Anne Cendre: Christo à Genève

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christo geneve.jpgAnne Cendre: Christo à Genève

Claude Bonard: Attitudes «anti-police», il faut savoir raison garder

Jean-Noël Cuénod: Sale temps pour le statut des statues!

Daniel warner: Is this the Big One?

Pascal Holenweg: ”Multinationales responsables” : parlement irresponsable...

Marc Schindler: Le fumet des cuisines

Maurice-Ruben Hayoun: La modernité disputée

John Goetelen: Trump a corrigé une mesure sexiste d’Obama

Charly Schwarz: Ecologie restrictive versus écologie généralisée

Anne Cendre: Christo à Genève La mort de Christo, le 31 mai dernier, a pris par surprise. On croyait cet artiste immortel. A Genève, on ne saurait l’oublier. Il y a laissé des traces, dont trois projets d’empaquetages qui n’ont pas été réalisés en trois dimensions, mais conservés par des gravures : le Jet d’eau, le Mur des Réformateurs et la statue équestre du général Dufour. Ces trois thèmes lui avaient été suggérés par Rainer Michael Mason à l’issue d’une exposition itinérante au Musée Rath, en hiver 1975, consacrée au Valley Curtain (Rideau de la vallée) et organisée par Mason (qui deviendra plus tard le conservateur du Cabinet des estampes). Cette installation dans le Colorado survit elle aussi, grâce à ses dessins et gravures.

 

Claude Bonard: Attitudes «anti-police», il faut savoir raison garder (...) A Genève, nos policiers, assistants de sécurité publique et membres du personnel administratif désignés par le département prêtent le serment suivant avant d’entrer en fonction : « Je jure ou je promets solennellement : d'être fidèle à la République et canton de Genève; de remplir avec dévouement les devoirs de la fonction à laquelle je suis appelé; de suivre exactement les prescriptions relatives à mon office qui me seront transmises par mes supérieurs dans l'ordre hiérarchique; de garder le secret de fonction sur toutes les informations que la loi ou les instructions reçues ne me permettent pas de divulguer; de dire, dans les rapports de service, toute la vérité sans faveur ni animosité; et, en général, d'apporter à l'exécution des travaux qui me seront confiés, fidélité, discrétion, zèle et exactitude. » Merci à eux.

 

Jean-Noël Cuénod: Sale temps pour le statut des statues! Entre les iconoclastes du christianisme byzantin des VIIIe et IXe siècles et protestant des XVIe et XVIIe siècles, Dieu sait s’il y en eût, des statues détruites ! (...) Dès lors, pourquoi s’acharner à élever des statues ? Veut-on célébrer un saint à la vie exemplaire ? Qui nous dit que dans un avenir proche ou lointain, un journaliste ou un historien ne dénichera pas un vilain secret bien gluant ? Désire-t-on commémorer un martyr qui s’est sacrifié pour sa patrie ? Et si l’on découvrait qu’il avait vendu ses camarades ? L’humain est ainsi fait qu’il n’est pas ange ou démon, il est les deux. Il porte en lui le mal et le bien. Esprit et matière. Dieu et Diable, tour à tour. (...) La statue d’Edward Colston, philanthrope et négrier, rouille aujourd’hui au fond de l’Avon et nous pose du fond de sa vase cette question : Existe-t-il un seul être humain qui vaille d’être érigé en monument ?


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Daniel warner: Is this the Big One? (...) Neither the Hayward nor the Andreas Fault can be repaired. From time to time there are tremors. Preventive measures have been taken in most cities on top of the faults. But if “The Big One” occurs – an earthquake of over 7.0 on the Richter scale - there will be considerable loss of life and damage. The United States sits on a societal fault line. It is called slavery. Since the 1861-1865 Civil War, there have been tremors. To name just a few in recent history: 1965 Watts; Summer 1967 – when there were 159 riots across America; 1968 - all over the country following the assassination of Martin Luther King Jr.; 1992 - Los Angeles following Rodney King beating; 2014 Ferguson, Missouri - after shooting of Michael Brown and 2014 - New York after the choking death of Eric Garner. And there have been many, many more outbreaks of protests against racial injustice in the United States. The fault line of slavery is still in the United States more than 150 years after the Emancipation Proclamation freed the slaves and the 13th Amendment officially ended slavery. Injustices remain. Just look at the statistics of who died from Covid-19 or jobless numbers. Is there a Richter scale to measure racial protests? (...)

 

Pascal Holenweg: ”Multinationales responsables” : parlement irresponsable... Au fond, les raisons pour lesquelles il convient de voter en faveur de l'initiative "pour des multinationales responsables", en tenant pour insignifiantes les palinodies parlementaires, sont simples : Glencore pollue des champs au Congo. Syngenta vend des pesticides toxiques interdits depuis longtemps en Suisse, et ne rendent aucun compte à personne (sinon à leurs actionnaires, avec pour seul critère la valeur de leurs actions). Des multinationales basées en Suisse violent les droits humains, ignorent les standards environnementaux, sans que nul ne puisse leur en faire grief légal.. Ce que l'initiative demande est donc une évidence: lorsqu'une multinationale pollue l'eau potable ou détruit des pans entiers de terres, elle doit être tenue responsable de ses actes. Ce qu'on exige de l'uomo qualunque, on doit pouvoir faire plus que le demander gentiment aux multinationales, sans même exiger qu'elles répondent. Au parlement, la droite se faisant porte-valise des mutinationales, a lancé contre l'initiative pour les rendre responsables de leurs actes, un projet insignifiant et inopérant (...)

 

Marc Schindler: Le fumet des cuisines Pour un observateur suisse, les élections municipales françaises sont l’occasion de humer les cuisines politiciennes. Le fumet qui s’en échappe ne sent pas la rose ni le jasmin ! Le second tour, le 28 juin, sera un vrai régal : c’est le bal des faux culs, la saga des magouilles, le festival des petits meurtres entre amis ! Le bazar avait commencé le 15 mars. Le gouvernement avait maintenu le premier tour, malgré l’épidémie de coronavirus. Plus d’un électeur sur deux était resté à la maison et les perdants avaient hurlé que l’abstention leur avait coûté leur élection. Impossible d’organiser un second tour, quand le virus remplissait les hôpitaux et les cimetières. Donc, dans sa grande sagesse, le gouvernement avait choisi fin juin pour le deuxième tour dans 5000 communes où aucune liste n’avait obtenu la majorité. Le Conseil scientifique ne s’y oppose pas, pour l’instant. Question participation, ça ne s’annonce pas brillant : trois électeurs sur dix disent qu’ils ont peur du virus. (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: La modernité disputée Avant de commencer à parler du livre et de son personnage majeur, Pierre-André Taguieff (PAT), je ne résiste pas à l’envie de citer quelques lignes qu’on lui doit et qui figurent dans l’exergue : J’espère… qu’est encore perceptible la mélodie joyeuse de cette désinvolture, de cette gaieté critique, de cette liberté d’insouciance avec laquelle j’abordais presque tout. Voici un hommage qui arrive à point nommé, destiné à un grand spécialiste des sciences humaines, considérées dans toute leur amplitude et diversité. Voici un homme qui est à la fois un grand érudit et un diffuseur d’idées, de savoir et de culture à l’intention du plus grand nombre, une double activité qui n’est pas très bien vue de l’universitaire ou du chercheur français moyen aux yeux duquel ce franchissement des frontières si bien gardées n’est pas bien considéré. Cela fait même figure d’une grave transgression, susceptible de vous faire perdre toute crédibilité auprès des représentants officiels et autoproclamés de la science… (...)

 

John Goetelen: Trump a corrigé une mesure sexiste d’Obama Si en 2008 l’élection de Barak Obama m’avait enthousiasmé, certaines de ses décisions politiques m’avaient ensuite douché. En particulier les mesures sexistes qu’il avait imposé aux universités. Voulant lutter contre la violence sexuelle sur les campus, Barak Obama, mal informé de la réalité, avait contraint les universités à durcir les procédures à l’encontre des auteurs présumés. En effet Columbia et d’autres universités étaient accusées d’être trop laxistes avec les personnes dénoncées pour méconduite sexuelle. On parlait même d’épidémie de viols impunis. Un groupuscule d’activistes, One in Four, avait dès l’an 2000 préparé cette notion d’épidémie en affirmant qu’une étudiante sur quatre serait violée pendant ses études. Une affirmation qui tient plus de l’hystérie ou du mensonge éhonté que de la réalité, comme nous le verrons plus loin. La prestigieuse Harvard n’échappe pas au déferlement sexiste misandre (...)

 

Charly Schwarz: Ecologie restrictive versus écologie généralisée Dès ses débuts le mouvement écologiste a développé une pensée politique prenant en compte non seulement les être humains mais aussi le cadre naturel dans lequel ils évoluent. Cette écologie n'est qu'une écologie restreinte. Le temps est venu de réfléchir à une écologie généralisée qui pense la culture et la société, qui s'intéresse au conditions d'existence et aux écosystèmes sociaux. Une politique qui tienne compte de l'individu et de sa complémentarité avec le collectif, de son désir d'indépendance et son besoin d’attachement, de ses objectifs économiques et de son désir de sens.

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