André Thomann: La fourmi, sale bête

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fourmi.jpgAndré Thomann: La fourmi, sale bête

Jacques-Simon Eggly: Le vélo n’est pas tout

Marc Schindler: Monte Carlo, sans la musique !

Pascal Holenweg: Fin de ”législature municipale” : Ouf !

Beate Giffo-Schmitt: Transformation

Didier Bonny: « Primaire »

Mireille Vallette: France : les musulmans obligés d’enterrer leurs morts dans leur pays

Edmée Cuttat: Cinéma: réouverture des salles le 6 juin.

JF Mabut: Je le jure, je le promets, je m'y engage

André Thomann: La fourmi, sale bête (...) On lit les fables quand on est tout petit déjà et on ne déchoit pas en les relisant adulte. On peut cependant trouver, comment dire, un peu trop classiques certaines moralités. Que le travail soit un trésor (le laboureur et ses enfants), soit. Qu’il ne faille pas écouter les flatteurs (le corbeau et le renard), on ne peut qu’être d’accord. C’est chez la fourmi que je suis réticent. (...) La fourmi n’est pas prêteuse, La Fontaine le constate lui-même. Mais je la trouve aussi arrogante. Entre insectes, on ne devrait pas se parler comme ça. Avec son ‘eh bien dansez maintenant !’, elle envoie carrément la cigale aux fraises. Sans vergogne ! (...) Tenez, elle me fait penser aux indépendantistes catalans. Sont des bosseurs. Leur Land est prospère. Assis sur leur petit magot, ils n’en ont rien à cirer du reste de l’Espagne : vous chantiez le flamenco, j’en suis fort aise. Maintenant mettez-vous au zapateado. On ne saurait être plus égoïste. Imaginez un instant que chez nous Zurich s’engage sur la même voie. (...)

 

Jacques-Simon Eggly: Le vélo n’est pas tout (...) Oh, il faut inciter les gens à opter pour la mobilité douce. Bien d’accord. Le vélo, quand c’est possible et pour qui c’est aisé, plutôt que la voiture. Mais puisqu’on parle de la vogue pour les cyclistes, parlons aussi éducation et solidarité. Les vélos électriques et, pire, les trottinettes de la même veine peuvent être dangereux ; notamment pour les champions de la mobilité douce : les piétons. Lorsque l’on habite et que l’on travaille en ville, être piéton, c’est le plus sain et le plus écologique. Eventuellement, bien sûr, les transports publics pour les plus fatigués ou ceux qui sont astreints à des trajets plus ou moins longs. Ces piétons qui viennent d’apprendre que les jeunes cyclistes, jusqu’à douze ans, peuvent les bousculer sur les trottoirs. A quand une grand manifestation des piétons contre les cyclistes, écologiques peut être mais pas toujours éduqués. ?Mais non, on ne désire pas une confrontation au sujet de la mobilité ; on souhaite une intelligence partagée. (...) A quand un magistrat intelligent qui proclamera : “je suis piéton, cycliste, usager des transports publics, automobiliste suivant les cas. Le désire que ces modes de locomotion s’acceptent les uns les autres dans un souci d’équilibre raisonnable”. La décision pour les quais ne l’est pas. C’est ce que l’on appelle faire fausse route.

 

Marc Schindler: Monte Carlo, sans la musique ! (...) Depuis quelques jours, l’invraisemblable se produit : alors que les prévisions économiques sont catastrophiques, que le chômage va mettre à la rue des millions de gens, que les gouvernements ont créé des montagnes de dettes, 10 000 milliards d’euros, voilà que les Bourses mondiales pètent le feu : le CAC40, le Dow Jones, le Nikkei, le FTSE remontent la pente. Mais ils sont devenus fous, ces traders, ces gérants de fortune, ces investisseurs ? Quand les entreprises n’ont rien produit ni vendu depuis deux mois, quand c’est l’Etat qui paie les salaires, quand la récession pointe son nez, il faut vraiment être inconscient pour acheter des actions. Otto Stich avait raison : à la Bourse, les investisseurs se conduisent comme des joueurs au casino. Ils sont sûrs d’avoir une martingale infaillible pour se refaire : la reprise économique interviendra rapidement et 2021 sera une année magnifique pour leurs profits. Ils misent sur une relance de l’économie, grâce aux milliards déversés par les gouvernements. Ils savent que la Bourse est l’endroit où les patrons viennent chercher l’argent pour financer leur entreprise. En réalité, personne n’est sûr de rien. (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Pascal Holenweg: Fin de ”législature municipale” : Ouf ! (...) Les villes genevoises, dont toutes les autres que la Ville de Genève, deuxième ville de Suisse, sont au moins égales, voire supérieures, en taille démographique à Delémont, Martigny ou Bellinzone, sont des nains politiques, avec un petit quart des compétences de leurs voisines vaudoises. Elles ne peuvent sans l'autorisation du canton placer un "gendarme couché" sur une rue cantonale pour y ralentir le trafic; elles ne délivrent pas d'autorisations de construire, seulement des préavis sur lesquels le Conseil d'Etat peut s'asseoir. En revanche, elles doivent assurer l'infrastructure (les canalisations, l'électricité, les routes), payer les écoles primaires (mais c'est le canton qui décide d'ouvrir ou de fermer des classes), et avec la Ville de Genève assumer l'essentiel de la politique culturelle genevoise. Et leur gestion financière est sous la dépendance du canton : elles n'ont même pas accès au registre fiscal, c'est-à-dire à la taxation de leurs contribuables, et à leur identité... Et quand on attribue généralement cette faiblesse de l'autonomie et de la capacité de décision municipales à Genève à un héritage du "régime français" de 1798 à 1814, on se trompe : non seulement c'est le "régime français"qui a créé les communes genevoises (il n'y en avait pas avant), mais c'est le "régime genevois" qui les a, délibérément, maintenues dans un état de sujétion à l'égard du canton (...)

 

Beate Giffo-Schmitt: Transformation Depuis longtemps j'avais prévu de couper les cheveux et de les laisser courts quand j'aurais 60 ans. J'avais envisagé de partir au Cambodge pour être bronzée et de les couper à ras comme le font les nonnes ou les vieilles femmes là-bas que je trouve incroyablement belles. Mais mon fils et mon compagnon n'y tenaient pas. Mon fils ne voulait pas avoir une mère avec des cheveux gris. A se demander qui a un problème avec l'âge, les jeunes ou leurs parents. Alors pour leur faire plaisir j'avais repoussé mon projet au moment de la retraite. Mais pendant le confinement les racines ont poussées, comme pour tout le monde, j'ai bronzé et ma tête a commencé à prendre une auréole argentée. C'était joli. Plus les semaines passaient, plus j'avais envie de couper mes cheveux pour voir ce que ça donnait. J'ai déjà eu les cheveux courts dans le passé, mais pas en version naturelle. Tous les matins je me retrouvais devant la glace, une paire de ciseaux à la main, à contempler où je pourrais bien commencer à tailler. Allez, autour des oreilles en attendant mon rendez-vous chez la coiffeuse. Finalement les salons rouvrent et je peux enfin réaliser mon projet. J'avais prévenu ma coiffeuse chérie à l'avance qui est beaucoup plus inquiète que moi. "T'es sûre que tu les veux courts comme ça?" "Oui je veux!" On prend une photo avant la coupe pour voir la différence après (...)

 

Didier Bonny: « Primaire » (...) Sara Forestier est très convaincante dans le rôle de cette enseignante attachée non seulement à transmettre des connaissances, mais également à mettre en place les conditions pour que chacun trouve sa place au sein de la classe. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si une élève autiste occupe un rôle en vue dans le film. Il y a certes quelques facilités scénaristiques, mais le film est dans l’ensemble crédible et rend hommage à cette profession difficile d’enseignant. On suit donc avec plaisir - on rit souvent grâce à des situations comiques et à des dialogues qui font mouche - et parfois émotion cette classe de CM2 (élèves de 10-11 ans) jouée par des enfants confondants de naturel, la palme revenant à l’acteur qui joue le fils de Florence, absolument épatant. 3 étoiles. « Primaire ». RTS 2, jeudi 28 mai, 20h55.

 

Mireille Vallette: France : les musulmans obligés d’enterrer leurs morts dans leur pays «A la peine de perdre un être cher s'ajoute aujourd'hui, pour certaines familles, l'angoisse de leur trouver une dernière demeure.» Le 18 mai, la Télévision suisse relaie la détresse des musulmans de France qui ne peuvent plus envoyer dans leur pays d’origine (le plus souvent celui de leurs ancêtres) les dépouilles de leurs proches. Obligés de les enterrer dans leur propre pays. Dur! Un reportage repris le 25 mai par «Courrier international». Normalement, «80% des défunts musulmans de France sont rapatriés dans un pays tier», nous dit la TV, ce qui est interprété comme le signe d’un manque trop injuste d’emplacements. Les maires français s’activent pour faire de la place, alors que les autorités religieuses musulmanes planchent sur des «solutions pérennes». Je voudrais rendre attentif nos amis français sur le fait que la Suisse s’est beaucoup préoccupée du sujet. Quelques années après avoir accordé moult carrés musulmans, elle a fait un amer constat. (...)

 

Edmée Cuttat: Cinéma: réouverture des salles le 6 juin. Comme dans de nombreux autres domaines, l’annonce concernant le cinéma était très attendue par les professionnels de la branche et les fans privés de grand écran depuis trois mois. Ils peuvent enfin souffler. Dans sa conférence de presse, le Conseil fédéral a décidé la réouverture des salles dès le 6 juin, avec un plafond limité à 300 personnes. (...) Le coronavirus ayant flanqué la pagaille dans la pellicule en la mettant à l’arrêt, il n’y aura certes pas pléthore de films à se mettre sous la rétine ces prochaines semaines. Du coup, le Cinérama et le Ciné 17 proposent des exclusivités. Le premier va projeter la version longue (23 minutes supplémentaires), restaurée en 4K de Shining, le chef d’œuvre culte de Stanley Kubrick. (...)

 

JF Mabut: Je le jure, je le promets, je m'y engage (...) Nos 137 magistrats communaux n'auront pas la tâche facile. Combien parmi eux vont-ils oser réviser le budget 2020 de leur commune? Prenons celle de Meyrin et du Grand-Saconnex qui se partagent l'aéroport de Genève. A combien va se monter la perte fiscale du site qui fait la fortune de Genève? Que serait notre région sans l'aéroport? Et celle de Plan-les-Watches, ma chère voisine? Comment va-t-elle faire face? Certes, son tissu industriel est vaste et diversifié et ses réserves bien grasses. Ce matin, je reçois la vision 2020-2025 des nouvelles autorités de Lancy. Une belle initiative qui ne mange pas de pain. Le document est bref et sans surprise. Rien qui ne puisse fâcher personne. Un programme sans aspérité qui promet des plus et aucun moins. Formidable, dirait un ancien conseiller fédéral. Et les autres? Que vont-elles faire? Vivre à crédit? Dans un premier temps, c'est sans doute inévitable et même vertueux. (...)

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