Anne Cendre: Arsenijevic à Marmottan

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marmottan.jpgAnne Cendre: Arsenijevic à Marmottan

Charly Schwarz: Hôpital, lieux de vie

Hank Vogel: Staline et le dinosaure

Mireille Vallette: Bientôt la prière dans les trains?

David Frenkel: Débattons concrètement du plan de paix américain

Pascal Décaillet: Les voix arabes, où sont-elles ?

Claude Bonard: Les finances genevoises et la Folle Vie

Rémi Mogenet: Les montagnes en coupe du Connemara

Anne Cendre: Arsenijevic à Marmottan Arrivée chaussée de la Muette, je passe devant la gare du métro de la ligne 9 et je croise une dame qui en sort. En période exceptionnelle, on agit de manière exceptionnelle, et on parle à des inconnus. Je m’adresse à la dame en m’étonnant qu’elle ait pu emprunter le métro. Elle m’explique que la ligne a fonctionné pendant l’heure de pointe, mais que celle-ci étant dépassée, l’agent lui avait déclaré le sourire aux lèvres que les portes allaient se fermer. Comme elle marche dans la même direction que moi, nous commençons à bavarder. Elle me dit qu’elle se rend au musée Marmottan. Coïncidence ! Moi aussi. Je lui demande si elle y va pour visiter l’exposition Mondrian. Non, me répond-elle, je vais y déposer des prospectus pour un concert. Ah, quel concert ? Je suis pianiste, dit-elle, et je crains que, vu les grèves, nous n’ayons pas beaucoup d’auditeurs. Elle me montre l’affichette : Récital Schubert-Liszt. Françoise Buffet, piano, avec la participation de Nicolas Arsenijevic, saxophone. Salle Cortot. Le nom d’Arsenijevic me saute aux yeux. Je lui raconte que j’ai connu une personne de ce nom si difficilement prononçable : Drago, qui était un de mes confrères à La Tribune de Genève. C’est sans doute un cousin de mon mari, me dit-elle en ajoutant que le saxophoniste est son fils. (...) Outre son travail de journaliste à La Tribune de Genève, Drago Arsenijevic s’est fait connaître par plusieurs ouvrages historiques. Le premier révélait l’espionnage en Suisse pendant la guerre : Genève appelle Moscou (...)

 

Charly Schwarz: Hôpital, lieux de vie Lieux d’excellence dans la prise en charge des patients, les établissements hospitaliers sont aussi des lieux de vie pour les patients comme pour les professionnels qui y travaillent ; les logiques humaines, professionnelles ou d’organisation doivent se concilier, exercice délicat au quotidien. Les patients hospitalisés et leurs proches témoignent bien souvent et en même temps de l’humanité des professionnels de santé et des difficultés qu’ils ont rencontrées au sein de l’institution hospitalière. Cependant, malgré les progrès accomplis, certaines plaintes d’usagers témoignent d’attentes interminables et inexpliquées, d’entraves et de contraintes qui paraissent absurdes, d’un manque d’écoute, de considération ou d’information. C’est ce qui est appelé ici la maltraitance « ordinaire » (...)

 

Hank Vogel: Staline et le dinosaure (...) Et bizarrement, tel un collégien qui cherche à tout prix à séduire sa prof de classe, je déballe le cœur battant la chamade: - A mon humble avis, un musée doit être un lieu vivant, animé, expressif, parlant, actif, agissant, remuant, vivace... l’ultime tribunal de notre conscience. Là où nos soi-disant incurables blessures se cicatriseraient enfin et disparaîtraient à jamais dans l’intérêt de tout le monde. Tout est dans la tête. Presque tout, ne soyons pas trop exigeants tout de même! Car il n’y a rien de plus versatile que notre mémoire. Malheureusement, de nos jours, tous ces glyptothèques et ces galeries où sont exposés les œuvres, les ouvrages et les objets particuliers que l’on a bien voulu exposer, la censure ayant donc passé par là, s’apparentent terriblement aux cimetières, couverts bien entendu. Aux catacombes peut-être, corrigerait ma timide maîtresse de français qui, pourtant, ne s’est pas gêné de me tripoter dans un mastaba lors d’une course d’école en Égypte... bon, bref! (...)

 

Mireille Vallette: Bientôt la prière dans les trains? Le conseiller national Jean-Luc Addor est l’un des rares politiciens à guerroyer courageusement contre l’islam de nos intégristes sous la coupole. Indigné d’apprendre que la Poste et les CFF autorisent le port du voile à leurs employées, il a envoyé des courriers furax sur ce «premier pas vers le communautarisme», et rappelé le symbole sexiste et discriminatoire qu'il représente. Il a écrit au directeur de l’une et à la directrice de l’autre. Celle-ci, Monika Ribar des CFF a longuement répondu au conseiller national. Monika n'entend pas prononcer une quelconque interdiction générale. Elle se réfère à la Constitution, aux droits de l’homme, à «un avis de droit»... (...) Donc, craché-juré, les CFF protégeront le djihad culturel des musulmanes avec ferveur. Quitte un jour à amender, voire expulser les récalcitrants? Par mesure d'économie, la Poste n’a pas envoyé sa réponse en «A» (...)

 

David Frenkel: Débattons concrètement du plan de paix américain Alors, oui, relevons des faits et rien que des faits, et détaillons le plan de paix de Donald Trump : 1 – Réalisation d’un État palestinien qui ne menacera pas Israël 2 – Une capitale pour les palestiniens située à Jérusalem Est 3 – Ce plan conservera le statut de Jérusalem comme capitale « indivisible » d’Israël 4 – Souveraineté israélienne dans certaines parties de la Judée Samarie 5 – Le futur État palestinien serait contigu, mais ne sera pas en mesure de menacer les intérêts de sécurité d’Israël 6 – Ce plan de paix inclu « une solution réaliste à deux États » et un État palestinien qui « rejetterait le terrorisme ». 7 – Le plan de paix va doubler le territoire actuellement sous contrôle palestinien 8 – Reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les principaux blocs des villes en Judée Samarie 9 – Jérusalem restera « la capitale indivisible d’Israël », a déclaré Trump, 10 – Les États-Unis ouvriront une ambassade à Jerusalem Est. 11 – Le statu quo dans l’enceinte du mont du Temple à Jérusalem sera préservé en coordination avec la Jordanie (...) voici la carte…

 

Pascal Décaillet: Les voix arabes, où sont-elles ? (...) Alors oui, il y eut un temps, entre la fin des années 60 et le début des années 70 (peut-être entre juin 1967 et octobre 1973, donc entre deux Guerres, celle des Six-Jours et celle du Kippour), où put fuser, dans le monde, l'idée d'une Nation arabe. Sans que les contours de cette dernière, au demeurant, ne fussent jamais définis avec exactitude : on savait toute la pluralité antagoniste - et pas seulement dans l'ordre religieux - qui se cachait sous l'identité arabe. Aujourd'hui, 29 janvier 2020, nous sommes face à un "plan de paix" américain qui relève de la farce et de la provocation. Jamais, depuis 1948, en tout cas depuis 1967, l'identité palestinienne n'a été aussi cyniquement niée, au profit du colon. Et en ce jour de deuil, de tristesse, de désespoir pour une partie essentielle des Arabes du Levant, où sont-elles, les autres voix arabes, pour dire leur solidarité ?

 

Claude Bonard: Les finances genevoises et la Folle Vie La lecture de la Tribune de Genève du jour nous apprend que : « l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) confirme la note de référence à long terme AA- attribuée au Canton de Genève. (…) L'agence de notation relève en particulier l'engagement du Conseil d'État genevois à contenir la hausse de la dette par des mesures budgétaires destinées à maîtriser les charges et à augmenter les recettes de l'État… Il y a 543 ans, la situation n'était pas si rose pour les finances genevoises. Les gens de ma générations ont célébré à l'école les exploits des vaillants Confédérés à Grandson et Morat en 1476 face aux chevaliers du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Or, je l'ai appris bien plus tard, il y avait un hic... nos maîtres d'école avaient passé sous silence le fait qu'en 1476 nous étions dans le camp du vaincu. (...) François Velen: Je suis devenu fou face à la neige ! La plus grande puissance du monde, c'est de sourire bêtement sans rien faire, sans se poser les bonnes questions, sans vouloir imaginer un monde meilleur, sans marcher vers les hommes et les femmes, sans tendre la main à celui qui peine, sans se retourner pour voir s'il suit. Toute l'humanité marche en essayant de prendre sa place, sa petite place. L'idéal ? (...) Une idée ? Oui mais dès plus utopique de chez utopique car ce serait le plus grand chambardement de l'humanité. En effet,la plus grande révolution de tous les temps se voudrait pair et impair. Je m'explique : PARTAGEONS LA SOCIETE EN DEUX POLES DE TRAVAIL ! Femmes et hommes de toutes les nations se diviseraient le temps de travail ; celles et ceux nés dans les années pairs oeuvreraient pour le bien de la société le MATIN, et celles et ceux des années impairs, l'APRES MIDI. La terre divisée en deux ! Le matin, papa travaille, maman s'occupe du développement de la famille, vice et versa. (...)

 

Rémi Mogenet: Les montagnes en coupe du Connemara Durant mon voyage en Irlande, j'ai pris conscience que les formes des montagnes n'avaient rien d'arbitraire. La végétation rase peut-être m'a permis de distinguer plus facilement ces formes que dans les Alpes – à moins que ce ne soit que, dans celles-ci, les montagnes s'empilant, il est devenu difficile de distinguer leurs contours nets, tandis que, dans la terre d'Irlande, elles sont plus isolées, et ont donc une personnalité plus distincte. J'ai alors pensé découvrir que ces montagnes – au moins celles du Connemara, où j'étais – tendaient à ressembler à des cirques ouverts, à des coupes massives disposant de becs – comme s'il s'agissait de crânes dont la partie supérieure manquerait. Dès lors le sentiment d'entités unitaires est monté en moi, à leur sujet. Je sentais des présences. (...)

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