Valentin Dujoux: Les arbres en Ville de Genève, et si on en parlait?

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arbre frondaison sur ciel bleu.jpgValentin Dujoux: Les arbres en Ville de Genève, et si on en parlait?

Jean-Noël Cuénod: Loi Avia, les censeurs censurés

Jacques-Simon Eggly: Ne pas fractionner l’histoire

Pascal Holenweg: Journée mondiale des réfugiés ou de l'oubli des réfugiés ?

Anne Cendre: Amours à Prangins

Marc Schindler: Macron - écolo toute !

Djemâa Chraïti: Un curé en goguette

Didier Bonny: Un Conseil national qui décoiffe

Pascal Décaillet: LA DDR, une Histoire allemande

Valentin Dujoux: Les arbres en Ville de Genève, et si on en parlait? (...) L’information est sortie ce mardi 16 juin de manière volontaire : 29 arbres, répartis sur tout le territoire municipal doivent être coupés. La raison est simple, après une étude approfondie de plus de 800 spécimens, ces 29 sont en trop mauvais état. C’est un triste constat : éléments vivants, nos arbres peuvent tomber malade et nécessitent parfois, et à contre cœur, une telle intervention. (...) Arrêtons-donc de crier à la trahison. Ici, le seul comportement qui doit être salué est la responsabilité. Celle de la Ville de Genève, qui s'assure de la sécurité des personnes circulant sur son territoire et qui le fait, maintenant, en toute transparence. (...) Si l’on veut renforcer la place des arbres en Ville, et des espaces verts de manière générale, il nous faut repenser l’espace public et limiter l’emprise du béton. Des sols imperméables et usés par le passage de véhicules lourds ne peuvent pas permettre un développement sain. Ensuite, et c’est là le nœud du problème, le réchauffement climatique participe grandement à la fragilisation accélérée, et accentuée, de ces espèces. Les fortes chaleurs, le manque d’eau et l’apparition de nouveaux parasites sont autant de facteurs qui nous amènent à ce triste spectacle. Réagir ne suffit plus, il nous faut maintenant anticiper ces défis et y apporter des réponses pérennes. (...)

 

Jean-Noël Cuénod: Loi Avia, les censeurs censurés Le Plouc avait écrit samedi 16 mai[2] dernier tout le mal qu’il fallait penser de cette loi portant le nom de son auteur, la députée LREM Lætitia Avia. Pétrie de bonnes intentions, cette proposition recelait dans sa pâte des toxiques qui risquaient fort d’empoisonner le débat public en l’anémiant et de tuer dans l’œuf la liberté d’expression, sans laquelle la liberté de conscience n’est qu’une vue de l’esprit. (...) Il ne reste de la Loi Avia que sa partie préventive –nullement contestable, elle – qui contraint les plateformes numériques à se doter des moyens nécessaires pour identifier les contenus illicites, à se montrer plus transparentes sur leur activité de modération, à prévoir des instances de recours pour contester leurs décisions et à collaborer activement avec la justice et le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Cette censure sévère du Conseil constitutionnel montre que les contre-pouvoirs fonctionnent en France. Mais elle illustre aussi l’incompétence du groupe LREM à l’Assemblée nationale qui a dépensé une grande énergie à défendre un texte particulièrement mal conçu, mal rédigé et mal défendu.Puissent les parlementaires faire leur miel de cet avertissement du Conseil constitutionnel : la Constitution française permet au législateur de réprimer les abus de la liberté d'expression, mais à la condition que cette atteinte soit portée de manière «adaptée, nécessaire et proportionnée» aux objectifs poursuivis. Que les censeurs censurés n’oublient pas la claque qu’ils viennent de recevoir.


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Jacques-Simon Eggly: Ne pas fractionner l’histoire (...) Mais, puisque nous y sommes, quelques mots osés sur la traite des Noirs. Les Européens blancs qui l’ont pratiquée, ou utilisée par leurs investissements dans diverses sociétés, n’ont pas fait cela tous seuls. Ils se sont largement appuyés sur des notables africains locaux qui en triaient aussi profit. Eh oui, une vérité que les militants n’aiment pas voir. Les dénonciateurs actuels, africains, afro-américains, européens d’origine africaine devraient avoir l’honnêteté de le reconnaître. De même, devraient-ils savoir que les plus grands esclavagistes ont été les Arabes, les Ottomans et non les Européens blancs, aussi terrible qu’ait été l’action de ces derniers. Ajoutons encore un élément pour nous attirer attirer des réactions courroucées. Les manifestations récentes du pire racisme à grande échelle furent intra-africaines. Que l’on sache, au Ruanda l’affreux génocide ne fut pas une affaire de Blancs. Et l’Afrique est pleine de tensions ethniques. Alors, sans déni, mettons une barrière devant la tentative unilatérale de culpabiliser l’homme blanc. (...)

 

Pascal Holenweg: Journée mondiale des réfugiés ou de l'oubli des réfugiés ? (...) "La frontière de l'Europe n'est pas en Méditerranée, mais au sud du Sahel", déclare le "ministre des Affaires étrangères" de la Commission européenne, Josep Borrell, qui plaide pour "élaborer des politiques de migrations régulières", car même si "la migration affole en Europe car elle est perçue comme un phénomène qui échappe au contrôle", on ne pourra pas "l'interdire". D'autant moins que "la première destination des migrants d'Afrique, ce sont d'autres pays africains", qu'il faut "aider" à recevoir les migrants. Et Josep Borrell de rappeler que "les Européens ont migré massivement vers d'autres parties du monde parce qu'il y avait chez eux des surcroîts de population" mais que désormais "le surcroît est ailleurs, tandis que nous sommes (en Europe) une société vieillissante". Ce raisonnement utilitaire, et tout sauf solidaire, est au coeur du "pacte migratoire" que la commission européenne va proposer aux Etats membres pour sortir de l'impasse où le manque de solidarité entre eux -pour ne rien écrire de la solidarité avec les migrants- a englué l'Europe, au grand plaisir de quelques dirigeants prospérant sur leur refus d'accueillir des migrants, même s'ils sont demandeurs d'asile. (...)

 

Anne Cendre: Amours à Prangins Jambes à l’air et jambes en l’air ! Le beau temps nous encourage à déconfiner de toutes les manières. Le château de Prangins, sous ses airs austères, nous offre une balade dans les couloirs de la séduction. Et plus si affinités… Amour et sexualité au 18e siècle. Sous ce titre alléchant, l’antenne romande du Musée national suisse propose une vision panoramique d’un des thèmes fondateurs de la vie humaine. Peintures, céramiques, objets, textes, vidéos, films prouvent l’ampleur de la recherche qui a fait naître et vivre cette exposition, très bien présentée, avec des panneaux explicatifs en quatre langues. (...)

 

Marc Schindler: Macron - écolo toute ! (...) La Convention citoyenne pour le climat - ça a de la gueule, non ! - risque bien de faire partie des éléphants blancs de la République. Pourtant les chiffres claquent au vent : 150 citoyens tirés au sort, 500 pages de documents, 150 propositions pour «changer la société» et la promesse du président de consulter les Français par referendum. Pendant neuf mois, ces Français ont débattu, proposé et voté. Une expérience démocratique voulue par Macron pour répondre à la crise des «gilets jaunes». «Des propositions précises, claires et détaillées », avait précisé le président, qui les reprendra par referendum, projet de loi ou règlement. La vague écolo lancée par Greta et des milliers de jeunes, la poussée des Verts aux municipales ont convaincu Macron que Cocteau avait raison : « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Il voulait des propositions, il en a, par brassées, par tombereaux ! Ca démarre fort : (...)

 

Djemâa Chraïti: Un curé en goguette Salernes(Var)-Témoignage d'une fidèle Quand le confinement a commencé, on ne pouvait plus aller à l'église. Notre curé qui est très motivé et qui ne voulait pas abandonner ses ouailles a décidé de nous donner la communion coûte que coûte. Sur le trottoir..... oui, c'est bien ce qu'il a fait, c'est comme ça qu'il officiait. . Accompagné d'une nonne qui transportait une petite table décorée de son napperon en dentelle, il nous donnait l'hostie dans la rue après nous avoir prévenus par sms qu'il était devant notre porte. Moi, je lui ai dit après le premier dimanche que je pouvais pas aller sur le trottoir communier sous le regard de tous, l'eucharistie c'est très personnel et associer la sainteté et le trottoir c'était trop dur pour moi. Il a tout à fait compris. Tous les trois masqués, lui dans sa soutane, la nonne et moi, ça donnait un drôle de trio. Je recevais l'hostie, m'écartai, soulevai mon masque et l'avalai ! Que Dieu me pardonne, je n'y arrivais pas ! (...)

 

Didier Bonny: Un Conseil national qui décoiffe Il paraît que les bonnes nouvelles vont par paire. Et ce n’est pas le vote du Conseil National de ce jour qui contredira ce dicton. En effet, après son vote très clair en faveur du mariage civil égalitaire pour toutes et tous, le voilà qui a enterré, à la surprise générale, lors du vote final, la réforme du service civil ! Il a donc finalement, dans un sursaut salutaire et contrairement à l’avis du Conseil des Etats, renoncé aux mesures (1) qui devaient durcir l’accès au service civil et donc le rendre moins attractif. Par ce vote, la Chambre du peuple a évité de mettre les bâtons dans les roues à ceux qui veulent servir leur pays, mais autrement que dans l’armée qui ne répond pas à leur aspiration de donner de son temps à la collectivité. Le fait que de plus en plus de jeunes s’engagent pour un service civil plutôt que militaire, dont un bon tiers d’entre eux (2264 sur 6205) après l’école de recrues, en est la preuve flagrante. (...)

 

Pascal Décaillet: LA DDR, une Histoire allemande (...) Et puis, il y a la culture. Dès l'âge de vingt ans, j'ai lu les auteurs de la DDR. J'y ai immédiatement trouvé autre chose que de simples chantres du communisme, ce qui eût été un peu court pour capter les appétits littéraires du jeune homme que j'étais. Plus tard, j'ai découvert Christa Wolf, Heiner Müller, et tant d'autres. Nous sommes loin de la DDR ramenée (par la propagande occidentale) à la seule image de la Stasi, la redoutable police politique, en effet détestable. Pour ma part, je n'ai jamais jugé un peuple à l'aune de son idéologie dominante du moment. D'autres facteurs, innombrables, le définissent : le rapport à la langue, l'organisation mentale des représentations, les questions confessionnelles, spirituelles, culturelles, et bien sûr économiques et sociales. Je ne crois pas aux "parenthèses" en Histoire (...)

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