Jean-Michel Olivier: Qui veut la mort de l'école ?

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école primaire frautchi.jpgJean-Michel Olivier: Qui veut la mort de l'école ?

Leila El-Wakil: Les étés genevois des machines à broyer

Adrien Faure: La question de l’adhésion des plus pauvres à un ordre institutionnel

Claude Bonard: La sécurité aérienne et la promotion de la paix

Christian Brunier: Désinvestir les EPR pour investir dans les énergies renouvelables …

Didier Bonny: 12 films à l’affiche du 12 au 18 août

Maurice-Ruben Hayoun: Adin Steinsalz, un authentique érudit talmudique…

 

Jean-Michel Olivier: Qui veut la mort de l'école ? À Genève, le COVID-19 jette ses derniers feux. Une petite trentaine de nouveaux cas chaque jour (qui s'expliquent, entre autres, par le grand nombre de tests effectués), une dizaine d'hospitalisations et plus de mort depuis le 10 juin. Néanmoins, le virus de la peur aura fait beaucoup de dégâts. Des pans entiers de l'économie ont été mis à mal, surtout dans la restauration et le petit commerce, entraînant souvent chômage et faillites. Le milieu culturel a été décimé (théâtres, concerts, cinémas : une tristesse sans nom) et mettra longtemps à ressortir la tête de l'eau, comme le milieu sportif (impossible de survivre avec des matches joués à huis clos). Et bien sûr le monde scolaire a été touché — et plutôt deux fois qu'une. Le philosophe Emmanuel Levinas (1906-1995) fait du visage le fondement de son éthique. « Le visage parle. Le visage me parle. (...) En cachant les visages et en altérant les voix, en brouillant la communication entre les êtres, le masque altère profondément la relation enseignante qui est de transmettre ce qu’on aime à ceux qu’on aime à visage découvert. (...)

 

Leila El-Wakil: Les étés genevois des machines à broyer Marcel Duchamp était, selon ses propres dires, fasciné par les machines d’une chocolaterie (...) Pourquoi, en démocratie, faut-il attendre fin juillet et août, c'est-à-dire le temps des vacances, pour diligenter les tronçonneuses sur les sites sensibles et chers à la population, des sites ayant fait l'objet de disputes, de débats, de recours, toujours et inéluctablement perdus dès lors qu'il s'agit de la sauvegarde de l'existant, mais toujours gagnés par le clan des machines à broyer? A l'instant on s'en prend aux arbres et à quelques maisons des différentes propriétés bordant la promenade Charles Martin, comme l'an dernier, au même moment, on s'attaquait à la forêt des Allières, ainsi que l'avaient relayé la majorité des journaux locaux (...) Les cylindres des bétonnières qui constellent le territoire genevois ressemblent à s'y méprendre à ceux des machine à broyer le chocolat. Sauf qu'à tourner aveuglément et bruyamment ils ne lissent pas la pâte du chocolat, mais ils piétinent nos rêves d'une ville bucolique…


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Adrien Faure: La question de l’adhésion des plus pauvres à un ordre institutionnel (...) Fukuyama développe cette idée en l’appliquant à la pauvreté relative dans les pays occidentaux : « Les inégalités résiduelles sont beaucoup plus mal supportées lorsque la question de la dignité est entièrement séparée de celle des besoins naturels dans l'esprit des gens. Pour le moment, la passion pour l'égalité est un peu tempérée par la croyance persistance que le problème principal est la satisfaction de certains besoins de base des plus défavorisés. Mais dans une époque future, même si elle est plus riche, l'afflux des pauvres risques de devenir évident pour tout le monde, lorsque davantage de gens comprendront enfin que la pauvreté dans les sociétés modernes est quelque chose d'entièrement relatif. Si aucun élément de richesse matérielle ne vient soigner l'insulte faite à la dignité et au respect de soi de ces nécessiteux, tout degré de différence dans la situation sociale pourrait apparaître comme intolérable. » Fukuyama pose donc un constat alarmant sur le lien entre pauvreté relative et sentiment de non-reconnaissance de sa valeur. Or, selon Paula Casal, une politique suffisantiste (assurant aux plus pauvres de quoi subvenir à leurs besoins) serait insuffisante pour satisfaire les revendications des plus défavorisés et obtenir leur allégeance. (...)

 

Claude Bonard: La sécurité aérienne et la promotion de la paix (...) A titre d'exemple, en marge de l'exercice franco-suisse LEMAN 99 du 1er juillet 1999 à Genève, les états-majors des deux pays ont pu harmoniser leur position dans la perspective d'une coopération entre les deux armées de l'air en cas d'importante conférence internationale à Genève. La condition sine qua non d'une telle démarche, aujourd'hui comme hier, repose sur une crédibilité réciproque, les deux partenaires devant pouvoir s'appuyer sur des moyens aériens adaptés, modernes et performants. Dans la perspective du vote du 27 septembre prochain, les citoyens suisses doivent savoir qu'il y va de la crédibilité de la Confédération qui a réaffirmé encore récemment l’importance de la Genève internationale en tant qu’outil de sa politique de bons offices. A ce stade de coopération, si elle veut être crédible, la Suisse doit à l'évidence disposer d'une flotte aérienne militaire performante. Pour cette raison, je voterai OUI à la sécurité aérienne le 27 septembre prochain.

 

Christian Brunier: Désinvestir les EPR pour investir dans les énergies renouvelables … Les EPR (European Pressurized Water Reactor, appelé aussi Evolutionary Power Reactor), réacteurs nucléaires à eau pressurisée, de la 3ème génération nucléaire, devaient améliorer les performances techniques des centrales, les rendre plus sûres et beaucoup moins coûteuses, en produisant toujours, néanmoins, des déchets atomiques nocifs durant des milliers d’années. Les soi-disant experts nucléaires n’avaient raison que sur la production de déchets toxiques, qu’ils oubliaient souvent, soigneusement, de mentionner. Sinon, c’est la débâcle ! La technologie n’est pas au point et financièrement ces centrales sont un gouffre à pognon. L’humain a le droit de se tromper, pas de perdurer dans l’erreur. La Cour des Comptes de la République française vient de sortir un rapport accablant sur la construction de la centrale de Flamanville et sur toute la filière EPR. (...) Tout plaide pour fermer cette filière d’échec que sont les EPR et consacrer tous les moyens financiers aux projets d’économies d’énergies et de production d’énergies renouvelables.

 

Didier Bonny: 12 films à l’affiche du 12 au 18 août 5 étoiles. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. (...) « Green Book ». Inspiré d’une histoire vraie, « Green Book » est un road movie qui raconte la naissance en 1962 d’une amitié qui dura plus de 50 ans entre un videur italo-américain du Bronx et le Dr Don Shirley, pianiste noir de renommée mondiale. (...) « Parasite ». Palme d’or du Festival de Cannes, « Parasite » est un long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts (...)

 

Maurice-Ruben Hayoun: Adin Steinsalz, un authentique érudit talmudique… (...) Comme toujours dans le judaïsme, dès que quelqu’un veut faire évoluer les choses dans le bon sens ou les transformer pour notre bien à tous, il est aussitôt vilipendé et mis au ban. Pourquoi ? Ce que ce talmudiste a fait, personne ne l’avait fait avant lui. Certes, on avait une faible traduction du talmud de la part d’un érudit français au XIXe siècle. On dispose aussi d’une excellente traduction allemande de Lazarus Goldschmidt que je consulte moi-même chaque fois que j’ai un doute. Mais il s’agit là d’une traduction d’un corpus hébréo-araméenn en une langue indo-européenne. Le lien est fort mais il n’est pas intime car il s’agit d’une langue sémitique transposée dans une langue européenne. Le style, les concepts de la langue, la syntaxe, les auxiliaires, bref l’intelligibilité de la lange ; tout est différent. Adin Steinsalz (ZaL) a réussi un coup exceptionnel, il a opéré un système de vase communiquant entre deux langues sœurs, l’araméen et l’hébreu. On passe sans difficulté de l’une à l’autre. Dans ce cas précis, la traduction n’est jamais une trahison. Rappelons nous que l’hébreu, l’araméen et l’arabe sont une trinité linguistique incontestable. (...)

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