Olivier Perroux: Les statues et l'Histoire

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La statue vandalisée de Léopold II Reuters).jpgOlivier Perroux: Les statues et l'Histoire

Christina Kitsos: Soutien à l'économie locale, à la transition écologique et aux populations les plus précaires

Pascal Décaillet: Mai-juin 40 : un livre, un seul !

Philippe Meyer: Ces taxes existent pour qu’on les paie

Bruno Hubacher: Un pays neutre

Pascal Holenweg: Manifestations joyeuses et combatives contre le racisme

Maurice-Ruben Hayoun Adèle van Reeth

 

Olivier Perroux: Les statues et l'Histoire Le jour où l'Histoire se fera justice, il n'y aura simplement plus d'Histoire possible. Il ne peut dès lors pas appartenir aux professionnels de l'Histoire de porter un jugement sur ce qui fut le passé. Cette posture est souvent mal comprise. Le jour où les historiens de la traite négrière ont fait remarqué que l'esclavage était une pratique universelle de tous les continents, des critiques ont fusé pour les accuser de vouloir atténuer les responsabilités de l'Europe. Le jour où ces mêmes historiens ont fait remarquer que la traite négrière n'aurait pas pu avoir l'ampleur qu'elle a eue sans la complicité d'élites africaines ce fut la curée. Les attaques portées contre ceux qui étudient le passé prennent systématiquement comme acquis qu'il existe une vérité universelle et intemporelle et que justice doit être rendue, là où les historiens essaient simplement de comprendre le passé. D'ailleurs, le mot esclave a été inventé par les grecs qui soumettaient les slaves, comme l'a récemment décrit Nell Irvin Painter, une historienne afro-américaine. Déboulonner une statue est une erreur majeure. (...)

 

Christina Kitsos: Soutien à l'économie locale, à la transition écologique et aux populations les plus précaires Alors que Genève fait probablement face à la pire récession connue depuis les années 1930, les autorités cantonales annoncent un plan d'austérité d'une ampleur sans précédent. Cette politique profondément anachronique renforce le risque d'une crise économique et sociale durable qui détruira les emplois, anéantira nos PME et aggravera la situation des plus fragiles. Pourtant, l'Etat n'a pas hésité à s'endetter de près de 3 milliards pour sauver la banque cantonale genevoise alors que les taux d'intérêts avoisinaient les 4% dans les années 2000. Alors que le PIB genevois a quasiment doublé en 20 ans pour dépasser désormais les 100'000 francs/habitant.e.s et que les taux d'intérêts sont devenus nuls ou négatifs, la droite cherche à réduire la dette par tous les moyens en pleine urgence écologique et sociale. A l'ère des taux négatifs, le débat classique qui oppose hausse d'impôts et baisse des dépenses publiques n'est pas d'actualité. (...)

 

Pascal Décaillet: Mai-juin 40 : un livre, un seul ! Au moment où nous commémorons le 80ème anniversaire de cette offensive foudroyante, l'une des percées les plus réussies, les plus décisives, de l'Histoire militaire, je voudrais, sur des centaines de livres ou articles spécialisés que j'ai lus, vous en recommander un seul : "L'Etrange Défaite". Marc Bloch, 54 ans au moment des faits, est un homme immense. Historien, fondateur (avec Lucien Febvre) de l'Ecole des Annales en 1929, il a participé comme officier à toute la Grande Guerre (qu'il a terminée comme capitaine). En 1939, il a demandé à reprendre du service, et a vécu les terribles événements de mai-juin 40 comme officier d'état-major. Sous ses yeux, il a vu la France s'écrouler. Défaite militaire. Défaite intellectuelle. Défaite spirituelle. Défaite morale. La plus grande catastrophe de toute l'Histoire de France. Elle ne s'en remettra pas. (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Philippe Meyer: Ces taxes existent pour qu’on les paie Le Conseil National a donc approuvé les taxes sur les billets d’avion, par 135 voix contre 65, et décidé d'inscrire cette mesure dans la loi sur le CO2. Ces taxes seront perçues sur tous les vols en partance de la Suisse. Leurs montants pourront s’élever jusqu’à 5’000 francs ! Contrairement à ce qu’affirment certaines Conseillères nationales, ces taxes existent pour qu’on les paie. Et ces taxes posent plusieurs problèmes. Passons-les en revue : Toujours selon nos Conseillères nationales, « La taxe sur chaque billet d’avion en Europe devrait diminuer le nombre de vols de 10% ». Une telle affirmation n’est basée sur aucune étude scientifique sérieuse. Et cela va à l’encontre de toute logique économique. Dans le transport de passagers, l’élasticité de la demande est nulle. (...) Cette taxe crée une distorsion de concurrence car les compagnies aériennes étrangères avec seulement quelques départs de Suisse ne répercuteront pas la taxe. (...) La démocratisation des voyages en avion a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. (...) Bruno Hubacher: Un pays neutre Ce fut une véritable vague d’indignation qui traversa le monde politique suisse ces jours suivant le 12 février 2020, jusqu’à ce que l’attention médiatique se tournait vers l’apparition de la pandémie du « coronavirus ». Il est donc fort à craindre que le fin mot de cette histoire finira au fond des tiroirs de la « Commission d’enquête sur les activités des services secrets suisses », la DELCDG. Subira-t-elle le sort de la « Commission Bergier » sur les relations économiques et financières entre la Suisse et le Troisième Reich ? Si c’est le cas, on pourra en déduire que, décidément, la Suisse a mal à son Histoire. Le dernier trouble-fête en date ? Le magazine d’actualité de la télévision public suisse « Rundschau », qui lança ce gros pavé dans la mare de la quiétude de la vie parlementaire suisse. (...)

 

Pascal Holenweg: Manifestations joyeuses et combatives contre le racisme (...) On revient sur la grande manifestation de mardi dernier, précisément pour ce qu'elle manifeste, sans ignorer les ambiguïtés (pour user d'un euphémisme) qu'elle trimballe (comme en trimballe toute manif de cette ampleur). Ainsi de l'espèce de "racisme alternatif" que le "noirisme" à la Duvalier manifestait, que René Depestre dénonçait comme une injure à la négritude césairienne, et dont un Mugabe fit le socle de son pouvoir. Dans les deux cas cependant, il s'agissait moins d'une conviction raciste que d'un calcul politique. Peu importe : répondre à "tous les nègres sont des sauvages" par "tous les blancs sont des salauds", ce n'est pas seulement répondre à une connerie par une autre, c'est surtout se rendre incapable de combattre ce qu'on prétend combattre : le racisme. Pas "un" racisme, mais "le" racisme. Celui, par exemple, qui fait de la couleur de la peau le critère d'une identité à la fois personnelle et collective : nous n'écrivons pas ici en tant que "blanc"écrivant des "noirs" -ne serait-ce que parce que personne n'est blanc s'il n'est pas albinos, ni noir s'il n'est pas carbonisé. Il en va des pulsions purificatrices qui s'abattent sur les livres, les films, les peintures, les sculptures de la même connerie que celle du "racisme alternatif" (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun Adèle van Reeth Je ne sais plus qui a dit qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise : c’est bien ce qui m’est arrivé avec ce livre d’Adèle van Réeth… Je ne recense jamais de roman (mais en est ce un ?) ni même de livre de femme avec un tel titre… Alors, pour quelle raison l’ai je demandé à Gallimard ? Pour la simple raison que j’étais curieux de voir de quoi il s’agissait et aussi parce que l’auteure m’avait jadis interviewé à deux reprises dans son émission sur France-Culture aux côtés de R.E. C’est elle qui m’avait accueilli avec tant d’égards, elle m’a expliqué que je pouvais donner des réponses aussi longues que je le souhaiterais et durant l’entretien préliminaire d’environ une petite dizaine de minutes nous avions parlé d’elle, de l’origine de son nom, de sa formation, etc… J’en ai gardé un très bon souvenir car il se dégageait d’elle une telle douceur, un tel apaisement que mon stress a fini par se dissiper. Pendant toute l’émission,, elle se trouvait assise en face de moi et j’ai pu contempler ses beaux yeux d’un bleu immense… Mais je ne l’ai plus jamais revue depuis. Dès les premières lignes de ce livre j’ai repensé à ses yeux et à cette sérénité. (...)

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