Guy Mettan: Flic ce métier impossible

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police prestation serment.jpgGuy Mettan: Flic ce métier impossible

Arnaud Cerutti: Faut-il tirer à boulets rouges sur Novak Djokovic?

Bruno Hubacher: Intelligence artificielle

Philippe Meyer: Genève – Porto, pas si simple course

Maurice-Ruben Hayoun: Maurice Blanchot, L’attente l’oubli

Pascal Décaillet: Adultes, libres, vaccinés

Pascal Holenweg: Urgence solidaire

Guy Mettan: Flic ce métier impossible La semaine dernière en France, on a ainsi pu voir la police applaudir à Nimes et bastonner à Paris le personnel des hôpitaux dont on vénérait hier le travail pendant la pandémie mais qui manifeste aujourd’hui. On a aussi pu voir un ministre de l’intérieur qui tolérait une manifestation antiraciste illégale au nom de « l’émotion ». Même chose en Suisse d’ailleurs, où des manifestations antiracistes ou pro-vélo ont pu se dérouler en toute illégalité uniquement parce que l’idéologie des pouvoirs en place les jugeait sympathiques. Qu’on soit d’accord sur le fond ne change rien à l’affaire : que penser d’un Etat qui exige de sa police qu’elle réprime sévèrement les uns et tolère sans broncher les écarts des autres ? Et comment l’humble policier casqué dans sa fourgonnette blindée doit-il interpréter ces signaux brouillés ? Les doubles standards et les injonctions contradictoires finissent toujours par faire des dégâts. (...) La police n’obéit plus aux lois, mais à des principes qui les violent. Elles sont au service d’une cause et non plus de l’intérêt général. Ce danger menace aussi les polices d’Europe. Avec la croissance des inégalités et la mise en place de gouvernements qui maintiennent ou confortent ces inégalités sociales, les forces de police tendent à se mettre au service des intérêts de la classe privilégiée au détriment des autres. (...)

 

Arnaud Cerutti: Faut-il tirer à boulets rouges sur Novak Djokovic? La polémique est lancée et sans doute va-t-elle encore fait jaser durant toute la semaine. Après la révélation des contrôles positifs au Covid-19 de Grigor Dimitrov, Borna Coric et de deux autres membres des staffs en plein Adria Tour, cette exhibition créée par Novak Djokovic pour combler le vide dû à la crise, le No 1 mondial s’en prend plein la tête en ce lundi estival. A raison? Un peu, oui, mais pas complètement non plus. Attention, je ne cherche pas ici à le dédouaner, car il ne peut effectivement pas se croire chef de tout mais être responsable de rien. Reste que j’estime qu’il faut tempérer un peu les ardeurs de ceux qui seraient prêts à lui retirer tous ses titres puis à l’envoyer sur le bûcher car quelques-uns de ses acolytes ont contracté le coronavirus. Parce que non, personne n’a obligé les actrices et acteurs de cette exhibition à s’y rendre. Toutes et tous sont majeurs et vaccinés (enfin, pas tout à fait) et avaient libre choix d’aller ou non (se) faire des câlins à Belgrade puis à Zadar. (...)

 

Bruno Hubacher: Intelligence artificielle A travers les siècles le capital a su développer une capacité remarquable à attirer les meilleurs cerveaux pour laisser les crétins s’occuper de politique, érodant à coups de petits scandales, à petit feu, la raison d’être de la « res publica ». Il s’appelle Philipp Amthor, deuxième plus jeune député au Bundestag depuis 2017 et espoir de son parti, la CDU « Christlich Demokratische Union ». Fervent catholique, adversaire de l’avortement et du mariage des couples du même sexe, il se situe à droite du spectre politique, dans les environs de la mouvance de l’AFD (Alternative für Deutschland) qu’il avait d’ailleurs battu haut la main dans son district au Land Mecklenburg-Vorpommern lors des élections fédérales en 2017. On ne sait pas quelle mouche a piqué le magazine « Der Spiegel » pour aller fouiller dans les affaires du parti de la Chancelière, mais au mois de mars de cette année, il révèle dans ses colonnes cette affaire de conflit d’intérêts, impliquant le jeune prodige, qui scandalise le monde politique allemand. (...)


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Philippe Meyer: Genève – Porto, pas si simple course Parmi les destinations les plus fréquentées depuis notre Aéroport figure la ville de Porto. Cette destination est d’autant plus intéressante qu’elle est particulièrement bien représentative de ces 35% des vols qui sont effectués avec comme but des retrouvailles familiales. Un but social et humain des plus respectables pour lequel nous n’avons pas encore entendu d’arguments en défaveur. Or, donc, pour certains, les vols européens doivent être remplacés des voyages en train. Ne remettant pas en cause les intentions louables de ce postulat, (même s’il est à ranger en bonne place parmi la catégorie des fausses bonnes idées, mais là n’est pas le propos et cela pourrait faire l’objet d’un autre papier), quittons les grandes déclarations de principe et plongeons-nous dans la réalité du terrain, la seule qui compte en fin de compte : Départ samedi 27 juin vers midi (...) Que dire ? Que ceux qui prônent le train pour ce type de destinations ne l'ont jamais expérimenté. Et que supprimer les vols dans ces cas-là aurait pour seule conséquence de remplacer 1 avion par 150 voitures. Et alors, bonjour le bilan carbone bien défavorable par rapport à l’avion ! Soyons francs : seules 3 destinations au départ de notre Aéroport ont une liaison ferroviaire dont le bilan développement durable est particulièrement intéressant en comparaison avec l’aérien : Milan, Paris et Zurich. Ajoutons que dans ces 2 derniers cas, les dessertes aériennes ne sont d’ailleurs intéressantes que pour transiter et embarquer dans un vol long-courrier. (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: Maurice Blanchot, L’attente l’oubli (...) Puisque le langage semble lui-même dépassé. Blanchot nous fait comprendre que dans tout discours fait de mots et d’idées, il existe une part sombre, inexplorée, inexpliquée, incommunicable. Une part sur laquelle le locuteur n’a aucun pouvoir. Les mots se délient alors, jouissent d’une autonomie imprévue et pourtant incontournable. C’est comme si une partie du discours était obligatoirement amputée de quelque chose. Le langage humain semble contenir une frange de soi impénétrable, chère aux mystiques qui s’acharnent à mettre en avant cette partie impénétrable de notre discours et qui confère aux choses un aspect incognoscible. Dans la mystique juive mais aussi dans la mystique arabe, on parle des Yod’im, Orfane, ceux qui savent, mais qui sont en réalité ceux qui peuvent pénétrer au fond du verbe, sans rester fâcheusement collés à la surface. L’attente marqua aussi l’idée d’un écart, d’un défaut d’abouchement , d’un dysfonctionnement. (...)

 

Pascal Holenweg: Urgence solidaire (...) Face à la crise pandémique, qui s'ajoute souvent à la crise climatique, dans les Etats les plus défaillants (que ce soit par choix délibéré, comme au Brésil de Bolsonaro, ou par manque de moyens), les populations doivent s'organiser elle-même pour survivre. Et les mouvements sociaux existant y concourent : la solidarité et l'entraide à la base supplée à l'absence de l'Etat : cuisines collectives offrant des repas aux plus démunis, distribution de colis de nourriture, d'articles d'hygiène, de masque par les syndicats, soutien juridique aux travailleuses et aux travailleurs licenciés. Et les mouvements en appellent aux gouvernements pour qu'ils interrompent le service de la dette et investissent les ressources ainsi préservées dans le soutien à la population et dans le système de santé. Au Pakistan, des millions de travailleuses et de travailleurs (dont beaucoup travaillent à domicile, dans le secteur informel) ont été mis à pied, sans indemnités, sans salaire, sans allocations de chômage, quand les multinationales de la mode ont annulé leurs commandes et que le gouvernement a fermé les usines. Six millions de travailleuses et de travailleurs ont été licenciés (...)

 

Pascal Décaillet: Adultes, libres, vaccinés Je n'ai jamais partagé cette idée voulant qu'un Parlement soit "représentatif". Il y a, dans cet adjectif, un côté peinard, gentillet, école publique genevoise égalitaire, en un mot gnangnan, qui m'exaspère. Représentatif de quoi ? Des genres ? Des ethnies ? Des options de vie privée ? Des adhésions confessionnelles ? Des classes d'âge ? (...) Si la volonté citoyenne du moment de l'élection a choisi de fortes majorités dans un sens, ou dans l'autre, elles sont légitimes, pour la législature. Il n'y a pas à tempérer ce choix du peuple par des quotas, de quelque ordre qu'ils puissent surgir. La volonté populaire est indivisible. En République, il n'y a ni hommes, ni femmes, ni ethnies d'origine, ni jeunes, ni vieux, ni communautarismes confessionnels, ou comportementaux. Il n'y a que des citoyennes et des citoyens. Adultes, libres, vaccinés.

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