Jacques-Simon Eggly: Après le virus

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Jacques-Simon Eggly: Après le virus

Catherine Armand: Pour bien finir

Vincent Strohbach: Ça y est, c’est parti !

Edmée Cuttat: ”Locarno 2020-For the Future of Films”

Haykel Ezzeddine: Une petite promenade au jardin anglais

Andreas Dekany: Il était une fois la cabine téléphonique

Pascal Décaillet: Le retour du peuple, vite !

Jacques-Simon Eggly: Après le virus Reprendre complètement le cours des choses tel qu’il se déroulait avant ? Ce serait plus que dommage, peu responsable. Imaginer que tout changera de fond en comble, que l’économie mondialisée sera morte, que notre nouvelle manière de vivre enchantera les mânes de Jean-Jacques Rousseau ? Voilà qui n’a aucune crédibilité et qui, d’ailleurs, entraînerait une catastrophe sociale. Alors quoi ? Eh bien, dans le meilleur des cas, il s’agira d’inflexions parfois fortes, de réajustements, de rééquilibres, de comportements collectifs et individuels plus conscients des grands enjeux. Relevons quelques pistes. (...) Que nos hôpitaux européens, pris soudain à la gorge, aient dû, par différents canaux, importer de Chine des quantités considérables de masques, voilà un fait qui sera jugé sévérement par les historiens. (...) La politique de sécurité n’est pas que militaire. Elle est économique, sanitaire, identitaire. Elle est énergétique mais aussi écologique. (...) Une majorité politique devrait déplacer le curseur afin que l’on passe d’une vision du court terme à une vision dirigée sur le long terme. (...)

 

Catherine Armand: Pour bien finir Les conseils municipaux sont à l’arrêt depuis mi-mars, renvoyés à la maison pendant que les exécutifs fédéraux et cantonaux ont pris les pleins pouvoirs. Anesthésiés, figés, nous les élus communaux regardons la politique défiler devant nous sans faire partie du cortège. Nous savions nos prérogatives limitées ; aujourd’hui nous avons l’impression que tout peut tourner sans nous, encombrants parlements de milice. En mettant de côté les délibératifs, ce sont les citoyens eux-mêmes qu’on exclut du débat, et du processus décisionnel. A coup d’ordonnances et d'arrêtés, le jeu démocratique se joue actuellement sans contrôle, sans contrepouvoir. Pourtant, on a peu entendu de conseillers municipaux (moi y compris) élever la voix pour demander la réouverture des parlements. (...)

 

Vincent Strohbach: Ça y est, c’est parti ! (...) On aurait pu, pourtant, espérer que tous ces gens qui se sentent en mesure de décerner des bons, et surtout des mauvais points, seraient capable d’attendre un tant soit peu avant de s’en prendre, avec une virulence particulièrement infecte à celles et ceux dont la tâche consiste à guérir, encadrer, prévenir, expliquer soigner et exiger des mesures exceptionnelles pour lutter contre le coronavirus. J’imaginais qu’on serait d’abord reconnaissant aux milieux politiques et médicaux pour avoir pris les choses en main, mais non, avec les premières mesures de déconfinement, voilà venu, au contraire, le temps des invectives. Chacun y va donc de ses accusations, et de ses critiques envers celles et ceux qui, les «incapables», ont eu le mauvais goût de ne pas faire tout juste dans le traitement de cette pandémie. (...)

 

Edmée Cuttat: ”Locarno 2020-For the Future of Films” La capitulation n’est toutefois pas totale. Etant donné l’impossibilité, en raison de la crise sanitaire, de mettre sur pied sa 73 édition sous sa forme physique habituelle, à commencer par la prestigieuse Piazza Grande pouvant accueillir 8000 personnes, le festival a décidé de se réinventer et de rebondir avec Locarno 2020 For the Future of Films. A travers une série de projets ciblés, cette alternative à l’idée classique de festival cinématographique cherchera à apporter un soutien au cinéma d’auteur indépendant et aux salles de cinéma, en proposant au public et aux professionnels de la branche des contenus spéciaux sur diverses plateformes. (...)

 

Haykel Ezzeddine: Une petite promenade au jardin anglais (...) Aujourd’hui, en revenant du travail j’ai fait un petit bout de chemin du côté du lac et j’ai traversé le jardin anglais. Rien que ce petit trajet m’a enchanté. Allez si je ne trouve pas un plan sympa aux Grisons je me ferais en été un circuit à travers les 310 hectares d’espace vert que compte notre beau canton. Mon reportage photo...

 

Andreas Dekany: Il était une fois la cabine téléphonique (...) Le développement fulgurant du téléphone portable a sonné le glas de la bonne vieille cabine téléphonique, qui nous rappelle tant de souvenirs (colonies de vacances, armée, internat etc.). Il est usuel qu’une invention rende un objet que nous avons l’habitude d’utiliser quotidiennement complètement désuet, les exemples ne manquent pas et j’aurai l’occasion d’y revenir. Vu que Swisscom n’a plus l’obligation d’exploiter des cabines téléphoniques sur l’ensemble du territoire suisse et vu qu’elles sont logiquement déficitaires, elles ont été supprimées les unes après les autres. Quand je pense à une cabine téléphonique, c’est leur odeur typique immédiatement reconnaissable, qui me vient à l’esprit. On constate la puissance de la mémoire olfactive, je n'ai en effet plus remis les pieds dans une cabine téléphonique depuis bien longtemps. Je me rappelle également du bruit caractéristique que faisait le téléphone (...)

 

Pascal Décaillet: Le retour du peuple, vite ! Jamais, depuis 1848, un conseiller fédéral n'a bénéficié du quart, peut-même pas du dixième, de la visibilité d'Alain Berset, depuis le début de la crise. Le principal intéressé, c'est vrai, communique bien. Il est clair. Il évite le paternalisme. Il s'adresse à des citoyennes et citoyens adultes, mûrs et vaccinés, il ne les infantilise pas. Mais tout de même. L'hyper-visibilité du Conseil fédéral, et en général des exécutifs en Suisse, à la faveur de cette crise, doit toucher à sa fin. Depuis des semaines, pour ma part, je la souligne et la condamne. Depuis des semaines, je déplore la disparition des Parlements, et celle de la démocratie directe. Dans notre tradition démocratique suisse, le personnage principal, c'est la citoyenne, le citoyen. Pas l'élu. (...) Pascal Gavillet: Ils nous ont quittés en mars 2020 Première star décédée des suites du coronavirus, l’Italienne Lucia Bosè mit peu de films à nous convaincre. Dès ses débuts, en 1950 chez Giuseppe De Santis puis chez Antonioni, la grâce était là, intangible et réelle. Les années 50 furent pour elle une décennie d’exception, Antonioni à nouveau, puis Luciano Emmer, puis Buñuel, puis le Bardem de Mort d’un cycliste, puis Cocteau. La suite fut plus discrète et on peut regretter que l’actrice ait souvent été si rare, si discrète, se contentant de productions peu médiatisées, de rôles de second plan. Voici comme chaque mois la liste des principaux disparus du cinéma et de la culture. (...)

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