Maurice Gardiol: Seuils d’alerte et limites créatrices

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terre vue de l'espace.jpgMaurice Gardiol: Seuils d’alerte et limites créatrices

Edmée Cuttat: ”Love Me Tender”, une jeune femme agoraphobe affronte ses peurs

Rémi Mogenet: Peire Vidal et l'éclat secret du Carcassès

Pascal Décaillet: C'est une guerre culturelle !

Didier Bonny:« Confident royal »

Christian Brunier: Le sexe au 18ème siècle…

Jean-Michel Olivier: Dans le TGV (avec Nicolas Bouvier)*

Sylvie Neidinger: ouverture du Festival d'Annecy en ligne accessible à tous

Charly Schwarz: Méditerranée, portail ou barrière ?

 

Maurice Gardiol: Seuils d’alerte et limites créatrices Il y a dans nos existences des moments lors desquels nous prenons peut-être conscience qu’il y a des seuils à ne pas dépasser sous peine de nous retrouver dans des impasses ! Il y a aussi des temps de crises (maladies, ruptures ou deuils) qui nous forcent à revoir nos priorités. (...) Dans son dernier numéro, le journal «Réforme» publie un inédit de Jacques Ellul (1912-1984) qui a une force et une pertinence incroyable pour aujourd’hui. En conclusion d’un texte dans lequel il nous invite à être attentif à ces seuils d’alerte, il écrit : (...) Parler de seuil et de limites dans un monde qui a tout misé sur le progrès et le développement est iconoclaste. Moi-même je sais bien tout ce qui me lie à cette vision du monde, voire m’y asservit. En même temps je ne peux que constater que ce choix du « toujours plus » ne se fait qu’au détriment du plus grand nombre si je regarde la réalité de notre univers globalisé. Dès lors ne pourrions-nous pas reconnaître les limites auxquelles nous nous heurtons, ou celles que nous acceptons de nous imposer pour éviter la catastrophe nucléaire, sociale, migratoire, climatique, non pas comme des contraintes qui portent atteinte à nos libertés ou notre bonheur, mais au contraire comme un appel à notre créativité pour inaugurer de nouvelles formes d’économie et de développement solidaires et responsables. La théologienne Christianne Méroz nous pose la question dans son livre « Des limites créatrices » (...)

 

Edmée Cuttat: ”Love Me Tender”, une jeune femme agoraphobe affronte ses peurs Love Me Tender raconte l’histoire de Seconda, une jeune danseuse de 32 ans souffrant d’agoraphobie. Elle n’est pas sortie de l’appartement de ses parents depuis de longs mois. Lorsque sa mère meurt soudainement, son père prend la fuite, la laissant seule, Seconda, poussée par la nécessité et une forme de désespoir, doit se prendre en main et se forcer à affronter sa peur extrême du monde extérieur. (...) La réalisatrice suisse Klaudia Reynicke montre, dans son quotidien domestique, une héroïne imparfaite, complexe, imprévisible, obsessionnelle, anticonformiste. Elle est incarnée par Barbara Giordano, qui porte le film sur ses épaules. Malheureusement cette jeune femme s’exprimant par ailleurs davantage avec son corps qu’avec des mots à travers de singulières chorégraphies, se révèle souvent très irritante dans sa volonté de se libérer de ses «chaînes».

 

Rémi Mogenet: Peire Vidal et l'éclat secret du Carcassès Depuis l'époque où je vivais à Montpellier, j'avais ce recueil bilingue des poésies occitanes de Peire Vidal, un troubadour de la fin du douzième siècle, originaire de Toulouse et qui a passé du temps dans le Carcassès – ou région de Carcassonne: il nomme des lieux qui désormais me sont familiers, comme Pennautier ou Montbel, leur donnant une profondeur humaine, les peuplant de ses songes – et m'expliquant certaines allusions de la culture locale. Car dans la cité médiévale de Carcassonne, j'ai vu, l'an passé, un spectacle moyenâgeux avec des chevaux et des épées, et il y avait une guerrière appelée la Louve. (...) Ce spectacle chantait la valeur des seigneurs du sud, proches du peuple, contre la morgue des seigneurs du nord, vils envahisseurs: c'était régionaliste et républicain à la fois. Républicain, Peire Vidal ne l'était pas spécialement (...)

 

Pascal Décaillet: C'est une guerre culturelle ! C'est la guerre. De partout, on nous envahit de questions sociétâââles, on nous presse de pesanteur morale, on nous culpabilise de ce que nous sommes, on nous brandit le péché de l'Histoire, on éradique nos valeurs, on déboulonne, on arrache. Et nous ? Nous devrions contempler le carnage en nous taisant ? Nous serions gouvernés par la peur ? Il faudrait se plier face à la première meute venue, juste parce qu'elle génère un boucan d'enfer ? A tout cela, nous devons répondre NON. C'est une guerre qui nous est déclarée. Et c'est une guerre culturelle. Celle de l'ignorance face à la connaissance historique. Celle de la perception brute face à la mise en contexte. Celle de l'immédiat face à la diachronie. (...)


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Didier Bonny:« Confident royal » Une fois de plus, la réalité dépasse la fiction et fournit au cinéma une histoire qu'il n'aurait pas osé imaginer. En 1887, la Reine Victoria, en fin de règne, fait la connaissance d’un serviteur indien, Abdul Karim. Ce dernier, venu du « sous-continent » colonisé par les Britanniques pour remettre de manière folklorique un présent à la souveraine à l’occasion de son jubilé d’or pour ses 50 ans de règne, va rapidement côtoyer de très près la reine tombée sous son charme pour le plus grand désespoir de la Maison royale. Sous ces airs plutôt légers, les situations comiques sont nombreuses, « Confident royal » aborde pourtant des thèmes qui sont toujours d’actualité sur les différences sociales, religieuses ou d’origine. (...) Si l’on peut reprocher au film d’être un peu répétitif sur la longueur et de laisser sur sa faim le spectateur sur la suite de la vie d’Abdul après cet épisode « victorien », il convient de souligner que « Confident royal » allie divertissement et réflexion avec subtilité. Et c’est déjà beaucoup. Inédit. 4 étoiles. « Confident royal ». RTS 1, lundi 15 juin, 20h45.

 

Christian Brunier: Le sexe au 18ème siècle… « Le sexe est une des neuf raisons qui plaident en faveur de la réincarnation. Les huit autres sont sans importance », Henry Miller. Si vous voulez tout savoir sur l’amour et la sexualité du 18ème siècle, prenez la direction Château de Prangins où une exposition sur cette joyeuse thématique répondra à votre curiosité, sous l’appellation : « Et plus si affinités … ». Le Musée National suisse met, à la Une, l’hédonisme et place en avant les aspirations à davantage de liberté, tout en abordant aussi la censure, les contraintes religieuses ou le mariage forcé. Les flèches de deux cupidons nous convient à pénétrer dans cette visite, qui nous fait transiter d’une alcôve à une autre. La muséographie est sobre, mais intéressante. Le diablotin libertin se cache dans les détails. (...)

 

Jean-Michel Olivier: Dans le TGV (avec Nicolas Bouvier)* (...) Il sort son exemplaire du Journal d'Aran et d'autres lieux, son livre de chevet, dédicacé à « son ami Damien » par Nicolas Bouvier. Aussitôt il se reconnaît dans ce voyageur au long cours, souvent malade et perdu dans le vaste monde. « J'ai frappé le pavé du pied pour me ramener à l'existence, m'assurer que j'étais bien là, alors que les mots je et ici n'avaient pas encore réintégré leur sens. » Ceylan, le Japon, l'Irlande. Nicolas, lui aussi, cherchait une île où disparaître. À chaque fois, miracle, le voyageur a disparu. Englouti corps et âme par le mystère des lieux. Le voyageur est mort, comme ces anonymes aux tombes dressées qui remplissent les cimetières de ses livres. Ensuite, grâce au pouvoir des mots — magie blanche contre magie noire —, la musique de ses phrases, il est ressuscité. (...) Il aimerait tant changer le scénario, reprendre le film au début, jouer un autre rôle ! « Dans la vie, disait Alex, on peut toujours revenir en arrière. Mais jamais jusqu'au début du film… » * extrait d'un roman en chantier. (...)

 

Sylvie Neidinger: ouverture du Festival d'Annecy en ligne accessible à tous #AnnecyFestival...Toujours positiver ! D'un mal -la conséquence de la crise Covid-19 avec annulation du Festival physique- en tirer un bien: l'accessibilité à tout un chacun en direct. Des contenus sont en accès gratuit. Mais pour en voir plus plus et plus encore, tout le monde peut s'accréditer pour la modeste somme de 15 euros. Soit un peu plus que le prix d'un seul billet en salle. Et profiter des projos....à domicile. Pour..60 heures de plaisir. La partie Business MIFA bénéficie elle-aussi d 'une accréditation en ligne. OUI, des films d'animation inédits et en compétition à goûter depuis le douillet chez-soi, son écran/canapé! L'équipe organisatrice de Mickael Marin, Marcel Jean, délégué artistique... a "réinventé le concept". Bon d'accord.... dommage pour la visite de la sublime ville d'Annecy en juin. Dommage pour les clins d'oeil du ciel sur le lac. Pour les lieux du Festival, les pelouses. Dommages mais...pas trop ! tout est accessible en ligne!

 

Charly Schwarz: Méditerranée, portail ou barrière ? Nous sommes dehors ou dedans ce « Grand Jardin d’Eden » qu’est l’Europe. Mais il était un temps où ce jardin s’épanouissait sur la rive sud de la Méditerranée. Cette mer fut le centre vital de toute l’antiquité. Elle perdit une partie de son importance avec les découvertes des XVe et XVIe siècles et redevint une route principale d’échanges grâce au percement du canal de Suez en 1869. Aujourd’hui, pour les « gens du dehors » cette mer est un portail vers plus de liberté, d’avenir… Et les portes sont multiples (économiques, éducationnelles, culturelles, familiales…). Pour les « gens du dedans » la Méditerranée est une barrière protectrice (immigration, identité, acculturation…). Malheureusement cette barrière fait obstacle à notre avenir, celui des populations qui désirent vivre en harmonie, partager ce passé commun… Car l’Europe est pluriculturelle et multiethnique. N’en déplaise à certains ! (...)

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