires en revanche n'ont pas cessé durant les vacances et j'y suis pour quelque chose. Je pense aux commentaires qui s'affichent par centaines et même par milliers, au fil de l'an écoulé, sur le blog de Sami Aldeeb.

"Savoir ou se faire avoir" est, selon son auteur, "un blog de débat critique principalement autour de l'islam". Il s'agit surtout d'un blog de croisé contre l'islam et ses adeptes. Quant au débat, il est fait généralement d'invectives et parfois d'insultes. C'est dommage, car le blog se veut et est en quelque sorte une vigie. Sans doute nécessaire.

Depuis des mois, j'alerte l'auteur de ce blog du fait que son ton, certains de ses propos et surtout ceux de certains commentaires pourraient être considérés comme des atteintes à la liberté de croyance et des cultes, voire contrevenir à la loi contre le racisme (art 261 et 261 bis du code pénal) et évidemment aux conditions générales d'utilisation qui gouvernent la blogosphère de la Tribune...

 

En vain, malheureusement. Sami Aldeeb continue à journée faite de jeter de l'huile sur le feu, attisant la haine, alimentant la discorde. Ils publient les très nombreux commentaires qu'il reçoit. La plupart sont rédigés sous pseudo. C'est son droit, mais c'est aussi le nôtre que de renoncer à mettre son blog en exergue sur le portail des blogs de la Tribune. C'est le cas depuis le 31 décembre 2010.

Aussitôt ses partisans crient à la censure, lancent une pétition. Il n'y a aucune censure, car le blog est toujours accessible. Je considère simplement que le dialogue citoyen est rompu dès lors que le blog se complaît dans l'invectives et répercute des appels à l'exclusion d'une partie de la population suisse, les musulmans qu'il ne cesse de stigmatiser.

C'est le ton qui fait la chanson et le sel qui donne sa saveur aux mets. Mais personne n'apprécie les hurlements ni ne goûte une soupe trop salée.

J'applique pourtant les conditions générales d'utilisation des blogs de manière très libérale. On m'en fait aussi le reproche. C'est que je tiens la liberté d'expression pour essentielle dans une société démocratique. La limite cependant, car il y a une limite - qui n'est pas assimilable à une censure - survient lorsque les propos participent de l'insulte ou de la stigmatisation systématique d'une partie de population.

Il appartient à Sami Aldeeb de trouver le ton et l'assaisonnement adéquat, ce qui lui fera retrouver d'être cité dans le portail des blogs de la Tribune et dans la revue de presse quotidienne que je publie dans ce blog.

L'auteur de "Savoir ou se faire" avoir ne l'entend pas de cette oreille. Il m'a fait savoir sa décision de migrer son blog ailleurs. Je sais qu'il détient tous les éléments pour le faire. Il prétend le contraire. Sans doute tient-il aussi à l'audience que la Tribune lui a offert. Généreusement.

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse!

J.-F. Mabut, animateur de ce blog et responsable du portail des blogs de la Tribune de Genève

 

PS: Merci à Marie-France de Meuron de son commentaire sur ce sujet.

PS: Les lecteurs réguliers de la blogosphère de la Tribune savent mon souci de préserver l'ouverture du portail des blogs de la Tribune. Ils connaissent aussi mes efforts pour que les blogueurs et les commentateurs exercent cette liberté dans le respect mutuel et s'expriment avec un minimum de correction et de courtoisie.

 

10:05 | Lien permanent | Commentaires (53) | Tags : sami aldeeb. blog, blogosphère, tribune, code pénal, islam | |  Facebook |