Jean-Michel Olivier: L'information volatile

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pigeons.jpgJean-Michel Olivier: L'information volatile

Marc Schindler: Aux masques, citoyens !

Magali Orsini: Et pendant ce temps-là, la finance…

Didier Bonny: « Epouse-moi mon pote »

Jean-Dominique Michel: Anatomie d'un désastre

JF Mabut: L'humanisme en Islam

Sylvie Neidinger: Merci Didier Pittet

Maurice Ruben Hayoun: Renan à la recherche de l’essence du christianisme

Marie-France de Meuron: Synthèse de la médecine ou médecine analytique?

Charly Schwarz: Les insatisfaits de la démocratie

Jean-Michel Olivier: L'information volatile (...) À peine le professeur Montagnier avait-il quitté son estrade qu'une multitude de contradicteurs, armés de scuds surpuissants, l'ont abattu en plein vol ! Exemple : « La conclusion de ces recherches n’a pas de sens » déclare à l’AFP le virologue Etienne Simon-Lorière de l’Institut Pasteur à Paris. Pour lui, ces séquences « sont de tout petits éléments que l’on retrouve dans d’autres virus de la même famille, d’autres coronavirus dans la nature. Ce sont des morceaux du génome qui ressemblent en fait à plein de séquences dans le matériel génétique de bactéries, de virus et de plantes. » Et il ajoute, pour les poètes et les littérateurs, cette phrase qui donne à réfléchir : « Si on prend un mot dans un livre et que ce mot ressemble à celui d’un autre livre, peut-on dire que l’un a copié sur l’autre ? » Pour ma part, je n'ai jamais douté que les écrivains — sans distinction de genre, d'âge, de couleur ou d'origine — se soient toujours copiés les uns les autres, ne serait-ce qu'en se servant de la langue commune ! (...)

 

Marc Schindler: Aux masques, citoyens ! Ça y est, on voit enfin le bout du tunnel ! Cette saleté de virus va être vaincue, grâce à la stratégie audacieuse du gouvernement. Dès lundi, les pharmacies de France et de Navarre pourront enfin vendre des masques de protection contre le Covid-19. C’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que des masques, on n’en a pas ! Alors, on bricole et les petits malins s’en mettent plein les poches. Je résume. (...) Mais, bon sang, pourquoi manque-t-on de masques ? Le quotidien suisse Le Matin Dimanche a mené l’enquête en Suisse. C’est parce que, au premier trimestre, des petits malins ont vendu en Chine, en France et en Allemagne 25 tonnes de masques suisses recherchés par les hôpitaux. Au plus offrant : 60 francs suisse le kg pour la Chine, 207 pour l’Allemagne, 96 pour la France, 126 pour l’Espagne. Le pompon, c’est la Guinée Equatoriale : 528 francs le kg. Les affaires sont les affaires ! En même temps, la Suisse achetait 108 tonnes de masques aux mêmes pays. Si ça se trouve, ce sont les mêmes excellents produits made in Switzerland. Et en France ? Ben, si vous croyez que le gouvernement a le temps de faire une enquête ! (...)

 

Magali Orsini: Et pendant ce temps-là, la finance… Ces quelques considérations sont un résumé d'un article récent d'Eric Toussaint. Il répète que tous les éléments d'une nouvelle crise financière étaient réunis depuis plusieurs années et le coronavirus n'a été que le déclencheur. Les mesures annoncées en 2008 et 2009 pour discipliner les banques se sont limitées à des effets d'annonce. A la fin mars 2020, la FED, la BCE et le Comité de Bâle ont de toutes façons mis fin à presque toutes les restrictions imposées aux banques après la dernière crise. Déjà à l'époque, les milliers de milliards de dollars distribués aux banques par les banques centrales n'ont pas été utilisés pour de l'investissement productif, mais pour acquérir des purs actifs financiers, produisant une bulle spéculative. Face à l'éclatement de la nouvelle bulle boursière qui a commencé en février 2020, la FED a baissé drastiquement son taux directeur, encourageant les banques à augmenter les dettes. Et elle a à nouveau injecté une masse énorme de dollars car les banques répugnaient à se prêter de l'argent. De plus, elle achète massivement des dettes très risquées. Quant à la BCE, elle va également gonfler les crédits avantageux octroyés aux banques. (...)

 

Didier Bonny: « Epouse-moi mon pote » Yassine, jeune étudiant marocain, fait la fierté de sa famille qui s’est cotisée pour qu’il puisse faire des études à Paris. Suite à un malheureux concours de circonstances, Yassine rate son examen et se retrouve dès lors sans statut légal. Pour remédier à cette situation, il se marie avec son meilleur ami Frédéric, pourtant déjà en couple avec sa copine. Soupçonné par un fonctionnaire d’avoir fait un mariage blanc, ils vont alors devoir s’inventer une vraie vie de couple homosexuel pour lui faire croire que leur histoire est vraie. (...) Au final, « Epouse-moi mon pote » est un film qui tient ses promesses : stupide et drôle. Vous voilà prévenus. Inédit. 2 étoiles. « Épouse-moi mon pote ». RTS 1, lundi 27 avril, 20h20.

 

Jean-Dominique Michel: Anatomie d'un désastre PHUSIS et ATHLE.ch| se sont rendus à Genève pour rencontrer Jean-Dominique Michel, un des plus grands spécialistes mondiaux de santé publique. Personnalité médiatique de longue date en terres romandes, il est boudé par les services publics et grands médias suisses durant la crise. 66 minutes de discussion pleine de sagacité et d’ouverture – et sans langue de bois – qui raconte et met en perspective le moment sidérant, énigmatique et inquiétant que nous vivons. Le samedi après-midi du 25 avril 2020, nous nous sommes rendus à Genève à la rencontre de Jean-Dominique Michel, anthropologue et expert de renommée mondiale en matière de santé publique. Après avoir étudié pendant plus de 30 ans les pratiques de soins et dispositifs sanitaires en Europe et dans le monde et avoir enseigné dans une quinzaine de programmes universitaires et Hautes écoles en Suisse et à l’étranger, il a travaillé comme nul autre ces dernières semaines pour comprendre et mettre en perspective ce qui nous arrive. Dans son bureau de l’Association Pro Mente Sana dont il est le secrétaire général, il nous présente, avec sagacité, ouverture et sans langue de bois l’anatomie de la crise que nous vivons. Mise en perspective à partager sans modération.

 

JF Mabut: L'humanisme en Islam (...) "L'humanisme en Islam" est le titre ce dimanche matin de la deuxième des émissions religieuses de France 2, entre le bouddhisme et le judaïsme, avant le culte protestant et la messe catholique. La douce Leili Anvar tente de séduire deux vieux savants: un docte musulman et un docte catholique oriental. Tous trois sont dans leur mise et leurs propos à mille lieues des jeunes des banlieues islamisées que craint tant la France. D'emblée on apprend que l'humanisme est un acquis grec en islam. Le docte musulman plonge dans le coran pour en sortir en arabe le mot clé qui dit que l'islam est évidemment précurseur en toute chose. Tactique classique de toute pensée qui se prétend première, unique et impérialiste. Le docte catholique oriental dit à un moment une chose qui éveille mon attention: l'humanisme occidental est centré sur l'homme, l'humanisme oriental est centré sur Dieu. (...)

 

Sylvie Neidinger: Merci Didier Pittet Il y a vingt ans, Prof. Didier Pittet, médecin genevois inventait le gel hydroalcoolique avec l'aide du pharmacien anglais William Griffiths, -un peu oublié dans l'affaire, lui qui véritablement mit au point la formule à l'hôpital de Fribourg puis aux HUG. Le médecin pouvait breveter le produit désinfectant à son profit. Le commercialiser. S'enrichir. Il a choisi de donner le brevet à l'OMS. Belle éthique. Né le 20 mars à Genève, d'une famille catholique de Lancy, d'un père électricien et d'une mère au foyer, l'épidémiologiste et infectiologue a fait ce choix: "afin que la solution hydro-alcoolique puisse être fabriquée localement et à moindre coût dans le monde entier." Pour lutter contre les infections nosocomiales principalement. Une révolution. Son interview à l'OMS.

 

Maurice Ruben Hayoun: Renan à la recherche de l’essence du christianisme (...) L’esprit scientifique a toujours été le fond de sa nature. Mieux encore ; le goût de l’érudition est inné en lui.. Ce n’est ni la scolastique ni la philosophie qui ont pulvérisé la foi chez Renan, c’est la critique historique. Il se sentait en empathie avec des savants comme Victor Cousin et Augustin Thierry. Finalement, le conflit entre foi et raison ne fut pas réglé car il ne pouvait pas l’être. On choisit une cote mal taillée : Renan ira faire sa théologie à Saint-Sulpice pendant deux ans. Et on verra après s’il devait rester sur place ou rejoindre l’Ecole Normale Supérieure… J’allais à Saint-Sulpice, j’appris l’allemand et l’hébreu ; cela changea tout. Je fus entraîné vers les sciences historique, petites sciences conjecturales, qui se défont sans cesse après s’être faites et qu on négligera dans cent ans. On voit poindre, en effet, un âge où l’homme n’attachera plus beaucoup d’intérêt à son passé…. Le regret de ma vie est d’avoir choisi pour mes études un genre de recherches qui ne s’imposera jamais et restera toujours à l’état d’intéressantes considérations sur une réalité à jamais disparue. A Saint-Sulpice, en effet, je fus mis en face de la Bible et des sources du christianisme.(...)

 

Marie-France de Meuron: Synthèse de la médecine ou médecine analytique? J'aime aborder l'étymologie des mots qui, en plus de nous permettre d'en capter le concept, nous en offre le corps-énergie, terme dont le sens est à distinguer des corps d'énergie. Il est l'ensemble que représente un objet vivant. Par exemple, chacun sait ce qu'est un arbre. Lorsque nous en captons le corps-énergie, nous constatons bien qu'il n'émane pas du tout la même chose selon qu'il s'agit d'un mélèze ou d'un pommier! En fait, il en va de même pour un être humain : si nous parlons d'un homme ou d'une femme, c'est un concept qui a certes une riche signification mais cela ne dit rien de l'être qui l'anime tant avec son système sensible qu'avec ses systèmes moteur et rationnel. (...) Nous constatons que la médecine actuelle cherche plutôt à cerner un problème pour le "confiner" à un diagnostic bien précis que l'on peut gérer avec des moyens les plus simplifiés possible. (...)

 

Charly Schwarz: Les insatisfaits de la démocratie Par le passé nos démocraties ont été confrontées aux déferlements de passions et menacées par l’intensité des luttes entre les défenseurs d’un certain ordre et les mouvements révolutionnaires. Ces événements pèsent encore lourdement sur notre vie politique. Dès lors, on pourrait penser que la décrue des passions politiques a pour effet de consolider notre démocratie. Mais ce n'est malheureusement pas le cas. Car, cette évolution a aussi son revers, l’affaiblissement de la croyance dans les vertus du régime démocratique. (...)

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