Rémi Mogenet: Le coronavirus selon Rudolf Steiner

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rudolf steiner.jpgRémi Mogenet: Le coronavirus selon Rudolf Steiner

André Naef: La potion magique du Docteur Trump

Djemâa Chraïti: Comment je suis devenue libraire (2)

Haykel Ezzeddine: Le vocabulaire du coronavirus

Pascal Décaillet: Juste la rage

Catherine Armand: Les coiffeurs sauveront le monde

JF Mabut: Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu?

David Frenkel : Le racisme

John Goetelen: Il y a même des confinés heureux

Rémi Mogenet: Le coronavirus selon Rudolf Steiner J'ai lu, dans un journal anthroposophique, que Rudolf Steiner donnait aux maladies épidémiques trois causes majeures. La première est le mensonge généralisé, la façon dont les sociétés reposent entièrement sur le mensonge. Car Steiner donnait une cause morale aux maladies. Le mensonge, disait-il, empoisonne l'air spirituel que respirent les communautés, et cet air spirituel a un effet physique, il crée des maladies. La seconde cause est la cruauté vis à vis des animaux. Pour le coup, j'ai vu des associations vegan dire la même chose: les souffrance infligées aux animaux rejaillissent sur l'humanité sous forme de maladies. Il est quand même peut-être significatif que les effets du mensonge, plus subtils, ne soient pas autant mis en avant par les associations. Même les religions en parlent peu, à ma connaissance. Cela dit, je connais bien le catholicisme médiéval, et cela y ressemble. (...)

 

André Naef: La potion magique du Docteur Trump "Autrefois, l'Amérique faisait l'envie du monde sur le plan technologique. Aujourd'hui ses médecins en sont réduits à avertir le public que, contrairement aux élucubrations du président dans ses briefings, il n'est ni inoffensif ni efficace de s'injecter des désinfectants (contre le coronavirus)". C'est ainsi que Michelle Goldberg, chroniqueuse du New York Times, résume les propos désabusés de l'ancien ambassadeur d'Allemagne à Washington, Klaus Scharioth. Exprimant sa tristesse devant ce déclin, il constate: "Jamais je n'aurais imaginé que j'aurai été témoin de cela au cours de mon existence". (...) De fait, Trump, dont l'unique obsession est sa réélection, reprend le rôle qui lui avait si bien réussi en 2016, celui de l'insurgé contre le pouvoir en place. Apparemment, il oublie qu'en cette année 2020, le pouvoir en place c'est LUI. Par contre-coup cela confère une stature présidentielle à Joe Biden, son futur rival démocrate. Depuis sa retraite du Delaware, celui-ci peut se contenter d'observer l'auto-destruction de l'actuel président, nonobstant quelques rares sorties: "J'ai de mal à croire que je doive le dire (au peuple américain) mais s'il vous plaît ne buvez pas d'eau de Javel". (...)

 

Djemâa Chraïti: Comment je suis devenue libraire (2) Libraire, un métier qui m'est tombé du ciel avec le confinement. Chaque jour, je mets à disposition une partie de ma bibliothèque en lecture à mes voisins et chaque jour j'amène une nouvelle sélection de livres. Hier, aux premières gouttes de pluie, j'ai dû courir récupérer mes livres exposés sur la table, située à l'extérieur. Tout y passe, Roth, Mario Vargas Llosa, Murakami, Dicker est en rupture de stock. (...) Une autre voisine, me dit, - s'il vous plaît, proposez-moi un livre, mais rien de triste, car tout est trop difficile déjà, dit-elle, on ne sait déjà pas où on va comme ça , je préfère ne même pas y penser. Elle tient une enfant dans ses bras. - Apportez-moi, le livre que vous m'aviez recommandé! En l'occurrence, Murakami, Kafka sur le rivage ou 1Q84. Je dois livrer à quelqu'un d'autre, au bord de la crise nerveuse, Sapiens de Harari. Puis une autre voisine, à qui je proposais mes livres est à deux doigts de pleurer, voilà plus d'un mois qu'elle n'a vu ses parents. (...)

 

Haykel Ezzeddine: Le vocabulaire du coronavirus (...) J’ai trouvé une occupation utile pour cette journée dominicale qui ressemble comme une goutte d'eau aux précédents dimanches. 1) Généralité: Le coronavirus. Le covid-19. La pandémie. Le virus. L’épidémie. La grippe. Le foyer de l’épidémie. La crise sanitaire. La crise économique. Les contraintes sanitaires. La pénurie. Le déconfinement. Le taux du PIB. Récession. Le nombre de chômeurs. Immuniser. Infection. Contagions. Transmission. Dépistage. Symptômes. Préventions. Traitement. Chloroquine. Plasma. Gouttelettes. Incubation. Chercheurs. Personnes âgées. Personnes à risque. Anxiogène. Espace public. Alain Berset. Solidarité… 2) Sécurité et prévention: Les gestes barrière. (...)

 

Pascal Décaillet: Juste la rage Souveraineté. Protectionnisme. Indépendance nationale. Contrôle des flux migratoires. Solidarité à l'interne. Cohésion sociale. Priorité absolue aux citoyennes et citoyens. Suffrage universel. Démocratie directe. Protection de l'environnement, des paysages. Qualité de vie. Respect mutuel. Économie au service de l'humain, et en aucun cas le contraire. Refus absolu de la finance de casino. Défense de l'agriculture, du terroir. Souveraineté alimentaire, énergétique, sanitaire. Et puis, souveraineté tout court, donc politique de sécurité active, éveillée. Ces valeurs, je les défends depuis toujours. (...)

 

Catherine Armand: Les coiffeurs sauveront le monde (...) Pourquoi diable les cheveux sont-ils soudain si importants, au point de devenir pour beaucoup la première activité sociale post semi-confinement ? Cela interroge sur la frivolité supposée du sujet. Et si le soin capillaire était le symbole de notre retour à la normalité, à la vie elle-même ? Des hordes de confinés blafards et hirsutes piaffent d'impatience à l'idée de pouvoir pousser les portes de leur salon fétiche, et de prononcer le rassurant "On fait comme d'habitude", ou au contraire l'audacieux "Je veux tout changer". Notre choix à ce moment-là définira notre état d'esprit pour faire nos premiers pas dans le "nouveau monde". Retournerons-nous avec soulagement sur un chemin balisé et connu, ou oserons-nous explorer de nouveaux territoires ? Notre coiffeur sera le premier à le savoir. D'un coup de ciseau, d'un coup de pinceau enduit de colorant, ce professionnel à qui nous confions le droit de triturer notre représentation de nous-même, refaçonnera notre identité. (...)

 

JF Mabut: Qui nous met donc à l'épreuve? Dieu? "Que son Père le descende de la croix, s'il est bien le fils de Dieu?" Les spectateurs de la crucifixion ne disent rien d'autres que ce que nous disons tous. Qui peut être ce Dieu qui se prétend tout puissant et qui laisse mourir son fils sans rien faire! Ce scandale ébranle bien des chrétiens et en a dérouté plus d'un hors de la foi, dans une indifférence prudente ou un athéisme militant. Là où il n'y a pas de Dieu, la question de la mort et de la souffrance n’est pas moins cruciale (...) Je me permets une modeste réflexion. (...) Le Déluge est le temps où Dieu décide de détruire sa création, ce qu'il fait tout en sauvant une minuscule part de l'humanité et de la création, avec laquelle il signe un pacte. Il promet de ne jamais plus recommencer. Ce faisant Dieu bride sa part destructrice qui continue d'agir cependant dans ce monde - nous y prenons chaque jour notre part et notre peine - et dans les cieux sans doute aussi mais ce n'est pas notre affaire. (...) Second événement, Dieu se fait homme. Et pas n'importe quel homme (...) Dieu vainc la mort et bride davantage encore sa part destructrice. Dieu devient miséricorde. Et son Esprit libérateur. Dieu évolue et nous et sa création avec lui, dirait Teilhard de Chardin. (...)

 

David Frenkel : Le racisme A mon humble avis, si le racisme se définit principalement par la détestation arbitraire d’un non-moi perçu à travers la couleur d’une peau, la religion, la nationalité, bref, par tout ce qui est perçu à travers le prisme des différences culturelles ou physiques, l’étiquetage d’un groupe d’individus en fonction des critères précités, si cela est inoffensif au départ, risque de devenir virulent lorsque proféré sur la place publique il infecte l’esprit de maintes gens. En effet, nombre de personnes pourraient alors avoir tendance à mettre une vilenie individuelle sur le compte de tout un groupe ethnique, par exemple. Je suis donc profondément scandalisé par le « courrier Picard » qui le 26 janvier dernier titrait en première page « Alerte jaune » et intitulait l’éditorial consacré au coronavirus « Péril jaune ». (...)

 

John Goetelen: Il y a même des confinés heureux Retour de commissions. Mes pas rejoignent ceux d’une jeune femme, voisine de barre d’immeuble. « Comment ça va? » « Ça se passe bien, et vous? » Cette mère de deux enfants est ravie. Elle et son mari sont en télétravail. C’est formidable, jamais nous n’avons passé autant de temps ensemble. Nous mangeons même ensemble tous les midis, avant il ne rentrait qu’à 19 heures. » Et les enfants? Ils sont en pleine créativité. En ce moment ils terminent une construction dans leur chambre. Quelques mots encore et nous nous saluons. (...) Hier j’ai entendu chanter les premiers grillons de la saison. Une légère brise fait danser des coquelicots rouges d’audace. Les foins seront précoces.

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