Faut-il renoncer aux commentaires? (19/01/2011)

commentaires barrés.jpgFaut-il renoncer aux commentaires? La question m'est posée par un blogueur importuné par les posts de quelques trolls et autres méchantes personnes qui n'ont, semble-t-il, rien d'autres à faire qu'à polluer la toile. Les commentaires discourtois (et bien pire), hors sujet, monomaniaques, etc.  font régulièrement la une. Ils sont pour beaucoup le prétexte commode de ne pas s'aventurer sur le net ou dans la blogosphère. A croire que leur moi est plus fragile que leur enveloppe corporel qu'ils soumettent à des dangers et des stress autrement plus dangereux...

Fermer les commentaires est évidemment un moyen radical pour ne pas être dérangé. C'est à chaque blogueur d'en décider. Mais la mesure me paraît parfaitement contradictoire avec notre société libérale avancée de l'information et de la communication qui place au sommet de ses principes la liberté d'expression, de croyance et de conscience.

Au point - et c'est tant mieux - que notre société occidentale démocratique a renoncé à toute mise à l'index, censure et autre police préventive de la pensée, alors que les politiques dépensent des fortunes à régler la circulation routière, à lutter contre les tags, les hooligans, les dépotoirs et autres crottes qui salissent le domaine public et perturbent la quiétude civile, mais aussi à éduquer les habitants à trier les déchets, à s'alimenter correctement, à faire du sport, à ne pas fumer, à vivre ensemble en bonne harmonie.

Seule la toile semble échapper à la sollicitude de l'Etat qui aime tant faire le bonheur des gens. Pas pour longtemps sans doute. Sous couvert de lutte préventive contre la pédophilie, le terrorisme, l'extrémise, la cybercriminalité, le racisme ou autres crapuleries d'une infime minorité ou tout simplement les droits économiques, l'Etat ne va pas tarder à policer la toile.

Les bons citoyens le réclament: Qui supervisent les blogs de la Tribune m'interpelle-t-on? Comment pouvez-vous tolérer certaines insanités?

Attend-on que je sois le policier de la liberté d'expression, le balayeur des ordures? J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans un billet que j'ai intitulé la complainte des blogs.

Je rappelle donc qu'un blog est un journal personnel dont le blogueur est l'éditeur. Il est à ce titre responsable de tout ce qu'il publie y compris les commentaires. C'est donc à lui de faire le ménage et à adopter pour une politique de gestion des commentaires, soit qu'il ferme les commentaires, soit qu'il lit les commentaires avant de les publier, soit qu'il surveille les commentaires et enlève ceux qui sortent des clous.

Le choix de conserver ou d'effacer un commentaire pose toujours la question de la limite du tolérable. Cette limite évolue avec les moeurs et est toujours sujette à débat.

La liberté d'expression est la pierre angulaire de notre société libérale avancée, pourtant cette liberté est loin d'être égale pour tous. C'est ce constat qu'il m'a fait au fil de bientôt quatre ans de pratique des blogs accepter les pseudos. Encore faut-il ne pas en abuser. Juste avant Noël, j'ai eu avec le médiateur des éditions Edipresse de longues discussions sur ces questions. Daniel Cornu a publié plusieurs billets sur son blog à ce sujet. On peut les lire dans l'ordre ici, et .

Pour terminer sur une proposition pratique, les blogueurs ont le devoir de faire le  ménage dans leur blog. Ils peuvent d'un seul clic sur le courriel qui les alete de l'arrivée d'un nouveau commentaire accepter ou rejeter un commentaire. La marche à suivre  est consultable à cette adresse sur le blog des blogs de la Tribune.

le débat n'est sans doute pas clos.

 

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