John Goetelen: Sifflets, cloches, trompes

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battement claquement de mains.jpgJohn Goetelen: Sifflets, cloches, trompes

Marc Schindler: Journaliste et virus, sacré défi

Jean-Noël Cuénod: Covid-19 est-il un seigneur de la guerre ?

Catherine Armand: Nos chers voisins

Jean-Marc Guinchard: CoVid-19 _ Solidarité

Jean Batou: La Suisse donne le plus mauvais exemple

David Frenkel:Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir II

Simon Brandt: Mon constat et mes propositions face à la crise

Rémi Mogenet: André Breton et son arcane 17

JF Mabut: ”Un monde malade”

John Goetelen: Sifflets, cloches, trompes (...) Ce n’est pas de la musique de chambre, c’est de la musique de rue. Une micro-symphonie improvisée où tout le monde est musicien et musicienne. Ce soutien aux soignants est enthousiaste. On s’amuse en même temps que l’on remercie ceux qui veillent sans relâche sur nos vies. C’est une réponse en forme de pied-de-nez à un confinement nécessaire, à un silence social, une petite reprise de pouvoir sur nos vies. On ne peut pas bouger à notre guise, soit, mais ce que le corps ne peut, le son le fait. Les sons, tous ces sons qui s’étalent dans la cité et montent dans la nuit, portent nos existences devenues moins visibles. Tous anonymes, tous présents, tous ensemble. (...) Il faut le comprendre: quoi de plus fédérateur que les soignants, avec les pompiers? Tout le monde s’en sert pour dorer sa propre image. Ils sont un rempart contre le mauvais destin, un modèle que nous ne serons jamais. Les soutenir c’est espérer l’expiation de nos erreurs et nous protéger de la fragilité humaine. (...)

 

Marc Schindler: Journaliste et virus, sacré défi (...) Le respecté New York Times avait cette devise : « All the news that fit to print » - toutes les nouvelles dignes d’être imprimées. Facile à dire, moins à faire. (...) En quarante ans de journalisme, comme tous mes confrères, j’ai dû choisir tous les jours ce qui m’apparaissait important et ce qui était secondaire. Et je me suis trompé souvent. L’objectivité, c’est bon pour un microscope de laboratoire. (...) Entre la litanie macabre des morts et la guérison miraculeuse d’une Italienne de 95 ans ; entre le témoignage bouleversant d’une infirmière qui voit mourir ses malades et l’espoir d’un médicament contesté ; entre l’appel désespéré des médecins pour durcir le confinement et le jeune jogger qui prend une amende pour n’avoir pas respecté les consignes, vous auriez choisi quoi ? Quelle nouvelle pour ouvrir le journal télévisé ou la une du quotidien ? Du sensationnel, du vécu, du rassurant ? Tous les journalistes sont confrontés tous les jours à ces choix. Et pas le temps de réfléchir trop longtemps ni de consulter ses confrères. L’actu n’attend pas. T’es pas payé pour tes états d’âme, coco ! (...) J’aime bien cette citation de Jacques Savoie, un écrivain québécois : « Un journaliste, ce n’est rien de plus qu’un facteur…l’humilité en moins. Tous deux sont là pour transporter les nouvelles, mais l’un se les approprie, alors que l’autre les laisse discrètement dans la boîte aux lettres ».

 

Jean-Noël Cuénod: Covid-19 est-il un seigneur de la guerre ? (...) On comprend qu’Emmanuel Macron, devant l’inobservation des mesures de prudence par un grand nombre de ses administrés, a voulu secouer nos puces. Et quoi de pire, donc quoi de mieux, pour nous faire réagir que de dégainer ce mot qui fait trembler chacun : guerre ! Si l’avantage de cette formule en terme de mobilisation semble à première vue évident, elle recèle toutefois de nombreux périls. Elle introduit une notion de violence qui, se propageant dans nos esprits angoissés, risque de les amener à prendre le voisin pour un agent de la Cinquième Colonne du général Coronavirus. Le quidam qui promène son chien devient un traître, de même que le type qui va courir autour de pâté de maison ou de la mère de famille qui rentre de commission. Et c’est en frôlant les murs que le client en panne de baguette se dirige vers sa boulangerie. (...)

 

Catherine Armand: Nos chers voisins Depuis le début du cocooning civique mondialisé, on découvre qu'on a des voisins, et que parfois ils peuvent même être sympas. On applaudit en coeur, on danse ensemble sur nos balcons respectifs, on chante des chansons populaires sur les paliers... Toutes ces initiatives citoyennes et généreuses visent à saluer notre personnel de santé, mais aussi à se soutenir les uns les autres, à se nourrir d'un peu de chaleur humaine. Ce partage sans la rencontre, cette bienveillance envers des inconnus, ce besoin commun d'exprimer ses émotions... c'est beau, ça fait du bien, et c'est rassurant. (...)

 

Jean-Marc Guinchard: CoVid-19 _ Solidarité (...) Au début de la crise, j'ai été surpris par la réaction de certains assureurs, qui ont immédiatement assuré que, vu la situation, les primes 2021 allaient augmenter massivement. Correctif bienvenu de Santésuisse récemment, qui annonce : (...) Dans l’éventualité où les coûts de la santé devraient augmenter du fait de cette épidémie, les assureurs-maladie disposent de réserves prévues pour de telles situation. Les réserves sont effectivement importantes, 3 à 4 fois ce qui est imposé par la LAMal, donc pas de soucis de ce côté. Mais nous devons demander aussi à ces mêmes assureurs de réfréner leurs ardeurs en matière de contrôle des coûts. Je vois trop souvent ces jours des demandes de justifications pour des médicaments et des gestes représentant à peine 50 frs...Or, pour les médecins privés sollicités pour se mettre au service d'hôpitaux publics, ces tracasseries administratives en temps de crise sont superfétatoires et très chronophages. (...)

 

Jean Batou: La Suisse donne le plus mauvais exemple (...) Dans les années 1830-1840, les scientifiques qui défendaient le caractère contagieux (transmis de personne à personne) des maladies comme la peste ou le choléra, étaient contrés par le consensus majoritaire des experts britanniques et français, qui estimaient que ces maladies étaient transmises par des qualités propres à l'air ou à l'eau, par des miasmes. Ils étaient alors soutenus par les milieux libéraux, qui s'opposaient à toute idée de mise en quarantaine des navires marchands. La vérité scientifique a fini, on le sait, par triompher, mais à quel prix en souffrances humaines… Aujourd'hui, les mêmes milieux récidivent, jusqu’en Italie, où malgré 5500 morts à ce jour, le gouvernement est revenu sur sa décision de samedi soir de fermer toutes les activités non indispensables, sous la pression des milieux industriels. Alors que la Suisse voit exploser le nombre de décès dus à de COVID-19, exigeons maintenant des autorités fédérales et cantonales la fermeture de toutes les activités non indispensables. Il n'y a pas une minute à perdre. Il en va de la vie de centaines de personnes ! (...)

 

David Frenkel:Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir II Tirons les leçons d'un malheur à l'unisson: Dans les abîmes du Corona / Les différences s’effacent / Riches et bien portants / Partagent les instants présents / Avec les gueux et les souffrants / Nous respirons tous l’air vicié / D’un virus qui s’est infiltré / Dans les chairs ratatinées / Dans les corps accomplis (...)

 

Simon Brandt: Mon constat et mes propositions face à la crise A l'occasion du second tour des élections aux exécutifs communaux, le journal Tout l'Immobilier m'a interviewé sur les raisons de ma candidature au Conseil administratif dans son édition du 23 mars. Si vous pouvez en retrouver l'intégralité ici, je vous propose aussi d'en retrouver le compte-rendu ci-dessous. Et de souligner qu'en cas d’élection au Conseil administratif, je revendiquerai le Département de l’environnement urbain et de la sécurité pour agir de façon concrète sur la gestion de la crise que nous vivons actuellement. (...) Il ne faut pas se le cacher, la situation est grave. Car si le Covid-19 semble être bénin dans la majorité des cas, c’est bien pour protéger les personnes à risque (seniors, malades chroniques, etc.) que les mesures de confinement ont été prises. A cet égard, afin de permettre aux plus vulnérables de faire leurs achats alimentaires en toute sécurité, je jugerais adéquat de leur réserver chaque jour une plage horaire pour faire leurs courses. (...)

 

Rémi Mogenet: André Breton et son arcane 17 Une fois de plus je dois dire qu'André Breton m'a déçu. On m'annonçait que son ouvrage Arcane 17 était le plus propre à me plaire par son ésotérisme et son imagination vive, et j'aimais les extraits que j'en avais lus dans le livre de Jean-Louis Bédouin sur Breton, ou ce qu'en citait Charles Duits. Mais Bédouin et Duits ont promu les meilleures pages, et la lecture de l'ensemble m'a peu apporté. J'y ai trouvé Breton sympathique mais velléitaire et bavard. Il ne se départ pas d'un certain intellectualisme prudent et sceptique, qui se gardera toujours de pouvoir être soupçonné de rompre les limites de l'agnosticisme. (...)

 

JF Mabut: ”Un monde malade” (...) La pandémie qui nous effraie aujourd'hui et fige le monde n'a sans doute pas dit son dernier mot et personne ne peut dire si elle fera plus ou moins de malheureuses victimes que la grippe annuelle. Hier soir, Arte diffusait "Un duel de géants dans le monde des microbes", un documentaire sur la rivalité qui a opposé à la fin du XIXe siècle Pasteur et Koch. Passionnant et incroyable éclairage (...) Stupéfiants en particulier les protocoles de recherche et de tests, à mille lieues éthiques et techniques des nôtres, pour démontrer au monde la supériorité de leur science et de leurs vaccins (Pasteur pour la rage, Koch pour la tuberculose). Seules cinq ou six générations nous séparent de ce temps-là. Dans 150 ans, regardera-t-on les savants et les politiciens du temps présent avec la même sidération? Je ne le crois pas. Les progrès accomplis sont indéniables, les relations internationales largement apaisées, même si le paradis reste pour ce monde hors de portée et les rechutes tragiques toujours possibles.

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