Philippe Meyer: Une menace existentielle pour les aéroports

Imprimer

aeroport Genève Cointrin.jpgPhilippe Meyer: Une menace existentielle pour les aéroports

Jean-Dominique Michel: L’imposture Evidence-Based

Daniel Warner: Homage to a 21st Century Luddite

Beate Giffo-Schmitt: Réflexions

Pascal Décaillet: Révolution mentale

Edmée Cuttat: Djokovic pour l'éternité?

François Velen: Celui qui brillera demain, c'est le Soleil !

Marc Schindler: Ma vie en bulle

Rémi Mogenet: Juan Gimenez coronaviro defunctus

Pascal Holenweg: place aux choses sérieuses

John Goetelen: Le cocovirus préfère les hommes

Philippe Meyer: Une menace existentielle pour les aéroports (...) La baisse drastique d'une telle ampleur vécue actuellement représente une menace existentielle, avec tous les effets collatéraux que cela engendre, puisque près d’une PME sur deux dans notre région dépend de bonnes connexions aériennes. Une réponse politique rapide, efficace et équitable des gouvernements fédéraux et cantonaux est nécessaire pour protéger ces milliers d'emplois, assurer les opérations essentielles (notamment les vols sanitaires) et donner aux aéroports les meilleures chances de traverser la tempête et d’être prêts lorsque la reprise se concrétisera. Les aides gouvernementales aux acteurs du transport aérien seront ainsi doublement bénéfiques, puisqu’en permettant la reprise rapide des connexions internationales entre notre pays et le reste du monde, elles offriront les conditions cadres dont ont besoin toutes les PME exportatrices, qui souffrent particulièrement aujourd’hui, pour pouvoir reprendre la marche de leurs affaires au plus vite et offrir les emplois enfin retrouvés.

 

Jean-Dominique Michel: L’imposture Evidence-Based Je me rends finalement compte que je me suis mis à radoter. C’est le signe à n’en pas douter qu’il est temps que je mette un terme à ma série d’articles sur le Covid. J’ai encore trois sujets à traiter après celui-ci et après, je me tairai. (...) Si je me suis autant exprimé, c’est aussi du fait du silence assourdissant de mes collègues épidémiologues, éthiciens et épistémologues. Les éthiciens en particulier m’ont fait penser à ces propriétaires de villa ayant surpris des cambrioleurs et s’étant cachés derrière un rideau, qui se mettent à penser très fort : « Surtout ne pas éternuer ! » (Il existe aussi une version plus familière...) L’Evidence-Based Medicine est une méthodologie et une philosophie de recherche qui a été élaborée pour essayer d’y voir clair dans le traitement des maladies non-infectieuses. Pourquoi le rappeler ? Eh bien très simplement parce que dans le domaines des maladies transmissibles, l’épistémologie de la recherche est beaucoup plus simple : si vous avez d’un côté un agent infectieux et de l’autre un médicament qui le fait disparaître sans causer de dommages au malade à qui on le prescrit, c’est banco ! (...)

 

Daniel Warner: Homage to a 21st Century Luddite Social distancing has been a boom for electronic communication. Skype, Zoom, WhatsApp have replaced the face-to-face. Amazon has replaced the local bookstore. Scrolling on a Kindle screen has replaced turning pages. Tuning in to teleteaching has replaced sitting in the classroom. COVID-19 has forced us to use modern communication. Or has it? A dear friend, Gene, refuses to go modern. Not that he refuses all modern conveniences. He has a portable telephone, but does not use any form of written messaging and the number of people who have his number is limited. He is quite proud of his refusal to go modern. In many ways, he is a 21st century Luddite, those 19th century English textile workers who were afraid that new machines would put them out of work. He’s not afraid of losing his job; that era has long passed. Rather, he rejects giving Google, Apple, Facebook and Amazon (GAFA) any control over his life. (Recent disturbing revelations about Zoom only reinforce this argument.) So part of his refusal is political. (...)

 

Beate Giffo-Schmitt: Réflexions J'entame la quatrième semaine de télétravail. C'est bizarre, j'ai l'impression que ce sont les lundis qui sont le plus difficile à vivre. Peut-être justement parce que je me dis qu'on a une autre semaine de confinement devant nous. Je viens de terminer mon premier kilo de chocolats de Pâques. Une semaine avant Pâques. Oups. Heureusement qu'il me reste encore un kilo. Merci la Migros. Au lieu de faire des réserves de papier toilette j'avais choisi cette option à la place. C'est mieux pour le moral mais moins bien pour la balance. (...) Les heures de nettoyage, cela laisse le temps au cerveau de gamberger. La dame de samedi matin m'avait dit que le monde changera après le virus. Je n'en suis pas si sûre. Si demain le confinement s'arrête, est-ce que les humains auront vraiment changés pour le mieux ou serait-ce juste un retour à la normale? Du chacun pour soi. Que deviendra la solidarité devant la difficulté économique qui nous attend? (...)

 

Pascal Décaillet: Révolution mentale Des milliards. C'est ce que va coûter au seul Canton de Genève la paralysie de l'économie, décrétée par les autorités. Nous en aurons pour des années à nous en remettre financièrement, alors que la dette se chiffre déjà en milliards. Dans ces conditions, qui ne relèvent plus de la gestion de beau temps, mais de l'économie de guerre, des mesures drastiques devront être prises. Il ne s'agit plus de savoir si l'Etat doit se redimensionner, mais OÙ et COMMENT. Seuls les secteurs vitaux devront être épargnés. Au premier plan d'entre eux, bien évidemment, la Santé publique. Mais désolé, presque partout ailleurs, il faudra couper. Réduire à la mission essentielle, qu'elle soit régalienne (Sécurité publique), ou de solidarité (aider les plus démunis). Pour y parvenir, c'est une RÉVOLUTION MENTALE qui nous attend. (...)

 

Edmée Cuttat: Djokovic pour l'éternité? Le maestro doit sentir la sueur lui couler entre les omoplates. Et pas parce qu’il continue à s’entraîner ferme dans la neige. Mais en raison d’une éventuelle redoutable décision des instances supérieures du tennis qui risque de le terrasser. Vous le savez sans doute, Novak Djokovic, qui n’a que 27 semaines de retard sur le prestigieux record de Federer resté sur le trône un pendant 310 semaines, pourrait le battre. Et cela dès le 5 octobre. Les doigts dans le nez en plus. Autrement posé sans toucher une raquette. Reprenons dans l’ordre. (...) Il est bien connu qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Maigre consolation pour Sa Grâce.

 

François Velen: Celui qui brillera demain, c'est le Soleil ! (...) Je suis à la montagne en Valais depuis plus 15 jours, je peux me balader dans la forêt, sur les sentiers, faire connaissance avec les bisses, je suis presque seul, j'apprends à vivre avec la nature, je vois très peu de monde, je suis aussi en quarantaine naturelle. Qu'est-ce que ça fait du bien. Et voilà, la mauvaise nouvelle, la très mauvaise nouvelle, la perte d'un copain exemplaire, un homme aux nombreuses facettes associatives chères à Carouge. Michel le bon Carougeois, ancien Conseiller municipal, ancien Président du Cartel des sociétés carougeoises, ancien ci, ancien ça, un homme merveilleux, gentil, toujours souriant, calme, ouvert d'esprit, un pilier de la vie Sarde, est mort, je crois savoir à cause du Coronavirus. Le choc, une perte, une ... je ne trouve pas les bons mots tellement il en mérite. Ce virus aura boulversé bien des pays, le corollaire étant que la société marchera sur d'autres horizons. Nous aurons été toutes et tous concernés directement ou indirectement, touchés au coeur de notre existence, de notre système de vie, de nos habitudes. (...)

 

Marc Schindler: Ma vie en bulle (...) Je vis dans une bulle, mais je ne suis pas un ermite. Tous les matins, j’ouvre ma lucarne pour regarder le monde. Mon ordinateur, c’est « le monde à ma fenêtre ». Grâce à Internet, je découvre derrière mon écran le dévouement des médecins et des infirmières qui manquent de masques et de gants pour sauver les malades du virus. J’accompagne les soignants qui portent sur leur dos les lourds brancards des patients évacués en TGV vers d’autres hôpitaux. Je visite en drone les Champs Elysées déserts, la place Saint Pierre vide, Time Square abandonnée. Je marche avec les policiers qui arrêtent les promeneurs récalcitrants qui racontent n’importe quoi pour se justifier. Dans mon étrange lucarne, ma télévision, je regarde le président qui a déclaré la guerre au virus, ses ministres qui répètent qu’il faut se protéger (...) Grâce au groupe familial créé sur WhatsApp, j’échange avec mes soeurs et mes cousins des photos de notre vie confinée, des infos plus ou moins vérifiées et des plaisanteries plus ou moins fines. Je dialogue avec d’anciens collègues de la télévision suisse. Grâce à FaceTime (...) Pourquoi je vous raconte ma vie de confiné ? Pour faire l’intéressant ? Sûrement, un peu. Mais aussi pour ne pas oublier. (...)

 

Rémi Mogenet: Juan Gimenez coronaviro defunctus Juan Gimenez était un Argentin installé essentiellement à Sitges, en Espagne, et mort à septante-sept ans du coronavirus il y a quelques jours. Il était dessinateur de science-fiction, et les Humanoïdes Associés et Métal Hurlant, institutions légendaires, l'avaient employé pour réaliser des bandes dessinées d'une grande beauté, notamment avec le célèbre scénariste Alejandro Jodorowsky. Ils ont fait ensemble la Caste des Méta-Barons, mélangeant science-fiction et heroic-fantasy dans l'esprit de Dune, et le dessin était impressionnant, à la fois réaliste et onirique, les formes claires évoluant dans de fréquents nimbes de rêve. (...)

 

Pascal Holenweg: place aux choses sérieuses (...) Et s'il n'était de plus sûr moyen de radicaliser le changement et d’en hâter le moment, pour passer enfin "d'une jouissance d'avoir à une jouissance d'être" (Paul Ariès) que celui qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, dans chacun et dans le moindre d’entre eux, l’élément de trouble qui le perturbera et permettra d’en rendre évident le caractère forcément arbitraire ? Nous pouvons mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l’individu se trouve confronté à une norme sociale, l’élément -l’acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Jouer avec les normes, détourner les structures, sont autant de méthodes premières par lesquelles on peut agir, moins pour réaliser nos objectifs que pour en manifester à la fois la possibilité, la légitimité et l’urgence. (...) Le pouvoir ne s’exerce jamais si bien, c’est-à-dire si lourdement, que sur des gens tristes. La tristesse isole et le pouvoir doit isoler les uns des autres ceux sur qui il s’exerce, précisément pour pouvoir continuer à s’exercer sur eux -ce qui expliquera d’ailleurs leur tristesse. La politique est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. (...)

 

John Goetelen: Le cocovirus préfère les hommes (...) Il est bienvenu d’exprimer notre reconnaissance. Mais à tout le personnel soignant et celui d’autres services, femmes et hommes confondus. C’est ainsi que cela se passe dans la société des femmes et des hommes libres. La récupération sexiste au profit d’un seul sexe est déplacée. On doit aussi tenter de comprendre pourquoi les hommes sont davantage victimes. On sait que professionnellement, ils sont plus exposés aux accidents du travail (image 4, source). Concernant le virus, s’ils sont moins nombreux – donc moins exposés – dans les métiers de la santé, ils en sont cependant plus sévèrement victimes. La pandémie révèle, entre autres choses, qu’il y a là une priorité de santé publique. Les hommes en tant qu’hommes attendent donc le soutien explicite et étayé des médias, des autorités et des chercheurs.

Les commentaires sont fermés.