Vincent Schmid: La Nostalgie du Sacré

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nostalgie du sacré.jpgVincent Schmid: La Nostalgie du Sacré

Mireille Vallette: Bernard Rougier dépeint «Les territoires conquis de l’islamisme»

Rémi Mogenet: André Breton et la science imaginative

Claude Bonard: La Constitution genevoise du 7 juin 1842 aux oubliettes de l'Histoire ... et pourtant ...

Vincent Strohbach: On est tous le con de quelqu'un !

Jean-Michel Olivier: Leslie Nott

Jean-Philippe Accart: Les mots 2021 de la langue française

Pascal Décaillet: Respectez le Parlement, M. Maudet !

Pierre Kunz: Vous avez dit « mutualisation de la dette européenne » ?

David Frenkel: Un slogan réducteur

Cédric Segapelli: Alex Taylor

Vincent Schmid: La Nostalgie du Sacré (...) Mais qu’appelle-t-on Eglises et qu’appelle-t-on christianisme ? Michel Maffesoli dans “Nostalgie du Sacré” (Editions du Cerf) constate que les institutions ecclésiales ont suivi l’air du temps et qu’elles paient ce suivisme au prix fort. Ce qui a aujourd’hui partout le vent en poupe est la révolte contre les lieux communs de la bienpensance dominante, la saturation d’un modernisme paranoïaque qui enferme l’homme dans l’immanence et l’autosuffisance, le rejet des élites déconnectées incapables de saisir le tsunami spirituel en cours. Les institutions qui, par veulerie intellectuelle ou manque de courage, ont adopté des pensées convenues pour paraître au goût du jour sont atteintes par cette révolte et condamnées à l’insignifiance. Car nous annonce-t-il, «dans le mouvement pendulaire des histoires humaines, après le progressisme, toute une série d’indices incitent à voir son reflux » (p99). Les organes chrétiens ayant pignon sur rue ont adopté les « valeurs » progressistes et sociétales avec un temps de retard comme toujours. Au moment même où ils célèbrent ce "progrès" du christianisme, ce "progrès" est train de se retirer partout ailleurs comme se retire la mer… (...) A mon avis la veine calvinienne garde toutes ses chances pourvu qu’elle prenne soin d’entretenir le feu sacré qui la constitue. (...)

 

Mireille Vallette: Bernard Rougier dépeint «Les territoires conquis de l’islamisme» Ces «Territoires conquis de l’islamisme» sont racontés dans un ouvrage passionnant, singulier et terrifiant. Les auteurs appuient leur démonstration sur une analyse minutieuse d’une demi-douzaine de territoires situés surtout à Paris et dans la couronne parisienne, mais aussi à Toulouse et Molenbeek (BE). Ils décrivent les interactions existants entre des configurations locales, parfois même micro-locales, et les mouvements religieux du Moyen-Orient. Selon Rougier, le salafisme, qui a conduit nombre d’adeptes au djihadisme, est en pleine expansion. Les questions que ce courant se pose sont édifiantes : «Devons-nous parler aux mécréants?» «Peut-on travailler avec des femmes?» «Celui qui travaille dans un restaurant qui sert du porc peut-il recevoir une récompense dans l’au-delà?» «Les frères qui font le métier de chauffeur de taxi ont-ils le droit de charger des femmes mal vêtues…?» «Un homme peut-il épouser une chrétienne?» «Pourquoi les chiites complotent-ils contre l’islam?». Selon les textes cités, la pire des réponses est toujours la meilleure. Comme celle-ci: un bon mécréant tel l’abbé Pierre ne peut-il pas être sauvé? Non, car «il commet le plus grand crime qui soit: la mécréance et le chirk». (le fait d’associer une autre divinité à Dieu, par exemple un fils). Pour les salafistes, la France, ses institutions et l’Occident en général sont décadents, dangereux et agresseurs: (...)

 

Rémi Mogenet: André Breton et la science imaginative La question de la méthode scientifique est une grande obsession de notre temps. On compte sur elle, au fond, pour résoudre tous nos problèmes, et Charles Duits pourfendait la tendance à ne voir qu'en la résolution sanitaire l'avenir de l'être humain. Son véritable avenir, disait-il, était son être individuel immortel, et il fallait aussi une science pour en résoudre les mystères. Une science morale et spirituelle, en quelque sorte, dont la seule femme vraiment noire qui lui avait parlé en songe, ou en transe, donnait les grandes lignes, dans son langage inimitable – dont il a fait finalement un livre. Mais dès 1924, dans son célèbre Manifeste du surréalisme, son maître André Breton avait pourfendu le rationalisme qui prétendait répondre à toutes les questions par la seule voie de l'expérience extérieure. Il écrivait: Le rationalisme absolu qui reste de mode ne permet de considérer que des faits relevant étroitement de notre expérience. Les fins logiques, par contre, nous échappent. (...) Un passage grandiose, qu'à vrai dire j'ai trouvé dans un manuel de français. Breton y met sur le même plan le poète et le savant, laissant entendre que par la voie de l'imagination poétique (c'est à dire inspirée), on peut trouver des choses que la science matérialiste ne peut pas trouver. (...)


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Claude Bonard: La Constitution genevoise du 7 juin 1842 aux oubliettes de l'Histoire ... et pourtant ... Dans la rubrique "qui s'en souvient aujourd'hui ?" Le 7 juin 1842 , la nouvelle Constitution genevoise était adoptée en votation populaire. Elle était en partie l'œuvre de James Fazy. Cette loi fondamentale établissait le suffrage universel, garantissait le droit de pétition et diminuait le nombre des Conseillers d'Etat et des députés au Grand Conseil qui remplacèrent l'ancien Conseil représentatif et se vit doté de réelles prérogatives législatives. Cet événement était l'aboutissement d'un processus qui avait débuté le 3 mars 1841 avec la fondation de "l'Association du trois mars" qui regroupait une partie de la Genève économique et intellectuelle. Ce groupe de pression politique prônait la suppression du suffrage censitaire, la réduction du nombre des membres du Conseil d'Etat et du Conseil représentatif (organe législatif) et demandait un accroissement des compétences de ce dernier en matière législative et budgétaire. (...)

 

Vincent Strohbach: On est tous le con de quelqu'un ! J’ai adoré l’émission sur les cons et la connerie l’autre soir sur la RTS, pas seulement parce que je me suis reconnu dans l’automobiliste acariâtre qui hurle (apparemment plus par peur que par méchanceté) contre ces chauffards qui font n’importe quoi sur la route. En tant que scootériste presque professionnel, j’ai, effectivement, encore plus de raison d’être effrayé et donc de vitupérer, même si je sais que je suis le premier à enfreindre la loi en tentant d'avancer (c’est le but) sur les voies réservées à la mobilité douce et aux transports en commun. Et oui, on est tous, à un moment ou à un autre, le con de quelqu’un. Il n’y aurait (d’après les spécialistes interviewés) que les personnes possédant un ego surdimensionné qui seraient incapables de l’admettre. Ceux-ci seraient, pour le coup, une représentation quasi scientifique... du con. (...)

 

Jean-Michel Olivier: Leslie Nott Leslie Nott n'était pas très grande. Des yeux pers, vifs et mobiles, et une taille faite au tour. Des hanches larges et des seins opulents. Ses cheveux longs étaient noirs ébène ou blonds peroxydés. Selon l'humeur du mois, elle se prenait tantôt pour Ava Gardner, tantôt pour Marilyn. Elle portait des talons et collectionnait les chaussures, de marque si possible. La moitié de sa vie, elle la passait dans les boutiques de la rue du Faubourg Saint-Honoré ou de la rue du Rhône. Elle aimait les vestes de rayonne Anne Klein et les jupe en crêpe de laine Ungaro, les chemisiers de soie sauvage et les boucles d'oreille anciennes, quelquefois achetées sur un marché aux puces. Depuis toujours, elle est presbytérienne et démocrate, comme toute sa famille. Son père, le Révérend Jim Nott, était pasteur à l'église Saint-Patrick, à Chicago. Un type remarquable. (...) C'est là, vers la fin des années 2000, que je l'ai rencontrée. (...). ( extrait d'un roman en chantier)

 

Jean-Philippe Accart: Les mots 2021 de la langue française (...) On ne sera donc pas très étonné de voir apparaitre dans l'édition 2021 du Petit Robert, des termes tels que Covid, téléconsultation ou déconfinement... Quand au Larousse 2021( soit plus de 70 000 définitions), ce ne sont pas moins de 150 nouveaux mots qui sont intégrés : féminicide, Black Blocks, dégagisme sont parmi les plus frappants. Avec le numérique, ces dictionnaires ont bien tiré leur épingle du jeu, même s'ils conservent des éditions papier : on les retrouve bien entendu en ligne pour le Robert (soit plus de 40 produits en ligne) ou le Larousse. Qui a dit que les dictionnaires étaient morts ? (...)

 

Pascal Décaillet: Respectez le Parlement, M. Maudet ! Monsieur Maudet, un Conseiller d'Etat ne peut se contenter de qualifier "d'élucubrations" les propos des députés Buchs (PDC) et Bläsi (UDC) sur vos liens avec Manotel. Vous êtes membre de l'exécutif. Ces deux Messieurs sont des élus du peuple, membres du premier pouvoir, le Parlement, qui a pour mission de contrôler l'activité du gouvernement et de l'administration. Nombre de leurs collègues, hélas, ne l'assument pas, cette mission. Ces deux-là, parmi quelques autres, si. S'il vous interpellent, vous devez leur fournir des réponses précises et circonstanciées. Au surplus, je ne sache pas que vous ayez à qualifier - encore moins à disqualifier - les questions légitimes qu'au nom du peuple, ces deux excellents députés se posent sur votre gestion. (...)

 

Pierre Kunz: Vous avez dit « mutualisation de la dette européenne » ? Pour faire face aux conséquences de la pandémie du Covid-19, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé un plan de 500 milliards d’euros destiné à relancer l’économie européenne. Le président et la chancelière se sont gardés de le souligner, mais ces sommes considérables sont également largement destinées à l’amélioration des finances des pays en situation d’endettement préoccupante. (...) Il est douteux que les peuples de l’UE se révèlent aussi unanimes (...) Convaincre ces populations ne sera donc pas chose aisée. Dans ce but, la Commission européenne a mobilisé Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur et soi-disant grand communicateur. Il est apparu la semaine dernière, sur les ondes de la TSR, que pour y parvenir Thierry Breton est prêt à tous les mensonges. En témoigne les paroles qu’il a prononcées : « Il ne s’agit pas que les uns paient pour les autres. On ne va pas faire rembourser la dette née du plan de relance par tel ou tel pays. C’est la Commission européenne qui la remboursera ». Ces propos constituent une escroquerie destinée à manipuler la grande majorité, ignorante, des citoyens. (...)

 

David Frenkel: Un slogan réducteur (...) De plus, une partie de la communauté noire aux États-Unis refuse la victimisation : "Le problème ne vient pas que des blancs", déclare une afro-américaine" dans une vidéo. Il conviendrait aussi de garder à l'esprit que bien des personnes parmi cette communauté refusent de s'identifier à cette cause noire, pas forcément au cas de Floyd qui est amplement justifié. Selon ces personnes, cette cause n'est pas probante, car elle n'est en fait pas liée au racisme mais au refus de s’intégrer à une société démocratique et non violente. Nombre d'afro-américains ayant décidé de s'intégrer aux États-Unis affirment qu'ils sont pour cette raison plus en danger dans un quartier d'une communauté noire que blanche. D'autres ajoutent qu'ils ne sont pas opprimés par la police comme cela se dit dans les médias internationaux et demandent que cesse ces fausses excuses de racisme. Halte donc au slogan "La vie des noirs compte" (traduction de "Black lives matter") qui a fleuri lors des manifestations. (...)

 

Cédric Segapelli: Alex Taylor Franchement je pensais que l’affaire était réglée et qu’après Le Verger De Marbre (Gallmeister 2016), éblouissant premier roman d’Alex Taylor, celui-ci n’allait pas récidiver comme si cet ouvrage lui avait pompé toute son énergie créatrice avec une intrigue âpre se situant à une époque contemporaine dans un comté rural de Kentucky où les mauvais garçons, en quête de coups plus ou moins foireux, se débrouillent comme ils peuvent dans une région sans avenir pour eux, hormis le cimetière que la population locale surnomme le verger de marbre. Il aura tout même fallut attendre quatre ans pour que l’on retrouve un auteur au talent indéniable qui nous livre avec Le Sang Ne Suffit Pas un roman d’aventure époustouflant dont l’action se déroule en 1748, dans les montagnes de l’ouest de la Virginie alors que l'hiver sévit sur cette région à la fois sauvage et hostile en découvrant toute une galerie de rudes personnages tentant de survivre tant bien que mal dans cet environnement glacial qui devient le théâtre de confrontations mortelles. (...)

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