Anne Cendre: La Covid-19

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covid 19.jpgAnne Cendre: La Covid-19

Arnaud Cerutti: Gelson Fernandes, un vaillant soldat s'en va

Edmée Cuttat: Michel Piccoli jamais Cesarisé

Sylvain Thévoz: Donnons de la voie !

François Baerschi. ”Moi, Serge Dal Busco d'abord” ou Genève d'abord?

Michel Segapelli: Donbass. guerre oubliée

Pascal Décaillet: Le camp de la colère

Marie-France de Meuron: Science sans conscience...

Jean-Dominique Michel: Réponse à Heidi News

Anne Cendre: La Covid-19 L’Académie française, surnommée la Vieille Dame du Quai Conti, qui prend toujours le temps de la réflexion, est sortie de son confinement pour annoncer qu’il fallait féminiser le Covid-19. Pourquoi ? Parce que cet acronyme signifie en anglais Coronavirusdisease, c’est-à-dire maladie du coronavirus. Maladie étant féminin, il faut dire la Covid-19. La formule a été lancée par le Québec, semble-t-il. (...) L’anglais, voire l’américain, une fois de plus donne le ton. Pourquoi n’avoir pas, dès le début, imaginé un nom français ? La macovir : maladie du coronavirus. Ou, quand le virus s’impose, le macovir. (...) Dès le début de la pandémie, on a parlé de cluster, ce qui s’appelle simplement en français un noyau, un foyer, d’où l’épidémie se répand. Pas besoin d’avoir recours à l’anglais. (...)

 

Arnaud Cerutti: Gelson Fernandes, un vaillant soldat s'en va Un vaillant soldat s’apprête à tirer sa révérence. Au terme de la présente saison, qui devrait pouvoir se terminer normalement en Allemagne, où il évolue sous les couleurs de l’Eintracht Francfort, Gelson Fernandes actionnera donc le clap de fin d’une carrière entamée il y a de cela dix-sept ans sous le maillot du FC Sion, son club formateur. De 2003 à aujourd’hui, ses crampons ont été ceux d’un globe-trotter, joueur hyperactif ayant traversé cinq pays sans compter le sien, la Suisse, en imposant pratiquement partout son jeu, sa griffe et son incroyable capacité d’adaptation. De Gelson, enfant du Cap-Vert arrivé en Valais cinq ans après sa naissance, il restera sans doute cela, cette qualité de se fondre dans n’importe quel groupe, cette faculté à savoir se faire apprécier par ses coaches comme par ses pairs. Ce n’était pas le joueur le plus exceptionnel de sa génération ni le plus talentueux, mais c’était un vaillant soldat sur le terrain, un bon soldat en dehors aussi, qui ne formulait jamais un mot plus haut que l’autre; une sorte de pain bénit pour un coach, un repère dans un groupe, le liant que tout technicien aimerait posséder sous ses ordres. (...)

 

Edmée Cuttat: Michel Piccoli jamais Cesarisé (...) Acteur fétiche de Luis Bunuel (huit œuvres), Marco Ferreri (huit également) Claude Sautet (cinq), il a également été dirigé par Jean Renoir, Claude Chabrol, Jacques Demy, Jacques Rivette, Manoel de Oliveira. Sans oublier Alfred Hitchcock (L’étau). Il obtient le prix d'interprétation masculine à Cannes en 1980 pour son rôle dans Le Saut dans le vide de Marco Bellochio. Il a également remporté l'Ours d'argent du meilleur acteur pour Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre en 1982, et le David di Donatello dans Habemus Papam. En revanche, malgré son impressionnante filmographie, il n’a jamais reçu de César, auquel il a plusieurs fois pu prétendre. (...) Le comédien avait le cœur à gauche. Il avait soutenu François Mitterrand lors des élections de 1974 et 1981 et, en 2007, appelé à voter pour Ségolène Royal. Sa conscience politique, confiait-il en 2000 dans une interview à l’Express, s’était éveillée lors de la Seconde Guerre mondiale en entendant tout d'abord Hitler à la radio, puis l'appel du 18 juin du général de Gaulle.


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Sylvain Thévoz: Donnons de la voie ! La décision des autorités cantonales et municipales de créer de nouveaux aménagements cyclables en urgence ces derniers jours afin d’accompagner la sortie du semi-confinement a provoqué une levée de boucliers de la part des pro-voitures. Pourtant, si ces pistes n’avaient pas été tracées, le risque de report modal sur la voiture aurait entraîné un chaos total du système de transport. C’est une décision pragmatique et efficace que les autorités ont prise et qui va dans le même sens que celles de nombreuses capitales européennes (Paris, Bruxelles, Milan, Paris). A chaque mode de transport sa voie. Cela est très démocratique. Il n’y a pas de raison que des personnes isolées dans des carlingues d’une tonne et d’un autre temps continuent d’occuper toute la ville au détriment de la santé et de la sécurité des habitant.e.s. (...)

 

François Baerschi. ”Moi, Serge Dal Busco d'abord” ou Genève d'abord? (...) Quand on bloque le centre de Genève à la circulation automobile, sans aucune concertation, de manière dictatoriale, comme l'a fait le conseiller d'Etat PDC, on devrait avoir la décence soit de montrer l'exemple soi-même soit de ne pas avoir une attitude arrogante, alors que de nombreux secteurs économiques et les travailleurs vont souffrir dans la phase de déconfinement. Dès lors, on peut être surpris de lire sur la page Facebook du journaliste sérieux Jérémy Seydoux cette citation du conseiller d'Etat Serge Dal Busco, grand organisateur du blocage. "J'ai été faire un tour avec ma décapotable cet après-midi". Les travailleurs pris dans les bouchons et les livreurs apprécieront. En résumé c'est: "Moi, Serge Dal Busco d'abord", je peux rouler tranquillement en décapotable et vous devez subir les bouchons. Permettez-moi de préférer une autre formule: "Genève d'abord". (...)

 

Michel Segapelli: Donbass. guerre oubliée Journaliste spécialisé dans le domaine des pays de l’ex-URSS, Benoît Vitkine est correspondant au journal Le Monde depuis de nombreuses années et a obtenu en 2019 le prix Albert Londres de la presse écrite pour toute une série d’articles dont quelques portraits de ces combattants du Donbass, une guerre méconnue, quasiment oubliée, qui sévit pourtant depuis 2014 dans l’est de l’Ukraine en opposant l’armée loyaliste ukrainienne aux séparatistes prorusses et dont le bilan fait état de pas moins de 13’000 morts. Parmi ces portraits de vétérans figure celui de Vladimir Vlasenko, un ancien de la guerre d’Afghanistan, qui pensait cultiver tranquillement son potager en Ukraine avant de reprendre les armes pour combattre les séparatistes. Après les reportages, c’est par le biais de la fiction que Benoît Vitkine a choisi de nous faire partager le quotidien d’une guerre qui s’embourbe dans les tréfonds de l’oubli tout en intégrant quelques caractéristiques des combattants qu’il a rencontré lors de ses entretiens dans les personnages qui animent son premier roman intitulé Donbass prenant l’allure d’un thriller sur fond de conflit armé. (...)

 

Pascal Décaillet: Le camp de la colère Avec la complicité de Serge Dal Busco, et sans doute mercredi celle du Conseil d’État, l'idéologie Verte tente l'un de ces coups de force dont elle a le secret : donner un signal très clair d'extension du champ de la "mobilité douce", et de réduction de l'espace urbain pour les véhicules privés à moteur. Cette idéologie, à la faveur de l'hystérie climatique de 2019, a gagné du terrain. C'était une année électorale : les Verts ont engrangé des bénéfices (c'était le but du tintamarre), les voilà avec quatre parlementaires fédéraux pour Genève, et depuis le 1er juin deux conseillers administratifs en Ville, détenteurs des leviers de pouvoir que sont les Finances et l'Aménagement. Ils ont gagné du terrain, mais ne sont absolument pas majoritaires à Genève, ni en Suisse. (...)

 

Marie-France de Meuron: Science sans conscience... (...) Comme le dit si bien le Pr Alexandra Henrion-Caude, "on ne raisonne plus d’une façon rationnelle face à un problème et on adopte la formule de la Silicon Valley qu’on appelle le solutionnisme technologique. Il en existe des livres : la technologie a la réponse à tout. On oublie que derrière la technologie, il y a des programmateurs qui, s’ils n’ont pas la réponse, le solutionnisme n’en aura pas non plus ! Cette déclaration exprime bien à quel point la raison animée n'a plus sa place. Ceux qui se cantonnent derrière cette technologie ne veulent pas voir que les programmateurs n'ont pas d'âme, autrement dit, qu'ils ne sont pas portés par un souffle créateur. Il est effarant aussi de constater jusqu'à quel point les statistiques ont envahi la médecine conventionnelle. (...)

 

Jean-Dominique Michel: Réponse à Heidi News La médecine joue bien sûr un rôle central dans les réponses à apporter, mais elle a en l’occurrence glissé (ou a été mise) dans une position autocratique qui n’aura pas été bonne, ni pour elle, ni pour la qualité des décisions publiques. Le philosophe Comte Sponville l’a souligné mieux que moi -on peut bien sûr être d’accord avec lui ou non- mais la question pour éviter de reproduire les écueils du passé immédiat sera celui de constituer des commissions d’experts qui disposent d’une mixité de savoirs et d’intelligence : toutes les grandes catastrophes militaires, industrielles et sociétales ont toujours suivi des décisions prises par des comités d’expert pensant tous la même chose… (...) Je l’ai expliqué : étant un spécialiste de l’épidémiologie des maladies non-transmissibles, je me suis tourné vers ceux que je considère comme les meilleurs dans leur domaine (citons les Prs Gotzsche, Ioannidis, Giesecke, Wittkowsi, Darlix et Krüger parmi de nombreux autres). Et là, surprise, l’évaluation qu’ils portaient sur l’ampleur et la gravité de l’épidémie n’avaient rien à voir avec le discours « officiel ». A mesure qu’avançaient les choses, on voyait apparaître d’autres motifs problématiques, structurels, dont les deux suivants : (...)

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