Marc Schindler: Ceux qui osent tout

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tambour.jpgMarc Schindler: Ceux qui osent tout

François Baertschi: il faut davantage de fédéralisme !

Daniel Warner: Breadlines in Switzerland

Pascal Holenweg: ”Grève nationale pour l'avenir”

Pascal Décaillet: Quand le ministre voit large

Gabriel Jaccard: Le 19ème commandement de l'Assurance

John Goetelen: Masques et mascarades

Bernard Comoli: La FUNAI dénonce « l’ancienne » politique indigéniste

Charly Schwarz: Argent et démocratie

David Frenkel: Le bistrot à l'heure du coronavirus

Michel Lambert: Donald Trump et le Covid-19

Marc Schindler: Ceux qui osent tout (...) Notre homme est un champion du copié-collé et ses interminables chroniques sont un florilège d’affirmations qu’il a déjà proférées précédemment. On ne sait s’il a le temps de s’occuper du Brain-Fit Institute, qu’il a créé, et de Pro Mente Sana-Romandie, dont il est secrétaire. Il semble que son activité à plein temps consiste à rassasier sa cohorte de fans en leur prodiguant ses chroniques aux titres sensationnels et en multipliant ses interventions dans les radios francophones, qui le présentent comme « depuis 30 ans, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de santé publique ». Ses formules-choc font le bonheur des médias complaisants : « Nous sommes dans une dramatisation collective » ; « le confinement, un défaut de réaction du politique ». Ah, si on l’avait écouté, le monde ne serait pas plongé dans la pire crise depuis la dernière guerre ! Il a même eu le temps de publier un livre qui restera dans l’histoire du virus, selon lui : « Covid-19 : anatomie d’une crise sanitaire ». Notre as de la communication en fait la promotion en accordant un longue interview complaisante à un philosophe conquis par ses thèses. Comme tous ceux qui savent, il refuse d’écouter les arguments de ceux qui osent mettre en doute ses certitudes. Ces journalistes ignares ont l’impudence de critiquer un expert scientifique reconnu ! (...)

 

François Baertschi: il faut davantage de fédéralisme ! (...) Très nettement, la Confédération a été contrainte de prendre le « leadership », tout en maîtrisant mal les particularités locales et en particulier le Tessin ou Genève qui, proches de l’Italie du nord, ont été les plus exposés. Ce problème est d’ailleurs significatif d’une tendance générale où la Confédération veut s’occuper de tout sans avoir la possibilité de bien faire son travail, comme le dit si bien la maxime : qui trop embrasse mal étreint. Nous connaissons le même cas de figure avec l’assurance-maladie où tout est centralisé de manière abusive au niveau de la Confédération. Il est impératif d’avoir une gestion réellement décentralisée à l’échelon des cantons afin de mieux tenir compte des réalités. L’heure est venue de procéder à un renforcement du fédéralisme et à un accroissement du pouvoir dévolu aux cantons qui ont le grand avantage d’être proches des citoyens. (...)

 

Daniel Warner: Breadlines in Switzerland “Switzerland Punches Above Its Weight” “The Small Alpine Country Is a Financial and Diplomatic Global Player” “Geneva is the Rome of Multilateralism” We have all heard and read these headlines. While not quite touted like the United States as the “indispensable nation,” Switzerland is often presented as something special. (...) Switzerland, The Monaco of the Mountains, that’s where. Except that recent headlines in Reuters, The Guardian and elsewhere have reported food lines in Geneva that contradict this image. “In one of the world’s richest and most expensive cities, poor and migrant workers are suffering under coronavirus restrictions,” Reuters recounted. (...) Switzerland, like the Nordic countries, for example, has less inequality than the United States. And it may have more wealthy citizens than the Nordic countries because of tax differences. But to imagine that Switzerland has no poor people, and that the coronavirus has not caused enormous economic suffering, is to play into an idealized image creation. After all, even Roger Federer loses tennis matches and needs injury-induced operations. So while image creation is important, it should not be totally divorced from reality. I do not feel sorry for Nicholas Bideau. There will be no letter of condolence from me. He has much to present as a positive image for Switzerland.

 

Pascal Holenweg: ”Grève nationale pour l'avenir” (...) Il y a enfin, forcément, un enjeu fiscal : la transition écologique va coûter cher (si elle rapportera beaucoup plus -mais plus tard), et il faudra donc la financer. Elle peut l'être par la dette et par la fiscalité. Contrairement à ce que clament depuis des plombes les économistes orthodoxes, la dette n'est pas un problème -ou plutôt, elle ne l'est que si on la rembourse. Le seul problème qu'elle pose, c'est celui de son service (autrement dit : les intérêts), qui pèsent sur les budgets (quand les intérêts ne sont pas nuls ou négatifs). Quant à la fiscalité, il va bien falloir la renforcer, créer des impôts nouveaux (et pas des taxes nouvelles), progressifs en fonction des impact environnementaux des comportements, et voués à alimenter des fonds généraux de transition climatique, énergétique et écologique. "La crise climatique n'attend pas», proclame la Grève pour le Futur, et la crise sociale non plus n'attend pas. Et puisqu'il nous faut "penser global et agir local", on rappellera que la Ville de Genève a déclaré l'"état d'urgence climatique" l'année dernière. Et qu'il reste à la meubler d'actes concrets et forts, cette proclamation, Ce sera, avec l'urgence sociale, l'un des deux premiers enjeux de la nouvelle "législature" municipale, et de sa nouvelle majorité de gauche. (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Pascal Décaillet: Quand le ministre voit large (...) Des pistes cyclables oui. Mais il faut les aménager correctement. Et là, désolé, mais ce qu'on vient de nous tracer, boulevard Georges-Favon direction Coulouvrenière, ou après la place du Cirque en sens inverse, ce ne sont pas des pistes cyclables, mais des aires d'atterrissage pour jets privés, retour du Grand Prix d'Abu-Dhabi. On dira, pour demeurer courtois, que le ministre a vu large. Il a dû se rêver Baron Haussmann, Paris Second Empire, Champs-Élysées, boulevard des Italiens, Belle-Epoque, champagne avec les danseuses, Offenbach, grande vie. (...)

 

Gabriel Jaccard: Le 19ème commandement de l'Assurance Lisez! Cet article parle de votre prochaine augmentation d'impôt ou de celle de vos cotisations d'assurances au choix! Outre le caractère populiste de la proposition de M.Poggia retracée dans l'article (ici). Ella a pour vertu de poser la question de la participation des assurances aux frais de la crise sanitaire aux côtés de l'Etat. En effet, la question apparaît légitime si, comme moi, d'une part vous subissez de plein fouet des hausses de tarifs annuelles jusqu'à payer plus de 10% de votre salaire - véritable impôt supplémentaire! - sans avoir le droit à aucune prestation en retour; Et que d'autre part vous observez l'enrichissement à la démesure des assureurs et de leurs compagnies assurances. Dans ce contexte, il conviendrait de rappeler que le but initial des assurances vise l'utilité publique au travers de la santé et pas l'accumulation de milliards! Dans l'hypothèse où les assurances n'utiliseraient pas ces fonds de réserves, composés de nos cotisations, pour cette situation-ci qu'elle est donc leur but fondamental? (...)

 

John Goetelen: Masques et mascarades (...) Je ne demande pas une contrition humiliante, je ne suis le juge de personne. Mais la simplicité aurait peut-être redonné confiance en la classe politique, confiance très altérée en Hexagonie. Macron garde le vieux réflexe de l’État français central, repaire d’élites diverses, et qui semble si souvent en guerre contre sa propre population. Maintenant l’Académie de Médecine affirme que le port du masque est indispensable. Elle dit cela quand les masques sont enfin disponibles. Les officiels de la santé disaient le contraire quelques semaines plut tôt, quand les masques ne l’étaient pas. Cela est propice à alimenter une suspicion à l’égard du discours officiel. L’affaire des masques, la controverse Raoult, l’enfumage du gouvernement, la révélation de son impréparation, entre autres: le débriefing de la crise pourrait être sanglant. Et en Suisse? J’aimerais savoir pourquoi la Confédération n’a mis des masques à disposition du public que tout récemment. S’il proviennent des stocks de l’armée, depuis quand celle-ci en disposait-elle? Le déconfinement c’est comme la pluie: ça fait pousser les questions.

 

Bernard Comoli: La FUNAI dénonce « l’ancienne » politique indigéniste Le 4 mai, une note du Service de communication de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI*, intitulée « Os Fatos » (Les faits) rappelle que la victoire de Jair Bolsonaro en 2018, « …représente une rupture et le rejet par le peuple brésilien des politiques publiques socialistes implantées par le gouvernement fédéral depuis 2003. Pendant quasiment vingt ans, la politique indigéniste brésilienne de l’administration socialiste du Gouvernement Fédéral s’est limitée à pratiquer l’assistance et un paternalisme explicite avec la participation d’ONGs et de groupes religieux liés à la Théologie de la Libération, d’inspiration marxiste, dirigés par l’évêque mexicain Samuel Ruiz**. Le résultat de cette politique peut se résumer dans la situation de pauvreté, de dépendance et d’exclusion dans laquelle se trouvent actuellement les peuples indigènes brésiliens. Pour tout cela la FUNAI rejette publiquement le discours*** du Secrétaire exécutif du Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, Antônio Eduardo de Oliveira, chargé de rancœur politique par la déroute électorale de 2018…. (...) Une première réponse est venue le 6 mai. L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, et une trentaine d’organisations indigènes et indigénistes ont publié une note de protestation. (...)

 

Charly Schwarz: Argent et démocratie Dans une dictature, l’argent sert à acheter des armes , à payer la police et l’armée qui permettent de se maintenir au pouvoir. En démocratie, l’argent permet de se faire réélire, en procurant des avantages matériels aux secteurs de la société dont le soutien électoral est indispensable. Mais en règle générale, les gouvernements ne prennent aucune mesure qui irait à l’encontre des intérêts d’un secteur industriel puisant, aussi destructrices que puissent en être les activités, à moins d’y être contraints par la pression de l’opinion publique. (...)

 

David Frenkel: Le bistrot à l'heure du coronavirus (...) Le coronavirus s’en était pris à ces poumons citadins et villageois qui faisaient la joie des gens harassés, des couples coincés, des individus délaissés. Après que ces poumons se sont bien essoufflés, voilà qu’ils reprennent vie. (...) Quant aux poumons nains de nos quartiers que sont les estaminets, ils sont encore à bout de souffle. Ne pouvant souffler la distance, il ne peuvent même pas servir par intermittence. Alors, en attendant que les clients leur apportent une bouffée d’oxygène, ils doivent faire face à une situation anxiogène. Si cette situation devait perdurer sans s’améliorer, le risque pour les petits bistroquets, c’est de devoir mettre la clé sous le parquet.

 

Michel Lambert: Donald Trump et le Covid-19 (...) Ça c’est un grand président. La preuve c’est que dans certains Etats le peuple qu’il a fanatisé descend dans la rue, armes au poing (très utiles pour tuer un virus) en se targuant de la liberté de vivre, de faire et de travailler. Car comme le dit leur président, le virus n’est qu’une simple petite grippe. On a rarement fait mieux dans la manipulation mentale. Ça c’est un grand président. Il plane au-dessus de la mêlée, laisse faire les autres pour pouvoir se glorifier plus tard de leurs propres succès. Comme un général qui envoie ses troupes à la mort pour se glorifier plus tard de tous leurs sacrifices. Longue vie à l’Amérique.

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