Eric Bertinat: Alors, gestion déloyale ou pas ?

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ca ville de genève 2015-2020.jpgEric Bertinat: Alors, gestion déloyale ou pas ?

Rémi Mogenet: Eugène Ionesco et sa cantatrice chauve

Daniel Warner: COVID-19 Reveals Deep-Seated Inequalities

Claude Bonard: Genève et son arrière-pays

Philippe Meyer: L’aviation sera sauvée par ses valeurs originelles

Pascal Décaillet: Nul ne colonisera nos consciences !

Didier Bonny: « Dans les forêts de Sibérie »

David Frenkel: La colonisation par l'Iran de l'Île d'Ormuz

Pascal Holenweg: Trois ans de Macron... et après ?

Maurice-Ruben Hayoun: Ernest Renan et le judaïsme

Eric Bertinat: Alors, gestion déloyale ou pas ? (...) Pendant cette procédure, cinq membres du Conseil administratif de la Ville de Genève ont été mis sous les feux des projecteurs. Deux d’entre eux ont été blanchi : Sami Kanaan et Sandrine Salerno. Pour les trois autres, le simple fait d’avoir remboursé des frais professionnels jugés discutables par la Cour des comptes puis déclarés suspects par le Parquet, a permis à ce dernier, malgré tout, de classer l’affaire : ces dépenses sont «éthiquement discutables mais pénalement indifférentes». Dans son communiqué de presse, le Ministère public reconnaît toutefois que, par exemple pour Guillaume Barazzone, ce dernier a reconnu «d’emblée le caractère injustifié de nombreuses dépenses». Et de décider de son propre chef de rembourser 80'000 francs, une somme considérable pour un magistrat municipal et qui a choqué plus d’un Genevois. Le classement de cette affaire est donc difficilement compréhensible, qui plus est un mois après les élections municipales. Que faire de ce communiqué de presse qui précise que « L’instruction a confirmé l’existence de graves lacunes dans la définition des frais professionnels et leur contrôle »? (...)

 

Rémi Mogenet: Eugène Ionesco et sa cantatrice chauve Je n'ai pas beaucoup pratiqué ce qu'on appelle le Théâtre de l'Absurde. Ou en tout cas, peu attiré par les pièces trop philosophiques, je ne l'ai pas beaucoup prisé. Quand l'expression d'idées est d'une telle importance qu'elle détruit l'action dramatique, je ne ressens rien, et m'ennuie. C'est, je pense, ce goût récent pour l'abstraction qui a ruiné le théâtre auprès du grand public, qui a préféré aller au cinéma. D'un autre côté, sans le Théâtre de l'Absurde, la situation aurait pu être encore pire car, face à lui, il n'y avait qu'un théâtre classique suranné, ayant perdu l'essentiel de sa vigueur depuis longtemps. L'impression de répétition à l'infini des mêmes pièces n'était pas plus propice à conserver au théâtre un public, et, dira-t-on, le Théâtre de l'Absurde lui a conservé au moins la frange intellectuelle, parisienne et philosophique qui, aujourd'hui encore, le maintient en vie. Mais Ionesco suscite une sympathie particulière, à cause de sa fantaisie, peut-être liée à son origine roumaine (...)

 

Daniel Warner: COVID-19 Reveals Deep-Seated Inequalities (...) So while the Western media focuses on their own vulnerable group – mostly those over 65 with some pre-existing health condition – vulnerable groups around the world as well as people of color in the United States have been in the background. Why is this so? (...) The pandemic has brought out simple survival instincts. Social distancing is more than just a strategy (...) The question is whether the pandemic will accentuate the inequalities or introduce a “new normal” with greater awareness and sensitivity to those at risk. Faced with all our vulnerability during the pandemic, will we be able to reach out to others as we would hope they would reach out to us? While the instinct for survival and self-preservation is natural to all animals, can we show a higher level of consciousness in an interdependent world? Reports from refugee camps in Africa and statistics about deaths of people of color should force us to rethink our fragile, privileged situations. While we stay at home, can we empathize with those who are more vulnerable and have no homes? And if we can, will concrete steps to reach out to them be part of the “new normal”?

 

Claude Bonard: Genève et son arrière-pays (...) La consultation des cartes qui illustrent les découpages territoriaux des siècles qui précèdent la Réforme nous montrent aussi un enchevêtrement de territoires dont les conséquence sur la vie quotidienne des populations est difficilement imaginable aujourd'hui. Plus tard, depuis leurs châteaux de Bonne, de Jussy et de Peney, les partisans du duc de Savoie lancèrent constamment des raids et causèrent de grands dommages aux paysans. Les « Peneysans » firent aussi le blocus de Genève. Il fallut l’aide des Bernois en 1536 pour débloquer la cité et à prendre le château de Peney qui sera pillé et détruit. Au gré des aléas politiques du moment, le destin des familles pouvait basculer d'un côté ou de l'autre d'une frontière mouvante. MM. Paul Guichonnet et Walter Zurbuchen ont illustré dans leurs travaux les rivalités territoriales entre voisins et alliés, les Bernois occupant jusqu'en 1567 les possessions savoyardes qui entourent Genève ainsi que le Pays de Gex, les balliages de Ternier et Gaillard, le Chablais jusqu'à la Dranse. (...)

 

Philippe Meyer: L’aviation sera sauvée par ses valeurs originelles L'aviation a, depuis ses origines, véhiculé des valeurs dont elle aura à nouveau besoin pour construire son avenir. Au début du XXe siècle, les foules se rassemblaient pour découvrir les merveilleux fous volants sur leurs drôles de machines qui ont réalisé l'un des rêves les plus incroyables et les plus anciens de l’humanité : voler ! Grâce à la science, à la technologie, au génie et à l'audace de ces pionniers, les hommes se sont lancés à la conquête du ciel. Les progrès réalisés battent tous les records historiques en termes de vitesse : seulement 60 ans séparent l'exploit de Louis Blériot sur la Manche et le premier vol du Concorde, celui du Boeing 747 et les premiers pas d'un homme sur la lune (1969) ! (...) À tous ceux qui doutent d'un changement de paradigme, pensez-vous que les pionniers de l'aviation, il y a plus d'un siècle, avaient la moindre idée qu'il serait bientôt possible de traverser l'Atlantique en quelques heures ou de fouler le sol lunaire ? Il faut redécouvrir l'esprit de ces pionniers, croire au progrès. Cette crise inattendue donne au secteur l'opportunité de se projeter dans l'avenir, vers de nouveaux horizons générateurs de développement économique et d'emplois. (...)

 

Pascal Décaillet: Nul ne colonisera nos consciences ! Passionnant reportage, hier soir, sur l'Histoire du café, du thé, du chocolat. Principalement depuis le 18ème siècle, même s'il faut remonter bien antérieurement. Le libre-échange britannique, dans toute sa splendeur. (...) Passionnant reportage, hier soir, sur l'Histoire du café, du thé, du chocolat. Principalement depuis le 18ème siècle, même s'il faut remonter bien antérieurement. Le libre-échange britannique, dans toute sa splendeur. (...) Notre Europe continentale, notre France, notre Allemagne, notre Italie, notre Suisse, ont d'autres valeurs historiques et référentielles que la simple exaltation du libre-échange, du marché, de la valse invisible des exportations, de la plus-value financière sur le travail humain. A cet égard, le Brexit demeure, pour qui sait lire l'Histoire, un événement d'importance mineure. (...)

 

Didier Bonny: « Dans les forêts de Sibérie » Un film qui traite de la solitude sans pour autant que l’on s’y ennuie en le visionnant, c’est le pari réussi de « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film suit logiquement la même trame. (...) Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme. 4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie ». RTS DEUX, jeudi 30 avril, 20h55.

 

David Frenkel: La colonisation par l'Iran de l'Île d'Ormuz L’impérialisme iranien est gentiment en train d'avancer ses pions en Moyen Orient. Non content d’occuper l’Arabistan (environ 250’000km2) depuis près de 100 ans, le régime iranien a récemment autorisé les immigrants perses à bâtir 3000 nouvelles implantations sur l’île arabe d’Ormuz, (L’île d’Ormuz est une île arabe d’une superficie de 42 km² située dans le golfe arabique à environ huit kilomètres de la ville de Bandar Abbas), et cela en infraction des droits légitimes du peuple d’Al-Ahwaz . (...) Ni la ligue arabe ni aucun organisme international, ni aucune organisation internationale ne condamne la colonisation iranienne sur l'Ile qui a débuté en 1925 et qui se renforce encore et encore. (...)

 

Pascal Holenweg: Trois ans de Macron... et après ? Arrivé au pouvoir sans parti derrière lui, sans élus locaux, sans soutien d'une organisation sociale importante, Macron s'est retrouvé, logiquement, seul face à une opposition sociale (les "gilets jaunes") elle-même sans relais politiques crédible (les tentatives de récupération des partis d'opposition ne pouvant en tenir lieu), et sans structuration solide. Il se voulait "maîtres des horloges", mais il n'a fallu qu'un an et demi pour qu'il se retrouve confronté à la désillusion de celles et ceux qui n'avaient voté pour lui que pour éviter l'"autre". (...) Macron s'est coulé dans les institutions de la Ve République comme tous ses prédécesseurs, c'est-à-dire tous les successeurs de De Gaulle, y compris le plus féroce contempteur de ces institutions et de leur créateur, François Mitterrand. (...) Si Mitterrand et Chirac s'en sont bien tirés, et si Pompidou n'a été terrassé que par la maladie, tous les autres ont chuté : De Gaulle a démissionné en 1969, Giscard a été battu en 1981, Sarkozy en 2012, Hollande a renoncé à se présenter... Qu'en sera-t-il de Macron ? Et attend-on vraiment une VIe République ? Portée par qui ? (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: Ernest Renan et le judaïsme (...) Mais si Renan adresse des reproches à son église, l’église qu’il a quittée, il ne tresse pas de couronnes au judaïsme pour autant. Il aura toujours, jusqu’à la fin de sa vie, les réactions d’un prêtre qui ne comprend pas que le judaïsme rabbinique, le judaïsme biblico-talmudique, ait suivi une autre voie que le christianisme. D’une certaine manière, quoique pas toujours très clairement, il voit dans son christianisme à lui la vérité du judaïsme. C’est une présentation polie de la théorie de la substitution. Maintes fois, mais avec beaucoup d’émotion, il se penchera sur l’injuste destin de ce peuple juif qui a voulu écrire l’histoire de l’humanité et qui, pour ce faire, dut consentir le sacrifice suprême : disparaître pour laisser place à ce qui avait surgi en son propre sein. Me revient en mémoire une phrase terrible de cet auteur que j’aime bien malgré tout : le peuple juif a accompli sa mission, il ne sert plus à rien. Et d’ajouter la sève ne coule plus dans ce tronc sec mais s’est réfugié dans le rameau chrétien. Si j’étais juriste, je dirais que c’est une captation d’héritage. Or, tous les juristes savant bien qu’on ne peut pas hériter des biens d’une personne encore vivante.. Et pourtant c’est bien l’OPA que le catholicisme romain a tenté de faire sur le judaïsme, avcc des fortunes diverses. (...)

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