Patrick-Etienne Dimier: A quoi sert une Constitution?

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Genève office tourisme.jpgPatrick-Etienne Dimier: A quoi sert une Constitution?

Jean-Marc Genet: Courte, la mémoire

Pierre Nicollier: COVID-19 : Des enseignements pour le système de santé ?

Alice Genoud: Redécollage des avions à Genève

Christian Brunier: Pour une gastronomie durable

Olivier Staiger: L'ascension d'un vautour fauve

John Goetelen: Dans le chaos français, une femme d’un mètre 55

Pascal Gavillet: Ils nous ont quittés en avril 2020

Pascal Holenweg: Le retour du sézoune ?

André Thomann: Tu défiles, moi non plus

Patrick-Etienne Dimier: A quoi sert une Constitution? A observer ce qui se passe en ce moment en ville de Genève, la question a toute sa pertinence ! Il semble en tout cas que nous sommes entrés dans l’ère d’un nouveau populisme, le populisme vert. Celui dans lequel la promesse de mieux vivre est un trompe l’œil qui favorise l’éclosion d’une nouvelle espèce inconnue de Darwin « l’abuseur naturel ». Cette espèce s’est développée, par de fines tactiques électoralistes, sans qu’on y prête gare à l’ombre de nos platanes et autres marronniers urbains. Une fois arrivé aux commandes, « l’abuseur naturel » s’empresse de faire tomber sous les chaînes acérées des tronçonneuses dont il a réussi à prendre le contrôle via les services espaces verts dont il prend systématiquement le contrôle une fois arrivé au pouvoir. « L’abuseur naturel », c’est une mutation génétique du Robespierro-Dantonesque à côté duquel le doryphore fait figure d’amateur et l’attaque du phylloxera une promenade de santé tant sa capacité de nuisance est violente. (...)

 

Jean-Marc Genet: Courte, la mémoire (...) Le mot d’ordre est sans concession : l’Occident, coupable de tous les maux, doit déboulonner… Déboulonner les statues de ceux qui ont amené, notamment en Afrique, l’instruction publique, la santé, les dispensaires, les routes, le christianisme. Me revient à la mémoire une conversation sur ce sujet avec un prêtre catholique qui nous avait hébergés une nuit dans sa mission, en brousse sénégalaise. Certes, l’action de nos ancêtres n’était pas parfaite, mais où est la perfection dans le monde des humains ? Aujourd’hui, on voisine l’horreur… Il n’est de semaine sans que nous parviennent d’Afrique les nouvelles les plus tragiques, les plus abominables. Des villages sont pillés, des chrétiens massacrés. Le 1er juin 2020 (il y a moins d’un mois), le pasteur africain Emmanuel Bileya et sa femme Juliana, enceinte, sont assassinés pendant leur travail à la ferme. Ils laissent huit orphelins. (...)

 

Pierre Nicollier: COVID-19 : Des enseignements pour le système de santé ? La crise sanitaire que nous traversons met le doigt sur la complexité du monde que nous avons construit. Nous avons été noyés sous un flot d’informations, mis à jour en continu, les médias traditionnels tentant de rattraper le rythme des réseaux sociaux. Nous avons vu des inepties relayées massivement, des experts fleurir et des leaders d’opinion répéter les inepties lorsqu’elles n’étaient pas simplement leur création. Mais dans ce monde des « j’aime », nous devons plus que jamais, non pas juger prestement, mais garder notre esprit critique et résister au chant des sirènes de l’immédiateté. Nos références doivent être nos valeurs, et nos analyses se baser sur les méthodes rigoureuses de la recherche que nous n’entendons que trop peu. Des voix se sont élevées contre les décisions du gouvernement, jugées anti-démocratiques et trop néfastes à l’économie. Il est utile de rappeler que l‘état d’exception a été limité dans le temps et que le contrôle démocratique a rapidement repris ses droits. (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Alice Genoud: Redécollage des avions à Genève (...) Pour relever le défi climatique et répondre à l’intérêt public en matière de santé, l’aéroport doit s’orienter sur ce qui sert directement la région genevoise : les vols stratégiques pour l’économie et la Genève internationale. Mieux cibler et réduire la voilure, c’est la demande de la CARPE en faveur d’un aéroport tourné vers les intérêts de Genève. Si le Canton de Genève était amené à apporter un soutien extraordinaire à l’aéroport, il est essentiel qu’il permette d’accompagner l’aéroport dans sa nécessaire transition pour une activité plus respectueuse de l’environnement et à des garanties en matière de conditions de travail. Il s’agit de respecter le mandat populaire et de s’inscrire dans l’avenir. Pour cela, la CARPE demande : (...) Une révision du PSIA (Plan sectoriel d’infrastructure aéronautique) qui prenne en compte la baisse drastique du trafic dû à la pandémie et propose de nouveaux modèles pour le développement de l’aéroport. Un engagement du Conseil d’Etat auprès du Conseil fédéral pour que la Suisse joue un rôle moteur dans la négociation Européenne sur la taxation du kérosène. Une concertation pour les vols internationaux entre Genève et Lyon, ainsi que l’engagement pour améliorer la liaison ferroviaire entre les deux lignes. (...)

 

Christian Brunier: Pour une gastronomie durable « Je veux promouvoir une gastronomie responsable, sociale et naturelle », Alain Ducasse, Grand Chef de cuisine. Le 18 juin est le jour de l’appel à la résistance contre la nazisme, événement majeur de l’humanité, mais c’est aussi la Journée mondiale de la gastronomie durable, décrétée par l’Organisation des Nations Unies. La gastronomie durable est l’Art de la table, en tenant compte de la provenance des ingrédients ; de la priorisation des circuits-courts ; de la façon dont sont cultivés ou élevés les produits alimentaires et de leur transport. Bio, local, traçable et de saison est le programme ! La FAO (Food and Agriculture Organization), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, développe une vision et une approche intégrées à la durabilité à travers l’agriculture, les pêches et la sylviculture. L’ONU entend reconnaître la gastronomie comme une forme d’expression culturelle liée à la diversité naturelle et culturelle du monde. (...)

 

Olivier Staiger: L'ascension d'un vautour fauve Mardi 17 juin. Au Bibounistan. Il y a du vent, assez fort, et frais , pas idéal pour voir voler le Bibou. Toutefois, après de longues heures d'observation, finalement j'aperçois vers les 15h , un grand oiseau en contre-bas, qui plane juste au-dessus des arbres. Sans bouger des ailes, en cruise-control totalement Zen. Je réalise rapidement que ce n'est ni un gypaète, ni un aigle. C'est un vautour fauve. Il fait un aller-retour en rase-motte des sapins, puis il trouve un courrant d'air thermique ascendant ( il vole à ce moment à l'abri du vent ) et il monte, il monte.... Un vol majestueux, sans aucun battement des ailes.... vraiment splendide à observer. C'est la première fois que je vois un fauve depuis en haut.

 

John Goetelen: Dans le chaos français, une femme d’un mètre 55 L’infirmière qui lançait des pierres contre les policiers cumule. Déjà elle est femme. Circonstance atténuante, forcément. Elle n’est plus toute jeune, donc plus fragile. Enfin elle est petite. Et aussi, elle a travaillé comme une damnée dans son unité de soins. Elle est épuisée. Elle a pété un plomb. Elle a ramassé des pierres, les a jetées, puis en a ramassé d’autres, qu’elle a également jetées sur les policiers. Elle les a insultés, s’est rebellée contre eux. BFMTV a par hasard filmé la séquence en direct. Elle est asthmatique et réclame à un moment sa soufflette. Mais qu’allait-elle faire au milieu de la violence, attisant elle-même le feu? « Mon Ventolin! » résonne comme « I can’t breathe ». Mais délibéré, cette fois. Allez savoir. Une infirmière qui se jette dans une mêlée violente en souffrant d’asthme, c’est spécial. Voulait-elle être martyr? (...)

 

Pascal Gavillet: Ils nous ont quittés en avril 2020 «Mais peut-être un beau jour voudras-tu. Retrouver avec moi. Les paradis perdus ?» L’interprète de cette merveille nous a quittés le 16 avril, nous laissant inconsolables, démunis, au seuil du vide. De tous les héritiers des années 60, de tous les survivants de cette première vague de chanteurs pop français, l’auteur d’«Aline» défiait le temps, déroulait les nuits blanches pour mieux créer. Parce que la nuit nous enveloppe, sans doute, parce qu’il s’y sentait mieux que le jour, peut-être. Dans un mois d’avril plus triste qu’un enfer ouaté, les disparitions ont été nombreuses. Pur hasard, sans doute, et c’est ce que je veux croire. Le cinéaste romand Francis Reusser (2), qui lui aussi défiait à sa manière les années, fait partie du voyage. Tout comme le grand comédien Brian Dennehy (3). Ils ne sont pas les seuls, comme en témoigne cette liste mensuelle mais non exhaustive des disparus du cinéma et de la culture. (...)

 

Pascal Holenweg: Le retour du sézoune ? Sous la xénophobie rituelle de l'UDC, on n'a pas à gratter longtemps pour trouver le rêve d'un dumping salarial et social sans entrave. Nul, pas même l'UDC, n'ignore que la main d'oeuvre disponible en Suisse, y compris les chômeuses et les chômeurs, ne suffit pas à assurer tous les postes de travail nécessaires -et que l'"économie" autant que les services publics ont un besoin vital d'un apport de main d'oeuvre immigrante ou frontalière. Ce n'est donc même pas d'une réduction de l'immigration dont rêve l'UDC, mais d'une mise en concurrence salariale et sociale absolue des travailleuses et travailleurs immigrants avec celles et ceux déjà sur place -et donc d'une abolition des dispositifs de contrôle des salaires et d'égalisation des droits liés à la "libre circulation". Ces dispositifs ont accru le nombre de salariés couverts par une convention collective et bénéficiant d'un salaire minimum garanti -conventionnel, pas (encore) légal, mais garanti tout de même. Il reste certes beaucoup à faire dans la lutte contre les bas salaires et pour la garantie de droits sociaux dignes d'un pays aussi riche que le nôtre, mais cette lutte implique la défense de ce qui été acquis, et qui doit être renforcé et élargi -et d'entre ces acquis, ceux des mesures d'accompagnement à la "libre circulation" -parce qu'elles sont des moyens de lutte contre la sous-enchère salariale et sociale et la mise en concurrence des travailleurs, les uns contre les autres. (...)

 

André Thomann: Tu défiles, moi non plus On ne peut qu’être d’accord avec Pascal Décaillet lorsqu’il fustige les manifestations récentes en termes vifs : ‘la République des manifs, la République des gueulards, la République de la rue, c’est non !’ Et c’est un fait qu’il y a des professionnels de la manif pour qui tous les prétextes sont bons et dont on a l’impression qu’ils s’ennuient à la maison. Je n’ai défilé qu’une fois dans ma vie et ce n’était pas pour manifester mais pour faire éclater ma joie en mai 1945, à la fin des hostilités en Europe. Nous étions une heureuse multitude mais nous n’avons pas gêné un trafic qui n’existait pas encore. Un ami me dit qu’il manifesterait à la rigueur contre la Migros, qui a bien voulu supprimer les têtes de nègre de son assortiment, mais continue, les salauds, de vendre du blanc battu. Mais maintenant on défile pour protester, pour montrer qu’on est contre, pour que ça change. Le problème est qu’avec un défilé, rien ne change. (...)

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