Anne Cendre: Un autre monde

Imprimer

après le monde.jpgAnne Cendre: Un autre monde

Pascal Décaillet: Sommet de Bruxelles, l'amicale des boxeurs groggy

Marc Schindler: In Tweet We Trust

Claude Bonard: Le cheminement idéologique de Claus von Stauffenberg

Rémi Mogenet: L'androïde qui collationne au lieu d'agir, face au professeur Raoult

Maurice Ruben Hayoun: Les communautés juives en terre d'islam

David Frenkel: In memoriam

Anne Cendre: Un autre monde Que devient-on quand tout s’effondre dans le monde entier, toutes les structures, physiques et électroniques, géographiques et sociales ? C’est la question à laquelle Antoinette Rychner répond avec brio dans son roman Après le monde. Les théories de ce que l’on appelle maintenant la collapsologie, inspirée de l’anglais, voire l’apocalypse, ont inspiré l’auteur. Elle reconnaît sa dette à Servigne et Stevens qui ont décrit Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015). Tout commence en 2022 à l’ouest des Etats-Unis lorsqu’un gigantesque cyclone provoque, en cascade, l’anéantissement du monde « civilisé ». Ailleurs, d’autres désastres se produisent, tels la montée des eaux et la rupture des digues, les incendies, la fonte des glaces, bref tout ce que les écologistes nous promettent aujourd’hui pour un avenir plus ou moins lointain. Annette Rychner imagine la manière dont les rescapés s’organisent, se réunissent ou se combattent. (...)

 

Pascal Décaillet: Sommet de Bruxelles, l'amicale des boxeurs groggy (...) Dans cette tempête, l'Union européenne n'a pas existé. Chaque nation s'est trouvée seule. Respectueuse des autres, il faut le noter, sincèrement sensible aux souffrances de ses voisins. Ce ne fut pas une guerre entre nations, mais une guerre de chaque nation, pour elle-même, au milieu d'autres nations. Certains pays, comme la France, ont eu une gestion dure, jacobine, verticale, fliquée même parfois. D'autres, comme la Suisse, ont respecté la liberté individuelle des gens. Ils ont fait confiance. Nous ne nous en plaindrons pas. La crise, comme révélateur. Le génie propre de chaque pays, en fonction de son Histoire, a été mis en lumière par le virus. Dans cette affaire, tous ont existé. Tous, sauf l'Union européenne. Et voilà qu'à Bruxelles, des chefs de rencontre, semblables à une amicale de boxeurs groggy, sous prétexte de "relancer l'Union", cherchent à mutualiser leurs difficultés en recourant au pire expédient dans ces cas-là : l'endettement ! (...)


Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.


Marc Schindler: In Tweet We Trust Tout a commencé comme une gigantesque blague : sur Twitter, des hackers avaient proposé aux fans de Bill Gates, d’Obama, de Joe Biden, de Jeff Bezos, du financier Warren Buffet et d’Elon Musk de gagner une fortune en doublant leur achat de bitcoins, une monnaie virtuelle. (...) Bon, vous direz, ça n’est pas grave. Quelques gogos ont perdu de l’argent et les jeunes gens se sont fait quelques dollars. Vous avez tout faux ! Les experts en sécurité informatique voient leur cauchemar se confirmer. Si quelques hackers peuvent contrôler les comptes Twitter de personnalités influentes, une organisation pourrait influencer le vote des électeurs lors de la présidentielle du 3 novembre en postant des fakes news. Le New York Times cite : « Imaginez une fausse déclaration sur le compte de Joe Biden, selon laquelle il se retire ». Ou l’annonce d’un gouverneur : des bureaux de vote seront fermés en raison du virus. Des millions d’électeurs sont déjà soumis à une intense bataille de désinformation et ils pourraient faire confiance à un tweet d’une personnalité influente. L’Amérique a déjà un système électoral folklorique : chaque Etat a son propre système - machines à voter, fichier d’enregistrement des électeurs, qui ne sont pas sérieusement protégés contre la fraude informatique. On se souvient qu’en 2016, les services secrets russes avaient eu accès aux fichiers du parti démocrate et aux serveurs de la candidate Hillary Clinton. (...)

 

Claude Bonard: Le cheminement idéologique de Claus von Stauffenberg Si je vous parle de K?trzyn, une localité polonaise située en Varmie-Mazurie, ce nom ne vous dit rien. En revanche, si j'évoque Rastenburg et la Wolfsschanze, en Prusse orientale, soudainement, de sombres souvenirs vous reviennent en mémoire. Les ruines de l'immense complexe fortifié du QG d'Hitler peuvent être visitées au cours d'un périple à travers bois qui dure environ deux heures. Le 20 juillet 1944, c'est là, au "repaire du loup” qu'a eu lieu l'attentat devant débarrasser le monde du Führer. Le comte Claus von Stauffenberg fut chargé de placer la bombe contenue dans une serviette en cuir sous la table de la salle de conférence où devait se tenir la réunion présidée par Hitler. Malheureusement, le baraquement étant construit en bois, le souffle de l'explosion fut grandement amoindri et Hitler ne fut que légèrement blessé. (...)

 

Rémi Mogenet: L'androïde qui collationne au lieu d'agir, face au professeur Raoult (...) Or, dans l'affaire Didier Raoult, si on peut dire, on avait un médecin qui cherchait des remèdes à portée, pour soigner les gens, et des théoriciens qui cherchaient à saisir le secret des choses en mathématisant le vivant, ne se souciant que de l'avenir, et de la maîtrise totale des processus que permettrait une démarche expérimentale absolument sûre. On n'était pas loin de considérer que le facteur humain au sens individuel et réel était une donnée abstraite et que l'émotion qu'on en tirait était de l'ordre de l'irrationnel. Je ne veux accuser personne; mais le culte du modèle mathématique et de la méthode parfaite tend bien à cela, qu'on le veuille ou non. Il y a là quelque chose qui relève de l'androïde, d'une vie relevant de l'intellect pur et qui est détachée de la vie au sens large. Le postulat selon lequel cette dernière est illusoire et seuls sont réels les rapports mathématiques, souvent adopté par les physiciens, peut mener à une forme d'inhumanité – il faut l'avouer.

 

Maurice Ruben Hayoun: Les communautés juives en terre d'islam (...) Il faut donc sérieusement corriger cette notion d’un ge d’or qui aurait été l’apanage des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans au cours du Moyen ge... Je le répète, cette symbiose culturelle eut bien lieu mais elle se limitait à une poignée d’érudits des trois monothéismes. Mais le petit peuple continuait de vivre dans ses illusions. Depuis quelque temps, un grand arabisant espagnol Serafino Funjal a publié des écrits très critiques et traite l’âge d’or de mythe, de simple création d’une historiographie très orientée. Ce savant est très érudit mais son ton polémique dessert con objectif: montrer que les racines ibériques sont romano-wisigothiques et non arabo-musulmanes. Il y va de l’identité du peuple espagnol. Qu’en est il aujourd’hui de la situation des juifs dans les pays arabes, devenus judenrein, sans juifs absolument? (...) Comment conclure? Il y aurait encore tant de choses à dire; il serait temps que les nations arabes comprennent qu’elles ont laissé la proie pour l’ombre. La solidarité avec des Palestiniens dont il faut aider à l’intégration dans la région, leur a coûté fort cher. Et aujourd’hui les choses bougent, les Arabes ont fini par comprendre et le montrent par des faits indubitables. On parle des trois prières d’Abraham. Le talmud nous enseigne que Abraham était supérieur à Noé qui n’a prié que pour les siens tandis que le patriarche a prié pour sa femme, son fils Isaac et enfin son fils Ismaël dont les Arabes se disent les descendants. On ne peut pas divorcer de son pays natal, le lieu où l’on a vu le jour. Pour que juifs et arabes finissent par se réconcilier, il faudrait une réincarnation de ce patriarche qui a toujours accepté d’élargir son sein afin d’accueillir et de bien traiter l’Autre.

 

David Frenkel: In memoriam Alors que le génocide des Juifs se propageait en Europe, la France, sous le régime de Vichy, durant l’année 1942, faisait sienne du programme exterminateur du IIIè Reich. Cette France, qui jetait aux orties sa devise "Liberté - Égalité - Fraternité", organisa les premières rafles massives en vue de la solution finale de la question juive voulue par Hitler, et ensuite planifiée par Göring, Himmler et Heydrich et Adolph Eichmann, collaborateur du dernier nommé, lors de la honteuse conférence de Wannsee. La rafle qui se déroula en région parisienne, en zone nord et sud, les 16 et 17 juillet 1942 fut la plus marquante et la plus mémorable exécution d'un des États vassaux hitlériens. (...)

Les commentaires sont fermés.