Vincent Schmid: Changement d'affectation pour Saint-Pierre ?

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171125_vincent_schmid_q03.jpgVincent Schmid: Changement d'affectation pour Saint-Pierre ?

Jean-Noël Cuénod: La compétence contre l’intelligence

Daniel Warner: Resilience

Christian Brunier: Embrassons la Terre !

Jean-Dominique Michel: Vous avez dit complotiste ?!

Pascal Holenweg: Permanence du racisme aux USA... mais pas chez nous ?

Didier Bonny: Du grand au petit écran: « La La Land »

Edmée Cuttat: 56 films labellisés ”Sélection officielle”, faute de grand-messe sur la Croisette

 

Vincent Schmid: Changement d'affectation pour Saint-Pierre ? Je m’étais promis de ne pas intervenir publiquement à propos de la délicate affaire de la messe à Saint-Pierre (1). Ancien ordinaire du lieu, espérant que les choses se clarifieraient d’elles-mêmes, il me paraissait qu’un devoir de réserve s’imposait. Les choses se sont clarifiées en effet avec les déclarations du Président de l’Eglise Protestante de Genève au journal de la RTS de 19h30 de samedi dernier. Mais de telle sorte que garder le silence me semble désormais difficile. (...) Quoiqu’il en soit des responsabilités, nous assistons ici à une modification majeure. Ce n’est plus seulement une invitation ponctuelle lancée à la communauté catholique qui est envisagée (ce qui peut se concevoir) mais bien une nouvelle affectation de la cathédrale Saint-Pierre qui deviendrait à l’avenir un lieu multiconfessionnel. Or faut-il le rappeler, Saint-Pierre n’est pas et n’a jamais été une paroisse comme les autres. (...)

 

Jean-Noël Cuénod: La compétence contre l’intelligence Il semble qu’une vaste torpeur bêtifiante et infantile embrume le monde. Un signe majeur l’illustre : les langues s’appauvrissent sans cesse pour s’affaler façon bouse de vache dans notre vie quotidienne. Ce n’est pas seulement le cas – spectaculaire, il est vrai – du français. Mes amis anglophones, germanophones et italophones dressent le même constat. Or, c’est avec les pierres des mots et le ciment de la syntaxe que l’on bâtit une pensée. Moins de mots et syntaxe fautive ont pour conséquences inéluctables, moins d’images mentales et pensées défectueuses. Les progrès de la connaissance scientifique semblent contredire cette allégation. C’est oublier que les sciences dites « dures » reposent sur le langage mathématique qui, lui, ne s’étiole pas. Mais surtout, nous confondons deux choses qui sont pourtant bien distinctes : l’intelligence et la compétence. (...) La société du capitalisme financier (ou celle du communisme capitaliste sauce Pékin), comme tout système d’exploitation humaine (le communisme autoritaire de type soviétique en étant un autre encore pire) n’apprécie guère l’intelligence qui favorise la remise en question du désordre bien établi. En revanche, la compétence est hautement appréciée, encouragée, encensée puisqu’elle forme de parfaits rouages destinés à un emploi précis et qui ne cherchent pas à gripper le système. Cette tendance se retrouve, entre autres, dans les nouvelles générations de journalistes. (...)

 

Daniel Warner: Resilience What does it mean to be resilient? As an individual? As a country? My father lived through the 1918 Spanish flu, the Great Depression and the Second World War, and retired as a successful school principal. The United States, which has had the highest number of coronavirus deaths in the world, is witnessing unemployment rates not seen since the 1930s and is now going through protests and riots across the county resulting from one more police homicide. My father was resilient. He adapted to change. How resilient is the United States? (...) Politically, beyond the immediate results of November’s U.S. presidential election – if there is one – it is the medium and long term effects that should be the focus of our attention to resilience. Have the pandemic and current riots been the last nails in the coffin of America’s decline? (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Christian Brunier: Embrassons la Terre ! « Embrasse la terre, elle t’aime », répétait inlassablement George Sand. Le coronavirus a tué beaucoup d’humains ; beaucoup trop ! Parallèlement, cette crise sanitaire nous a fait découvrir ou redécouvrir, à travers le confinement, le chant des oiseaux, les villes sans avions et voitures, un environnement avec beaucoup moins de nuisances, l’air pur et des animaux reconquérant des espaces. Le monde d’après ne doit plus ressembler au monde d’avant. Ceci est tout simplement vital. L’urgence climatique est un défi bien plus colossal que celui, que nous venons de relever, contre le Covid-19. Ce dérèglement écologique, fruit de la folie des hommes, nous oblige à la rupture ! (...) Le coronavirus a montré que lorsque l’on veut, on peut ! Les milliards, pour certains secteurs, sont tombés du ciel, en quantité incroyable. (...)

 

Jean-Dominique Michel: Vous avez dit complotiste ?! Par une de ces ironies du réel, la RTS s’apprête à nous servir une émission Infrarouge intitulée avec suffisance : « Quel vaccin contre le complotisme ? » A l’heure du Lancetgate, on n’aurait pu rêver d’un meilleur timing : la plus prestigieuse revue médicale au monde se fait prendre la main dans le sac d’une manipulation foireuse et éhontée et se retrouve à devoir rétropédaler de manière burlesque. L’OMS et divers gouvernements ont sauté sur l’occasion qu’ils attendaient comme une planche de salut et montrent en vérité à quel point ils ne se soucient guère ni de science ni de santé publique. Même les médias suisses ont dû faire place dans leurs colonnes pour informer ce qu’il leur reste de public de cette pantalonnade de mauvais aloi, c’est dire ! Bref, si un signal devait être donné qu’il y a bien (comme je l’annonce depuis des mois, documentation à l’appui) « quelque chose de pourri au Royaume de Danemark » (pour citer à nouveau Hamlet), il aurait été difficile d’en trouver un plus parlant. (...)

 

Pascal Holenweg: Permanence du racisme aux USA... mais pas chez nous ? (...) Les Etats-Unis sont nés d'un génocide (celui des Amérindiens) et d'une déportation et d'un asservissement (ceux des Africains). Sans doute l'Europe n'est-elle innocente ni de l'un ni des autres (commis par des colons européens et leurs descendants), et a-t-elle commis sur son propre sol ou celui d'autres colonies d'autres génocides, d'autres déportations, d'autres asservissements, mais du moins n'en est-elle pas née, si elle en fut coupable. (...) Peut-on, ici, ne voir dans le racisme et de la violence que l'on voit à l'oeuvre dans les comportements policiers nord-américains (quelle que soit la couleur de peau des policiers) qu'une sorte de tradition exotique ? (...) Peut-on assurer qu'un Africain ou un Rrom soit traité, ici, chez nous, dans nos rues, nos commissariats et nos prisons, comme nous le sommes nous-mêmes, Helvètes de souche plus ou moins récente mais pâles de peau et décrépés de tignasse ? (...)

 

Didier Bonny: Du grand au petit écran: « La La Land » (...) Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion. 3 étoiles. « La La Land ». RTS 2, jeudi 4 juin, 20h55.

 

Edmée Cuttat: 56 films labellisés ”Sélection officielle”, faute de grand-messe sur la Croisette Des valeurs sûres, Wes Anderson, François Ozon, Naomi Kawase, Steve McQueen, Thomas Vinterberg, Lucas Belvaux,davantage de nouveaux venus, davantage aussi de premiers longs métrages et d’œuvres réalisées par des femmes, une grande diversité géographique, une forte représentation française. Le président du festival de Cannes Pierre Lescure et le délégué général Thierry Frémaux, ont dévoilé à Paris, une liste de 56 films constituant la "Sélection officielle" 2020. En plus des différents genres généralement représentés, on compte trois documentaires, cinq comédies et quatre films d’animation. Tous bénéficieront du fameux label en l'absence de grand-messe de la pellicule sur la Croisette cette année (...)

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